Bulletins

Le Bulletin de l'Atelier Paul Fabra paraît de dix à quinze fois par an. Son envoi est gratuit et toujours assorti d'un lien de désinscription. Une liste présentant un résumé des bulletins est aussi disponible.

198 – 7 janvier 2014

Participation et acquisition

Bulletins suivants

Les bulletins suivants rendront de nouveau compte de l’avancement des deux ouvrages principaux sur le métier : propositions majeures de politique économique, propositions premières de science économique. Notre programme 2014 comportant également la production d’articles susceptibles de constituer une introduction commune à ces deux ouvrages, les bulletins suivants feront aussi part de la parution de tels articles.

Début de parcours

En fonction des appréciations de correspondants sur ces articles, le sommaire de l’introduction sera progressivement stabilisé. Il deviendra le début d’un parcours d’initiation. Sur le site, mais au plus tôt à partir de l’été 2014, ce début se trouvera au milieu de la page d’accueil.

DM, AL

199 – 30 janvier 2014

Canada, assistanat, Copernic, fait en France

Contreparties, responsabilités, comptes

Rentabilités, productivités, profitabilités

D’autant plus que les problématiques de la répartition normale des revenus et de la formation elle aussi normale d’un grand nombre de prix s’en trouvent plus justement comprises et assumées,

  • nous sommes pour une science et une politique économiques qui reposent notamment sur des définitions génériques et strictes de la rentabilité, la productivité et la profitabilité,
  • ces définitions étant valides à tous les niveaux d’analyse économique, des plus macro (nations et groupes de nations) aux plus micro (ce produit vendu par cette entreprise), chaque fois qu’autour d’une productivité P une rentabilité R et une profitabilité P’ s’ajustent — relation RPP’ ;
  • encore trop souvent injustement mais inévitablement, les termes de cette relation jusqu’à présent sous-enseignée servant à motiver un grand nombre quotidien de créations et de suppressions d’emplois au niveau méso, celui des entreprises juridiquement constituées (en sociétés de plus en plus couramment) :

11.7. Les entreprises dans l’entreprise ont des actifs directs, tous très exactement financés de la même façon.  *

11.8. Des rentabilités, productivités et profitabilités directes sont de même appartenance.

* Avec, en note de bas de page [1], une contestation de la pertinence du price earning ratio, ce coefficient qui contribue au mauvais fonctionnement de la concurrence. Le capitalisme en son meilleur état n’est décidément pas l’actuel.

DM, AL

200 – 19 février 2014

Les ratios de meilleur aloi ne sont pas encore les plus utilisés

Les deux tiers de cet article ont été publiés par Le Cercle Les Echos sous un autre titre.

Où distribuer davantage crée des emplois

Le capitalisme de plus-value y perdra son empire ; le capitalisme de rendement sera son alternative ; moins de darwinisme social régira la répartition des revenus :

DM, AL

201 – 27 mars 2014

Une loi naturelle tenue sous le boisseau

Une loi naturelle reste encore cachée dans les replis de l’économie de marché. Le législateur la rendra plus active en recentrant la concurrence sur la comparabilité — un concept dont la rareté actuelle en analyses et prescriptions économiques est révélatrice. Or :

  • C’est cette loi qui justifie le plus rationnellement pourquoi le droit de la concurrence et sa jurisprudence doivent permettre l’empêchement ou le démantèlement de concentrations. Une banque universelle est une concentration, comme l’est une compagnie d’assurances qui a créé ou avalé en son sein une banque, une agence de voyage, demain un opérateur en télécommunications, un constructeur de maisons individuelles, un réseau de cliniques et de maisons de retraite. De même, une super-centrale d’achats concentre des négociations tarifaires. Etc.
  • C’est aussi cette loi qui recèle la résolution d’un problème de gestion réputé sans solution non arbitraire : celui de la répartition des coûts communs à plusieurs sections productrices de marge au sein d’une même entreprise.
  • Et c’est encore cette loi qui ouvre la perspective d’un assainissement de la pratique des « prix de transfert », ces montants qui entre établissements d’un même groupe se créditent à l’instar de ventes et se débitent à l’instar d’achats.

Les énoncés les plus exacts de cette loi restent encore de prime abord ésotériques. Commençons donc par constater que la concurrence est défaillante quand elle ne réduit pas les inégalités des rentabilités directes de même appartenance.

Le Cercle Les Echos

DM, AL

203 – 30 juin 2014

24 mai 14 - Prescriptions majeures de politique économique

Le chapitre 1 étant plus développé qu’initialement prévu sur la politique budgétaire (finances publiques), un focus sur l’assistanat est devenu superflu. C’est l’une des raisons pour lesquelles les sommaires des chapitres 2 à 4 ont été revus.

9 juin 14 - Exploitation politique du concept de quasi-capital

Le concept de quasi-capital est dégagé au chapitre 4, Le capital, des Propositions premières de science économique. Une argumentation de son exploitation en politique économique vient d’être montée en prescription 2.3.

16 juin 14 - Le capital au XXIe siècle

Ce livre de Thomas Piketty fait grand bruit. Ses lecteurs trouveront en Dominique Michaut un correspondant disposé à s’entretenir de ce que Piketty et bien d’autres avancent explicitement et de ce qu’ils tiennent implicitement pour juste. Utiliser à cette fin de préférence l’adresse dmichaut@lecodemain.net.

24 juin 14 - Introduction à l’économie définie

La présentation a été aérée. La préparation du développement de L’initiation a été avancée. La porte d’entrée reste à la même adresse.

 

204 – 4 août 2014

2 juillet – La loi naturelle des justes prix

Les prix dont il s’agit sont ceux auxquels les entreprises vendent. La loi qui les fait justes est naturelle. Mais cette loi de marché, contournable par des obstructions aux comparaisons de tarifs et de rentabilités sans avoir de calcul à faire, est une découverte qui n’a pas encore fait son chemin.

5 juillet – Introduction, propositions, prescriptions

Les parties de l’introduction ne sont pas numérotées. La numérotation des parties du livre de science économique est par des chiffres, tandis que la numérotation des parties du livre de politique économique est désormais par des lettres.

Le montage de la première édition web complète de ces deux livres est réalisé à 80 %, avec 90 % pour les propositions de science économique et 50 % pour les prescriptions de politique économique. Aucun changement des nombres et des objets de chapitres n’est prévu.

18 juillet 14 – Réponse de fond à Thomas Piketty

Une réponse de fond à Thomas Piketty, plus particulièrement en sa qualité d’auteur du bestseller Le capital au XXIe siècle, tient en deux courtes phrases. Elle constitue le dernier paragraphe d’une argumentation au cours de laquelle le modèle dit de la banque universelle est dénoncé.

L’argumentation dont il s’agit est celle de la prescription majeure de politique économique Désagréger et bloquer les concentrations qui font obstacle à l’égalisation des rentabilités de même appartenance.

25 juillet – Fondation, murs et ouvertures, toiture

Une théorie générale de l’économie de marché n’est conceptuellement et politiquement constituée que quand elle est un édifice qui a pour fondation une méthodologie, pour murs et ouvertures une théorie des prix, pour toiture une solution pérenne au problème de la monnaie.

L’argumentation d’une telle solution fera l’objet du douzième et dernier chapitre des Propositions premières de science économique. Avant cela, l’avant-dernier chapitre se termine par une synthèse, rompant sur plusieurs points clés avec ce qui est aujourd’hui le plus souvent admis, sur ce que tous les prix, salaires et profits compris, ont en commun.

31 juillet – Encouragement à persévérer dans cette voie

Un historien ayant une bonne connaissance des avatars principaux de la pensée économique m’écrit avoir éprouvé beaucoup de plaisir à produire un article de mise en perspective de, je le cite, la « nécessaire et ingrate » reconstruction conceptuelle sur Le champ de ruines des idéologies fondées sur un système économique.

205 – 5 septembre 2014

Introduction à l’économie définie > L’accréditation

Une histoire drôle situe le problème. Ce que la solution sera est pour le principal connu. Quelques actions devront rester prioritaires jour après jour plusieurs générations durant.

Venant après Le pari et La méthode, L’accréditation est la troisième partie de L’introduction à l’économie définie.

L’économie politique selon Thomas Piketty

Thomas Piketty, depuis un an environ lu par des centaines de milliers de personnes, résume son interprétation de l’économie politique « idéale » dans un paragraphe emblématique d’un courant de pensée dont il y a tout lieu de s’attendre à ce que beaucoup de gens, clercs de tout acabit en têtes de colonnes, le cultivent plus passionnément qu’ils n’ont jusqu’à présent osé le faire.

Politique économique > Abroger la fiction des cotisations patronales

Jacques Bichot, notamment avec sa mise en avant de « la fiche de paie vérité », a rassemblé une argumentation qui mérite de faire autorité, tant par ses attendus que par les modalités qu’il prescrit de la réforme conduisant enfin au plein échange salarial. En section Politique économique, nous reprenons des points clés de son argumentation en deux pages.

206 – 2 octobre 2014

Science économique > Monnaie

De quoi la monnaie est-elle un instrument ? — Il n’y a en matière monétaire aucune orthodoxie. — Une monnaie inspire d’autant plus confiance qu’elle est de fait arrimée à des points forts de politique économique. — Ce plus haut de protection par la politique économique est doublement plafonné. — L’autre manipulation est celle des taux de change. — Parvenir à une telle unanimité ne peut être que très laborieux.

Ce sommaire est celui de l’argumentation de la proposition 12.1 : Instrument empirique et ne pouvant que le rester, la monnaie est serve.

Politique économique > Revenus du travail

Entre fournisseur et client, les relations normales sont de subordination réciproque. — Trois grandeurs font la structure des revenus du travail. — Le pouvoir d’achat que la rémunération du travail procure est appelé à croître. — La hausse du pouvoir d’achat des rémunérations du travail est à la charge des employeurs. — Une autre grandeur qui fait la structure des revenus salariaux est la rémunération minimale du travail. — La troisième grandeur qui structure les revenus salariaux est la série des écarts de rémunération du travail. — Ou bien les écarts entre les rémunérations du travail ont une fonction qui leur est propre. — Ce qui est susceptible d’arriver chez tout employeur de plus d’une personne révèle l’existence d’une possibilité. — Les égalités et les inégalités de rémunération du travail sont des clés de répartition des masses salariales. — Le poids d’une masse salariale nationale n’est pas modifiable par la puissance publique. — L’élévation du pouvoir d’achat de la rémunération médiane du travail est à la portée de chaque nation. — Les hautes rémunérations du travail amputent celles qui leur sont inférieures.

Ce sommaire est celui de l’argumentation de la préconisation C.2 : Assumer le partage du revenu total du travail par les écarts de salaire.

L’économie définie > Filiation

Présentation de La rupture prescrite par Paul Fabra.

2013

Bulletins 2013

186 – 17 janvier 2013

Emprunts publics

Une proposition première de science économique avance l’idée d’emprunts publics par un livret d’épargne. Une argumentation de cette proposition a été récemment montée sur le site.

21 janvier – Ajout d’une appréciation de Jacques Bichot sur l’idée de ce livret.

Lier premièrement

Lier premièrement la croissance, l’emploi, la compétitivité — le meilleur état de l’économie —, à l’accomplissement d’une action précise. Dans la refonte dont le précédent bulletin fait état, le chapitre Croissance s’ouvre sur cette considération.

21 janvier – Ajout d’une appréciation de Jacques Bichot sur la finance directe.

État d’esprit

L’article Montrer la vérité et combattre l’erreur est composé d’extraits tirés d’une conclusion écrite par Frédéric Bastiat en 1845. Les considérations exposées participent à l’état d’esprit dans lequel nous œuvrons.

AL, DM

187 – 13 février 2013

Bulletin précédent

Il peut arriver qu’un bulletin soit modifié après son envoi par courriel. Deux appréciations de Jacques Bichot nous ont incités à le faire pour le bulletin du 17 janvier.

Prescriptions de Giraud

Gaël Giraud a reçu, en 2009, le prix du meilleur jeune économiste de France, décerné par Le Cercle des Économistes et Le Monde. Quelles sont actuellement ses prescriptions majeures ? Aperçu critique.

Vive cette inégalité !

Elle est entre deux taux moyens. Au regard de l’état actuel de l’emploi, elle est insuffisante. Qu’est-ce ?

Déminer le chemin

Des considérations simples à formuler, et faciles à colporter, contribuent à déminer le chemin de croissance. En voici quelques unes.

DM, AL

188 – 22 mars 2013

Inversion iconoclaste

Les taux des intérêts facturés par les établissements financiers et les autres entreprises inversent l’effet de levier quand ils sont faits généralement supérieurs au taux moyen de profit sur capital. Théoriser cette inversion est aujourd’hui iconoclaste. Une nette atténuation de la pathologie économique d’origine financière n’en est pas moins hautement désirable.

Rigueur et vigueur

S’entendre sur l’essentiel, en matière de gestion générale des finances publiques, est un progrès technique et moral consolant : rigueur et vigueur économiques bien conçues vont de pair ! En zone euro notamment, ce n’est pas négligeable.

DM, AL

189 – 15 avril 2013

Taux directeurs

Les taux d'intérêt sont considérés comme étant les principaux taux directeurs de l’économie. Ce choix fait la part belle au crédit comme source principale de financement, conduisant ainsi à un maximum de crédit pour un minimum de capital. Des taux directeurs devenant de profit sur capital renversent ce choix.

Davantage de hauteur

Cette macroéconomie tactique — l’article auquel le lien envoie situe ce dont il s’agit —a été et reste servie aux Français. Elle ne suffit pas pour, comme le dit Hollande, « nous redresser » et « nous dépasser » en prenant appui sur ce qu’est, pour l’essentiel, une économie nationale en bon état.

AL, DM

190 – 17 mai 2013

Le remède existe

Sa découverte est une chose. La façon de l’administrer en est une autre, politiquement captivante.

Le dernier paragraphe de l’article Relancer l’économie sans aggraver la dette de l’économiste américain Robert J. Schiller affirme : « Une forme de relance avec équilibre budgétaire pourrait séduire les électeurs s’ils pouvaient être convaincus que l’augmentation des impôts n’implique pas nécessairement un préjudice ni une centralisation accrue de la prise de décision ». Opter pour la création d’emplois d’abord par les placements directs en parts sociales revient à opter pour une décentralisation accrue.

Nous ne le faisons pas encore assez explicitement apparaître, dans la reformulation de nos propositions majeures de politique économique. Roland Verhille, dans sa réaction à l’appel de Jean-Pierre Motte au développement durable, rappelle ô combien trop d’État est destructeur.

Autre reproche que nous avons à nous faire : nous ne nous adressons pas assez aux jeunes gens. D’où l’envoi le mois dernier à deux d'entre eux de Demain l'économie, première lettre.

DM, AL

191 – 17 juin 2013

Première section

En section [Science économique], la trame du chapitre sur les prix tient maintenant en douze propositions, et la trame du chapitre sur la monnaie en sept propositions. C’est, pour ces chapitres qui sont les deux derniers de cette section, avant la mise à l’épreuve et l’explication de ces vingt énoncés par leur argumentation. Puis viendra le temps d’aligner formellement les argumentations des chapitres 1 et 2 sur ceux des chapitres 3 à 12, ainsi que d’unifier l’avant chapitre 1 dans une seule préface et de revoir les appendices.

Faisons advenir

Chers compatriotes, nous voulons le plein-emploi. Nous ne l’obtenons pas parce que nous le voulons mal. L’économie est avant tout affaire d’économies au pluriel. Vous avez raison de faire des économies. Et vous avez raison d’être disposés à en faire davantage. Mais nous avons eu collectivement deux grands torts. D’une part, nous n’avons pas voulu les pleines rémunérations du travail et du capital. D’autre part, nous avons été trop nombreux à tenir pour accessoire de faire des économies de dépense publique. C’est au point que notre pays a perdu la maîtrise du prélèvement public. Il lui faut la recouvrer. Accordons-nous à cette fin sur deux règles. Leur application nous fera sortir du surendettement public. La création d’emplois s’en portera mieux. Cette sortie et notre plus grande aptitude à faire des économies de dépense publique permettront de baisser le poids de l’impôt. En obligeant alors vos élus à utiliser cette possibilité, vous favoriserez la création d’emplois. Alors aussi notre conversion collective aux pleines rémunérations du capital et du travail nous procurera le plein-emploi. Nous aurons eu l’intelligence de faire des économies là où il le fallait et à la hauteur qu’il le fallait. Nous aurons eu aussi l’intelligence de rompre avec des manières de voir et de faire qui maximisent des intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général. Nous aurons renforcé la viabilité et la spécificité de la construction européenne. Certes nous l’aurons fait plus souvent dans la peine que dans la joie. La République libérée a pour contre-modèle la république confisquée. L’économie idéologiquement trafiquée a été et restera l’instrument de ce contre-modèle. Face à ce danger les pleines rémunérations et les deux règles soumises à votre sagacité ne sont pas superflues. Faisons donc advenir ces ruptures libératrices !

AL, DM

192 – 31 juillet 2013

Détermination des prix et régulation

Sans une compréhension des principes de détermination des prix, il est quasi impossible de parler de … [Suite]

Investissements publics : le principal de leur bon usage

La compétence économique tient pour une large part à ce qui est jugé être … [Suite]

Y a-t-il en économie place pour une science exacte ?

Si oui, cette science a deux caractéristiques. Son objet est précisément définissable. Les relations … [Suite]

Lien permanent

Jacques Bichot professe, dernier membre de phrase de la page d’accueil de son site … [Suite]

DM, AL

193 – 28 août 2013

La loi de l’offre et de la demande n’est pas universelle

L’expression « loi de l’offre et de la demande », dans ses usages les plus précis, désigne l’ajustement immédiat … [Suite]

Dynamitons le scandale budgétaire, nous nous en porterons mieux !

Le FMI, maître d’école macroéconomique des États, l’Union européenne et, entre autres, en France la loi organique relative aux lois de finance (LOLF, 1er août 2001), maintiennent obscurci l’essentiel en matière budgétaire. Que ce soit scandaleux parce que … [Suite qui, après cette annonce, argumente en 24 paragraphes et 5 notes de bas de page un rehaussement roboratif du débat politique]

Lien permanent

Jacques Bichot professe, dernier membre de phrase de la page d’accueil de son site … [Suite]

DM, AL

194 – 23 septembre 2013

Retroussons les manches, ce n’est ardu qu’au premier abord

Pour ce qui est des prix auxquels les entreprises vendent, limiter les rapports immédiats entre offre et demande à ce qu’ils sont ne fait que déblayer le chemin … [Suite]

Quelle stratégie économique en vue de quelle stratégie géopolitique ?

La Profession de foi d’un postulant à la fonction de chef de gouvernement a été mise en ligne le 14 septembre. Depuis elle a été polie et elle le sera peut-être encore sans l’allonger (4 pages A4). Sur un navigateur internet qui a récemment accédé à ce texte, l’actualiser (F5) pour lire la plus récente version précédée de son annonce et éventuellement imprimer ou copier en presse-papier cette synthèse.

Communications de Jacques Bichot

En l’attente de la sortie, le 3 octobre aux Belles Lettres, de La mort de l’État-providence, vive les assurances sociales ! par Arnaud Robinet et Jacques Bichot :

DM, AL

195 – 4 octobre 2013

Tableau gigogne d’analyse des ventes, des charges et des marges

Faute de la modélisation que ce tableau constitue, la réalité dont découle la formation des prix auxquels les entreprises vendent est … [Suite]

Politique économique : les réfractaires, les indécis et les braves

La politique économique de la France et de l’Union européenne répondra nettement mieux aux attentes des Français et des Européens quand ses artisans auront remplacé par d’autres des points clés de doctrine. Cela ne se pourra qu’en faisant le siège du rempart du silence à l’abri duquel se seront tenus les réfractaires et les indécis. En cette confrontation, les braves auront été les assiégeants. [Aperçu suivi d’une citation de Denis Kessler dans un entretien titré Le gouvernement sous-estime la gravité de la situation en France.]

DM, AL

196 – 26 octobre 2013

Gestion d’entreprise : tracé complet du tableau gigogne des indicateurs les plus importants

Pour répondre à une demande et comme il était de longue date prévu de le faire, le tracé complet du tableau gigogne des indicateurs les plus importants en gestion d’entreprise a été mis en ligne. L’argumentation au-delà de la proposition 11.4 suivra prochainement. Notamment sur ce pilier d'économie politique renouvelée, le secretariat@atelierpaulfabra.org se tient à la disposition de qui voudra bien être poseur de question constructive, comme Rémy Zucchi a commencé à le faire.

 

Politique économique : on dit volontiers que les dividendes sont trop élevés

Qu’en est-il ? Un indicateur officiel du taux de profit moyen au niveau national n'existe pas encore ! Cet indicateur serait pourtant à mettre en relation avec l'augmentation du stock national de capital comparée à l'augmentation avec de l’endettement des entreprises.  Que vaut-il mieux pour l'emploi : des dividendes assurant des entreprises bien capitalisées ou des entreprises fortement endettées ? Lire, en propositions majeures de politique économique 2.1. Instaurer, sur la rentabilité et le financement des entreprises, trois publicités et deux séries d’analyse statistique.

 

Refondation du capitalisme : le réalisable, la réalisation

Une refondation du capitalisme ne sera bien articulée qu’éclairée par une économie politique renouvelée, avec de principes :

  • de fonctionnement explorés par des propositions premières de science économique,
  • de mise en oeuvre guidée par des propositions majeures de politique économique.

Dans ces renouvellements, les sécurités économiques les plus volontiers qualifiées de sociales sont cruciales afin de remédier à la faillite contagieuse de l’État providence.

 

DM, AL

197 – 21 novembre 2013

Suite sur les prix de vente des entreprises

La construction du tableau de contrôle de gestion et de décision des prix est poursuivie par :

Mutualité actuarielle et mutualité universelle

Le professeur Jacques Bichot et le député Arnaud Robinet nous invitent à les suivre dans un parcours iconoclaste, écrivent-ils en introduction de leur livre de préconisation de substantielles réformes du « modèle social » français. Nous mettons d’autant plus volontiers nos pas dans les leurs que de très substantielles leçons sont à tirer de leurs analyses et prescriptions. Plusieurs de ces dernières, de concert avec d’autres adéquates sur lesquelles nous reviendrons, nous paraissent toutefois contestables tout en étant lucides sur des constats dont la prise en compte s’impose.

DM, AL

2012

Bulletins 2012

173 - Mardi 10 janvier 2012

Politique économique : changer la donne

À l'heure où, en pleine crise, le chômage diminue en Allemagne, l'objectif majeur est bien pour les Français de retrouver la fierté du plein-emploi. Une politique de relance par alourdissement des dépenses publiques peut-elle y conduire ? La réponse est bien sûr doublement négative : l'endettement est tel que la crédibilité du pays en est affectée ; ce même endettement est une pompe à détourner l'épargne la plus nécessaire à l'emploi : le financement des entreprises. Et pourtant, la préparation du « sommet social » convoqué à la hâte pour dans quelques jours remet en avant des raisonnements que leurs défauts rendent incompatibles avec une politique économique foncièrement pertinente.

Compétitivité et croissance

Une opinion est très répandue : la reprise de l’emploi dépend de la croissance et la croissance dépend d’abord de la compétitivité, à savoir d’une capacité à gagner ou conserver des parts de marché face à la concurrence, venue à domicile de l’étranger ou rencontrée de l’export.  Il faut, c'est là où souvent les colporteurs de cette opinion veulent en venir, faire payer aux contribuables (les plus riches dit-on quand on veut escamoter que l'addition à partager s'en trouve augmentée) « la baisse des charges », largement soutenue chez les chefs d’entreprise français afin de réduire « le coût du travail » et; partant d'augmenter « la compétitivité », comme si cette dernière se résumait à la hauteur des prix de revient, surtout dans un pays à hauts salaires comme la France.

Les dimensions de la compétitivité

Il suffit de se mettre dans la peau de l'avisé acheteur final d'un bien d'équipement tel qu'une voiture, un appareil ménager ou même une paire de chaussures. La compétitivité ne varie pas seulement en fonction du prix mais aussi de la qualité du produit et souvent du délai de livraison, entre autres. Privilégier la compétitivité par le prix est le fait de l'offreur axé sur le moins disant faute d'avoir à faire valoir plus de qualités, dont celles des délais de livraison courts et tenus. Or c'est cette compétitivité restreinte que le gouvernement est en train d'élever au rang d’une donnée incontournable, tout en feignant de ne pas se rendre compte qu'elle est la compétitivité du travailleur pauvre résigné à le rester.

Dans l’ordre réel des causes et des effets économiques, la capacité des entreprises d’un pays à ouvrir et à maintenir des débouchés est de moins en moins limitée à la seule question des prix. Le rapport qualité-prix est un argument efficace de vente quand, par des investissements de montée en gamme et de reconversion, l’acheteur trouve un avantage substantiel à payer plus cher. Les voitures et autres machines allemandes sont-elles à bas prix? Les iTrucs d'Apple et consorts sont-ils à bas prix ? Pourquoi le fabricant français de chaussures Mephisto a ouvert un débouché, domestique et à l'export, et continue-t-il à l'agrandir ? Etc.

Les politiciens qui, sous l’influence de groupes de pression patronaux, soutiennent que la croissance dépend d’abord de la compétitivité réduite aux prix de revient pensent agir de manière raisonnable. En réalité, ils contribuent au dévoiement des chefs d'entreprise les plus influençables. Même s’il existe un delta positif de croissance par des diminutions de salaires complets, ces diminutions mises à la charge des finances publiques aggravent le détournement de l'épargne sans lequel un delta plus positif pourrait être obtenu.

Les conditions d'une croissance solide et salubre

La croissance peut et doit s'obtenir sans recours aux diminutions de charge. Les cotisations prétendues patronales sont en fait des éléments de salaire couvrant le paiement d'acquisition par le salarié de droits : on ne le répétera jamais trop tant qu'elles n'auront pas été abolies, les cotisations patronales sont salariales. Il y a un gisement inépuisable de croissance dans un mouvement général de montées en gamme et de reconversions financées par de nouveaux apports en capital dans les entreprises, et complémentairement seulement de nouveaux concours en crédits non bonifiés. La croissance la plus saine est celle qui a pour moteur le placement direct d’épargne dans ces apports.

Tirons-en la conclusion qui s'impose. Dans l’ordre réel des causes et des effets économiques, la croissance la plus solide  ne dépend pas en premier lieu de la compétitivité mais du taux de capitalisation, particulièrement pour les petites et moyennes entreprises. Autant de croissance qu'il en faut pour redresser l'économie française est à notre portée sans reporter à plus tard un net assainissement des finances publiques, chaque progrès substantiel de cet assainissement libérant de l'épargne à même de s'investir dans les entreprises d'autant plus promptement et durablement qu'enfin la pleine rémunération du capital aura été instaurée. Mais l'entrée dans ce cercle vertueux est à l'antipode du maintien dans le cercle vicieux des allégements de charge et des alourdissements de dépenses fiscales et, plus généralement, publiques.

Le socle d’une politique économique qui tient la route

Quel est, dans le mental des candidats aux plus hautes fonctions politiques, l’ordre le plus fondamental des causes et des effets économiques ? Même question pour le mental des faiseurs d'opinion les plus influents. Quand cet ordre est plus imaginaire que réel, les inclinations en matière de politique économique sont exposées à ce qu’Alain Madelin vient de déclarer au sujet de la TVA dite « sociale » : « Aucun des arguments avancés ne tient la route »[1].

Le  « sommet social » puis la double campagne électorale (président, députés) vont nous valoir une avalanche de prises de position où, une fois de plus, il sera hélas peu question, voire pas du tout question, de la relation de causalité entre la quotité de capital social dans le financement des entreprises et la création d’emplois stables par ces mêmes entreprises. Pareillement, il ne sera vraisemblablement pas question de la fiction que constituent les cotisations patronales. Cette fois encore, il va être manifeste que manque décidément le socle d’une politique économique pertinente : l’ordre le plus fondamental des causes et des effets propres à une économie de marché faite aussi solide et équitable qu’il est possible de la concevoir, sans concession aux manigances légalisées qui entravent ses autorégulations.

DM et AL



[1] Sur le même sujet, voir aussi, par Jacques Bichot : TVA sociale, une fausse bonne idée ?

 

174 - Vendredi 10 février 2012

Politique économique : sauter le pas

Une politique bien articulée se remarque à la cohérence des buts qu’elle se fixe. Dans le contexte actuel de notre économie structurellement défaillante, ces buts se doivent, en outre, d’être refondateurs : c’est une remise en marche de l’économie qui est nécessaire et non pas quelques arrangements à la marge.

Buts refondateurs

1. S’astreindre à une stricte discipline budgétaire respectant la volonté majoritaire dans la population d’augmentation, de maintien ou de baisse du poids du prélèvement public (impôts + emprunts).

2. Favoriser la croissance et l'emploi par la levée des freins au placement direct d’épargne en nouveau capital des entreprises, mutuelles et coopératives.

3. Abolir la fiction des cotisations patronales puis décliner complètement la distinction entre les assurances de risques, les retraites par répartition, les allocations instaurées par le législateur.

Thérapie de choc

Pour atteindre ces trois buts, il faut une thérapie de choc fondée sur trois axes majeurs :

  • La remise en place du circuit de l’épargne vers le capital des entreprises par une refonte drastique de l’impôt sur les sociétés et sur les particuliers et par la marginalisation de l’autofinancement : c’est ce que l’Atelier Paul Fabra appelle « la pleine rémunération du capital ».
  • La remise en place du prix du travail par une refonte des cotisations salariales, la suppression des aides à l'emploi en tout genre en vue de favoriser une vraie augmentation des rémunérations : c’est ce que l’Atelier Paul Fabra appelle « la pleine rémunération du travail ».
  • La restriction des pouvoirs économiques de la puissance publique : l’excès de prélèvements public (impôts + déficits, répétons-le) a pour effet de réduire le taux de croissance et d’aggraver le manque d’emplois… qu’empire finalement l’augmentation du nombre d’emplois publics.

Les dernières analyses et prescriptions de Jacques Bichot sur la TVA sociale illustrent parfaitement cette perpétuelle tentation d'intervention de l'Etat français, qui en fin de compte dérègle l'économie et aggrave le déficit public. Mais jusqu’où et comment assainir les finances publiques et les usages qui en sont faits ? Ceci sera l'objectif des prochains bulletins.

Prédiction, stratégie et politique

La campagne présidentielle actuelle s'en tient à des réarrangements qui laissent la sensation que nos politiques et leurs conseillers restent désemparés face au chomage. Les mesures proposées produiront au mieux un redressement précaire de l’économie française, au pire un acroissement de l'interventionisme économique au détriment des autres investissements dont la nation a besoin.
On discerne bien certaines stratégies de réorientation des dépenses, à l'aune de celles faites par le Conseil d’Analyse Économique. Mais ces dernières ne font pas une stratégie de redressement; il manque une vision claire des ressorts de l'économie pour conduire la thérapie de choc qui est nécessaire. Il ne suffit pas d'un capitaine à un bateau; il lui faut aussi un cap.

Réponses à trouver

  • Qui, parmi les destinataires du bulletin de l’Atelier Paul Fabra, est prêt à se déclarer partisan d’une politique économique réinitialisée par la thérapie de choc ? La réponse sera crédible si sa collecte s’effectue aux conditions suivantes : pour se déclarer partisan, il faudra utiliser une adresse de courriel déjà présente dans la liste de diffusion du bulletin ; qui a coché une fois pourra à tout instant décocher ; les totaux affichés seront ceux du nombre de coches et de destinataires du bulletin ; aucune liste d’adresses de courriel ou autrement nominative ne sera diffusée à qui que ce soit.
  • Comment faire en sorte que le nombre de partisans ainsi déclarés devienne, au fil des années, assez important pour constituer, sur le seul sujet de la réinitialisation de la politique économique par la thérapie de choc dont il est ci-dessus question, un groupe de pression citoyenne de moins en moins négligeable par la classe politique et d’autres milieux ?

DM, AL

 

175 - Samedi 3 mars 2012


Deux motifs d’un vrai changement de politique économique et, qui plus est, d’un changement salvateur pour l’Europe

Le récent article, ci-dessous reproduit in extenso[1], est de Paul Fabra.

Deux motifs de renonciation à l’addiction aux déficits publics y sont rappelés. Ils sont d’autant plus remarquables que pas plus l’un que l’autre n’est explicitement utilisé dans la campagne présidentielle, tout au moins jusqu’à présent. Chacun des deux est pourtant très substantiel.

Il faut, c’est l’un de ces deux motifs, un assainissement budgétaire parce qu’il « rend disponible pour la relance l’épargne qui finançait le déficit ». Mais, il est vrai, la croissance qui en résulte est d’autant plus vive et durable que la réforme de la pleine rémunération du capital et celle de la pleine rémunération du travail sont au programme du quinquennat, comme ce n’est hélas pas encore le cas.

Il faut à cet effort considérable, c’est l’autre motif, prendre en aversion les déficits publics parce qu’ils « sont les pères nourriciers de l’hypertrophie du système financier » alors que les conséquences de cette hypertrophie sur l’emploi et le logement et la sous-traitance industrielle sont très évidemment calamiteuses.

L’affaire est géopolitique. Si, de commun accord, les pays de la zone euro usent de ces motifs pour faire converger leurs politiques économiques, ils prendront confiance dans ce qu’ils ont entrepris pour faire efficacement front à l’arme de sape de leur prospérité que le dollar et la finance publique façon Bernanke constituent.

— Les Echos du 14 février 2012, Paul Fabra —

La zone euro face au bazooka

Contrairement à celle de la zone euro, les trois autres grandes dettes d’État, l’américaine, la britannique et la japonaise, ne fonctionnent plus comme des marchés.

Il est une distorsion majeure dans la cotation des dettes souveraines, au désavantage exclusif de la zone euro. Les agences de notation n’en font pas état. Les marchés continuent d’y fonctionner comme… des marchés. Ce n’est plus le cas pour les trois autres grandes dettes d’État : l’américaine, la britannique et la japonaise. Seulement, les États de la zone euro voient le cours des titres d’emprunt (OAT…) qu’ils émettent déterminés par le jeu libre, ou presque libre, des forces du marché – la BCE ne se prive pas non plus d’intervenir, mais pas systématiquement et donc sur une moindre échelle. Seulement eux se font ainsi, par le marché, dicter le taux d’intérêt de leurs nouvelles émissions. S’il en allait autrement, il n’y aurait jamais eu de crise de l’euro !

Dès janvier 2009, la Banque fédérale de Saint Louis fait passer le message :« Depuis le début de la crise financière, la Fed s’est montrée extraordinairement active pour remplir son rôle de prêteur – ou acheteur – de dernier ressort. » Cette fonction est par nature exceptionnelle et limitée. La finance aux abois s’en est emparée pour en faire un « big bazooka » (dixit David Cameron) aux mains de la banque centrale, sur le modèle mis en pratique pendant la Seconde Guerre mondiale, et adopté au Japon depuis 1998. Formidable régression.

Le Trésor émet ses titres d’emprunt à un taux qu’il fixe arbitrairement et abaisse au fur et à mesure que l’endettement s’accumule ; un autre organe de l’État, l’institut d’émission, achète à leur valeur faciale tous ceux qui ne trouvent pas preneur à ce prix. Ô miracle de la cavalerie monétaire ! La valeur du titre étant ainsi garantie, les détenteurs de capitaux fuyant le risque se précipitent sur les emprunts d’État. Leur attrait éclipse les investissements qui relanceraient l’activité économique. Au contraire, un assainissement budgétaire rend disponible pour la relance l’épargne qui finançait le déficit (on aimerait l’entendre dire par nos gouvernants). Ainsi, le classement résultant du rating se trouve-t-il irrémédiablement biaisé : les pays de la zone euro sont notés, disons, au mérite et les autres au forcing ! Comme pendant la Grande Dépression des années 1930 et pendant la guerre, les obligations américaines et britanniques, quel que soit l’état de leurs finances publiques, font figure de valeurs refuges. Inappréciable avantage par les temps qui courent, leur évolution est prévisible : comme la Banque du Japon le fait depuis quinze ans, le « chairman » de la Fed ne cesse de prolonger le régime des taux d’intérêt voisins de zéro (dernière nouvelle : jusqu’à fin 2014). Une éventuelle remontée sera de plus en plus périlleuse[2] (1). Maintenant, la Fed achète, à la faveur de l’opération Twist, des Treasury Bonds à 30 et 50 ans d’échéance (plus le titre est à long terme, plus il monte si les taux baissent). Cela promet encore de substantielles plus-values pour cette année. Elles furent en 2011 d’environ 30 % pour ce genre de placements.

Pour parer au risque énorme d’une chute brutale du dollar provoquée par la monétisation à tout-va, la Fed dispose de ses propres acheteurs d’ultime recours. La Banque de Chine, mais aussi les banques centrales de l’Inde, du Brésil, de Russie, des émirats, etc., remplissent de plus belle cet office. Depuis deux ans, la Banque de Chine a augmenté de 44 %, à titre de réserves dites « monétaires », son stock de créances sur l’Oncle Sam.

Bon signe pour la cause de l’euro : malgré ce colossal soutien apporté aux bonds américains, le marché préfère les bunds allemands qui n’ont pas besoin d’aide pour se tenir debout. La hardiesse calculée de Mario Draghi renforce l’autorité de la BCE : soutien massif aux banques pour parer à un krach imminent, clair refus du rôle (jugé illégal) de prêteur institutionnel de dernier ressort : qui croirait à l’engagement pris par les gouvernements d’équilibrer leurs budgets respectifs si la Banque centrale leur fournit un moyen indolore de financer les déficits ? Ces déficits publics qui sont les pères nourriciers de l’hypertrophique système financier.

Paul Fabra



[2] Japon : l’hyperinflation claque murée , Les Echos du 15 septembre 2009.

 

 

176 - Mardi 20 mars 2012

Dette publique

Deux constats de bon sens

Face aux prescriptions de Stiglitz ou Bernanke, entre autres, deux constats s'imposent par leur bon sens :

  • La dette publique d'un pays ne peut être réduite en valeur absolue que s'il y a, de décennie en décennie dans ce pays, davantage d'excédents budgétaires que de déficits, contraitrement à ce que le Keynes de la Théorie générale a éludé en arguant pitoyablement qu'à long terme nous serons tous morts.
  • Un ménage et toute autre association privée à but non commercial deviennent surendettés dès lors qu’il leur faut emprunter pour amortir un précédent crédit. Ce critère s’applique bien évidemment en finance publique. Quand le Trésor public doit emprunter pour être en mesure de rembourser de précédents emprunts, la preuve est établie qu’il y a surendettement public.

Croissance et rigueur

La France étant un pays en état de surendettement public, ses candidats, élus et nommés aux plus hautes fonctions publiques ont deux devoirs :

  • L'un est est d'entamer au plus vite la réparation du moteur naturel de la croissance économique - la relance par l'épargne directement placée en nouveau capital -, quitte à commencer par faire couler beaucoup d'encre en faisant valoir que l’entreprise n’est pas économiquement un sujet fiscal. Aucun nouvel emprunt, aucun nouvel impôt, aucune nouvelle dépense publique récurrente n'est nécessaire à cette fin.
  • Un autre est, bien entendu, de procéder à des réductions et des suppressions de dépenses publiques et d'incitations fiscales, voire à une refonte de la fiscalité directe. Plus les déficits publics sont grands, en proposition des recettes fiscales, plus annoncer, réduire, puis supprimer complètement, des subventions, dont à terme toutes celles aux employeurs et aux employés, est nécessaire à cette fin.

Devoir primordial

Mais l'accomplissement assez poussé de ces deux devoirs est électoralement périlleux. C'est pourquoi préparer le terrain en tenant un discours renouvelé sur l'économie est primordial. Un peu plus précisément, ce qui est le mieux à même de retenir l'attention des citoyens a trait au profit, à la cybernétique de l’emploi, à la dynamique de la répartition du revenu global, au salaire. Avant que ce soit par des résultats, c'est par des propos qu'une nouvelle politique économique trouve les soutiens nécessaires à son installation et à sa poursuite.

Le défi du plein-emploi et de la surconsommation est considérable alors qu’une leçon de l’expérience s’impose : ce défi ne sera pas victorieusement relevé sans changer de capitalisme. Cela condamne,à répéter, au risque de lasser, les mesures essentielles à prendre jusqu'à ce que ces nouvelles analyses soient politiquement exploitées et académiquement reconnues.

DM & AL

 

177 - Lundi 23 avril 2012

Le possible fait impossible

L’émission télévisée C dans l’air  du 19 avril 2012 a eu pour thème La crise n’aime pas les élections. Ses invités ont été quatre personnalités qui contribuent notoirement à l'esprit du temps en matière de politique économique : Philippe Dessertine, Jean-Pierre Gaillard, Bernard Maris, Guillaume Roquette.

L’eau et l’huile

Pour Jean-Pierre Gaillard, la croissance et la rigueur « c’est mélanger l’eau et l’huile » . La possibilité d’une relance par de l’épargne directement placée en nouveau capital des entreprises, complètement conciliable avec plus de rigueur dans la gestion des finances publiques, est ou bien ignorée ou bien tenue pour illusoire.

Le coût du travail

« La réduction du coût du travail est indispensable au redressement » de l’économie française (Roquette). Cette antienne patronale, pendant de l’antienne syndicale de la réduction du temps de travail, n’a produit et ne produira qu'un accroissement des subventions publiques et du déficit, tout en éloignant les entreprises de leur vraie mission : s'appuyer sur l'expérience et le savoir faire des français pour déliver des produits de qualité différenciants et compétitifs.
Dans ses dernières interventions radiophoniques, Jean-Louis BEFFA, président d'honneur de Saint Gobain ne disait pas autre chose : «
il faut avoir une avance technologique et viser les produits haut de gamme permettant de produire avec des coûts salariés élevés .. ».

Pas avec des recettes simples

« On ne s’en sortira pas avec des recettes simples » (Dessertine). La confusion entre simple et simpliste va souvent de pair avec l'impossibilité de distinguer entre  compliqué et complexe. La pleine rémunération du placement en capital et dans la foulée l’extension du plein-échange relèvent de mesures simples à mettre en oeuvre avec des résultats immédiats sur la relance de l'activité. Ces mesures s'appuient, certes, sur une vision synthétique du système complexe qu'est l'économie, mais n'est-ce pas justement le travail des économistes ?

Inventer un nouveau modèle

« Il faut aller vers une économie différente (Maris) — « il va falloir inventer un nouveau modèle » (Dessertine). Bien, fort bien, mais il faut être capable d'aller au delà des incantations et passer aux propositions concrètes porteuses de solutions sur le long terme. L'atelier travaille actuellement à la formulation d'un manisfeste qui synthétisera l'ensemble des propositions de politique économique permettant de nous orienter vers un capitalisme nouveau.

DM, AL

178 - Vendredi 18 mai 2012

Initiation et manifeste

Formulations à travailler

Dans l’émission de France Culture La Fabrique de l’Histoire du 27 avril, Marieke Stein a cité, non sans malice dans le contexte de la campagne électorale, cette apostrophe de Victor Hugo :

« Savez-vous ce qui sort de la part trop grande faite au capital dans les fruits du travail, de la part plus grande encore faite à la spéculation ? Deux misères : la misère du peuple et la misère de l’État. Songez-y, hommes politiques. La misère du peuple, c’est-à-dire l’émeute, la misère de l’État, c’est-à-dire la banqueroute. »

Ce qu’il convient qu’un pays s’autorise et s’interdise afin qu’y soit instauré un système économique durablement viable par ses caractéristiques sociales et financières intéresse au plus haut point un large public.

Réponses à quatre questions

Dans les façons d’initier à la possibilité de cette instauration, les réponses à quatre questions de fond paraissent constituer un bon point de départ :

  1. Qu’est-ce qui est spécifique à l’entreprise et encore trop mal accompli ?
  2. Qu’est-ce qui est le plus nécessaire au plein-emploi et à sa prompte restauration chaque fois que le chômage repart à la hausse ?
  3. Quelle est la tendance normale de la répartition du revenu global entre le revenu total des placements et le revenu total du travail ?
  4. Qu’est-ce qu’un salaire individuel par rapport au revenu total du travail et comment se règle l’éventail des salaires ?

Encore faut-il que ces réponses soient rendues, par leurs formulations, non seulement compréhensibles mais aussi crédibles par un large public.

Règles de gestion dans deux domaines

Une autre piste à travailler est celle des énoncés et justifications de règles primordiales de gestion dans deux domaines :

  1. Le domaine du capitalisme social, à savoir celui de l’entreprenariat au moyen d’un capital social, qu’il s’agisse par exemple d’une société dont les titres de propriété sont cotés en bourse ou d’une société coopérative.
  2. Le domaine des finances publiques. Les inclinations de la classe politique ont fait vivre la France au-dessus de ses moyens, amoindrissant en retour sa capacité à faire davantage croître les dits moyens. Même s’il se confirme que le cap du retour à des excédents budgétaires est enfin tenu, la question des règles de gestion les plus saines en ce domaine reste posée.

Continuités et ruptures, organisation

Une caractéristique distinctive de l’économie de marché auquel il s’agit d’initier est d’être de plein-échange. Mais des réponses à quelques questions et des énoncés de quelques règles de gestion ne suffisent pas à se faire partisan de cette économie. Les idées dominantes rendent nécessaire de faire figurer également dans un manifeste du parti du plein-échange quelles sont les principales continuités et ruptures assumées par ce parti.

L’organisation de ce parti, aussi économe qu’elle puisse être initialement faite, comprendra des modalités d’inscription et de désinscription ainsi qu’une description des moyens les plus simples utilisables par les membres de ce parti pour se faire au long cours plus nombreux.

DM & AL

179 - Mercredi 13 juin 2012

Jean-Marc Daniel

Ricardo, reviens ! Ils sont restés keynésiens

Essai sur la prospérité économique

François Bourin Éditeur, Paris, mars 2012, 120 pages, 20 €

L’auteur

Né en 1954, polytechnicien, économiste universitaire, Jean-Marc Daniel est chroniqueur au Monde et sur BFM Business. Ses précédents livres sont La politique économique (Que sais-je ?, 2008), Histoire vivante de la pensée économique (Pearson éducation, 2010), Le socialisme de l’excellence / Combattre les rentes et promouvoir les talents (François Bourin Éditeur, 2011).

La « nouvelle macroéconomie classique »

Dans son introduction à Ricardo, reviens ! Ils sont restés keynésiens, Jean-Marc Daniel présente son propos en ces termes :

« Ce que nous allons essayer de développer dans cet ouvrage, c’est que les nouveaux classiques, en démontrant les limites du keynésianisme, ont ouvert la voie vers une réforme de la politique économique. Le bon compromis est probablement celui qui garderait de Keynes et de ses disciples le rôle déterminant de l’investissement et du cycle économique qu’il nourrit, et de Ricardo le rôle essentiel de la liberté économique face à l’interventionnisme public vain et bridé par la dette et la nécessité de promouvoir la concurrence pour combattre les rentes. »

Ce compromis, constitutif d’après Jean-Marc Daniel de la « nouvelle macroéconomie classique », comporte la prescription d’indexation des dépenses publiques sur la prévision de croissance structurelle de l’économie. Cette prévision étant supposée pouvoir être établie avec une marge d’erreur et de manipulation négligeable, il en résulte sur le papier que, variations conjoncturelles aidant, ces dépenses deviennent des « stabilisateurs automatiques ».

La politique de croissance prescrite

Après avoir fait état de « quatre pistes pour réaliser l’assainissement budgétaire » (p. 160 à 162) — dont la réduction puis la suppression des exonérations de charges patronales ainsi que de la niche des heures supplémentaires (loi TEPA) — la politique de croissance prescrite est ainsi résumée (p. 173) : « … il faut donc que l’État assume durablement une politique ayant quatre vecteurs : une gestion des finances publiques en stabilisateurs automatiques à partir d’une situation de déficit structurel nul ; une refonte du code du travail dans le sens d’une très grande flexibilité ; une politique de formation exigeante et généralisée sur la durée de vie de la population active ; une politique de concurrence systématique visant à briser les rentes et à favoriser l’investissement ».

Une « très grande flexibilité » de l’emploi vient-elle vraiment au premier rang de ce qui est nécessaire à la croissance ? Pourquoi tenir en arrière le placement d’épargne en nouveau capital des entreprises et les conditions auxquelles l’égalité de l’échange marchand salarial est établie ? Comment « une politique de formation exigeante et généralisée sur la durée de vie de la population active » pourrait-elle ne pas avoir de lourds effets pervers ?

Comme s’il était fatal qu’il en aille ainsi

Dans l'optique de la « nouvelle macroéconomie classique », le capital est maintenu à la remorque du crédit et particulièrement du crédit bancaire, comme s’il était fatal qu’il en aille ainsi. Au regard de la fragilité du système bancaire actuel et de l'état où il a plongé l'économie, il y a quelque inconscience à raisonner ainsi. C'est pourtant le pari fait par la plupart des politiques économiques actuelles. Seule une réhabilitation du circuit de l'épargne est à même de prendre le relai d'une croissance durable. Dans cette perspective, ce sont les évolutions du  taux de capitalisation et du taux de bénéfice distribué sur capital exploité qui ont une importance systémique :

  • Le taux de capitalisation concerne le financement des entreprises : comment assurer l'emploi stable s'il n'y a pas d'argent stable pour financer l'activité ?
  • Le taux de bénéfice distribué sur capital exploité concerne la rentabilité du placement dans les entreprises : comment avoir l'argent stable pour financer l'activité si le placement n'est pas « suffisament » rentable ?

Dans un tel projet, la dynamique du placement direct d’épargne en nouvelles parts de capital des entreprises et le profit qui peut en résulter jouent un beaucoup plus grand rôle que l’endettement des entreprises. Voilà où réside la contribution au véritable entreprenariat : un flux d'épargne pour l'activité en échange d'un flux de profit suffisant pour attirer l'épargne. On est ici bien loin de tout effet de levier à base d'endettement ou de la confiscation des profits (bénéfices non distribués) sous couvert d'autofinancement.

Les « nouveaux classiques » se réclament, à juste titre, de Ricardo en matière de libre-échange et d’équivalence entre l’impôt et l’emprunt public souscrit par les nationaux. Mais c’est en passant outre à ce qui fait la différence essentielle, discernée par Ricardo, entre ce qui est à proprement parler rare et reproductible à volonté par l’industrie humaine. C’est également en négligeant la distinction primordiale, tirée par Fabra de son étude de Ricardo, entre le travail en tant que dépense d’énergie humaine et le travail en tant que produit d’une telle dépense, seul ce dernier étant susceptible de faire l’objet d’un échange marchand.

Les salaires continuent à ressortir d’une théorisation qui, en masquant le double fait que le revenu total du travail fait l’objet d’une répartition et que cette dernière n’est réglable que par la subjectivité collective, oblitère également les conditions auxquelles l’égalité de l’échange marchand salarial est établie.

Le pseudo libéralisme du maximum de profit

Il est évident, après s’en être avisé, que les bénéfices entièrement distribués aux épargnants qui ont placé leur argent en capital d'entreprise et la publication des taux de cette distribution sont des dispositifs nécessaires à la concurrence. Ricardo a bien vu que la concurrence n'est véritable que si l'on peut observer une poussée constante vers l’égalisation des rentabilités du placement en capital. Mais voilà qui détourne de la maximisation du profit, faite but inhérent à l’entreprise capitaliste et maintenue dans ce statut par les « nouveaux classiques ». La maximisation du profit passe de fait par l'établissement de monopoles ou de cartels en vue de réduire la concurrence. Et on oserait appeler cela « économie de marché » !

Très majoritaires sont les jeunes gens frais émoulus des écoles de commerce qui traitent leur interlocuteur de naïf quand ce dernier leur expose les arguments que Peter F. Drucker a opposé au postulat du maximum de profit. Comme leurs professeurs et la plupart de leurs parents et de leurs employeurs, ces jeunes gens n’ont plus sur ces questions assez de fraîcheur d’esprit et de recul. Tout cela se fait sans même envisager que la norme même du maximum de profit est pseudo libérale. C’est, en effet, aux entrepreneurs qu’il revient de librement et diversement choisir pourquoi ils le sont, et de changer d’avis autant que bon leur semble. Ce n’est pas aux économistes et formateurs en gestion de le dicter.

De façon aussi complètement libérale

Repartir de Ricardo, oui, résolument oui, mais de façon aussi complètement libérale que lui-même est parti de Smith, a fait commerce d’idées avec Say, s’est lié d’amitié avec Malthus sur lequel beaucoup l’opposait. Ce libéralisme implique d’ouvrir, au sien même de la cité universitaire et de ses annexes médiatiques comme dans les partis politiques, le débat sur les fondements de l'économie de marché et sur la politique économique qui en découle. C'est le projet de « l’économie définie et de plein-échange » :

  • l’économie définie, établie sur une rupture épistémologique amorcée par l’économiste anglais Richard Whately qui, dans ses Conférences introductives de 1831 (8 ans après la disparition prématurée de Ricardo), propose de substituer à l’économie politique, faite science de la richesse par Adam Smith, la science des échanges marchands, ou catallaxie, du grec katallatein « échanger » ;
  • l’économie de plein-échange, grosse d’un progrès systémique ouvrant la voie du plein-emploi structurel, facilitant l’assainissement budgétaire permanent, jugulant l’inflation et la déflation, maximisant le revenu total du travail, atténuant le tropisme aux redistributions qui échouent de fait à réduire la pauvreté.

Ce débat est douleureux parce qu'il remet en cause des dogmes les plus profonds de la pensée économique : la loi de l'offre et de la demande et la théorie de la rareté qui lui est corrolaire. Cependant, les échecs patentés les politiques actuelles poussent à la révision. Ce ne sont par les Eurobonds, prolongation de la politique d'endettement, qui vont régler nos difficultés.

DM, AL

 

180 - Vendredi 13 juillet 2012

Jusqu’à quand la crise va-t-elle durer ?

Les synthèses, surtout en peu de paragraphes, sur l’histoire des faits économiques de ces dernières décennies ne sont pas si fréquentes pour considérer comme de routine celle qui fait prédire à Jean-Marc Vittori : « Voilà pourquoi la crise va se prolonger bien au-delà de trente ans ».

Nous recommandons d’autant plus la lecture de cet article qu’il incite à s’interroger avec du recul sur les survenances de nature à mettre fin à cette crise multi décennale, née avec la suspension, le 15 août 1971, de la convertibilité en or du dollar (convertibilité restreinte par les accords de Bretton Woods à des banques centrales ayant accumulé du dollar). Ce recul aide à voir qu’il n’est pas évident du tout que les effets les plus ravageurs du dérèglement qui depuis les années 1970 tient lieu d’ordre monétaire international ne pourront être résorbés par le simple biais d'une rénovation monétaire et transocéanienne. Jugeons-en au cas de la zone euro.

Discipline budgétaire et relance

Dans la problématique à laquelle la zone euro est confrontée, la discipline budgétaire et la relance viennent au premier rang. Cela ne procède pas d’une illusion collective dans lequel le Vieux Continent se laisse piéger par le Nouveau Monde. Des solutions victorieuses apportées en Europe, à compter de cette année et sur les décennies à suivre, dépendra pour bonne part le cours de l’histoire mondiale non seulement monétaire mais aussi plus largement économique et géopolitique. Les Américains le sachant, ils ajustent en conséquence leurs manœuvres ouvertes, ainsi que fort probablement secrètes, pour renoncer le plus tard possible aux privilèges exorbitants que leur confèrent les coups de force dont le statut actuel du dollar procède.

Des deux problèmes, celui de la discipline budgétaire et de la relance, c’est sur ce dernier que les changements les plus décisifs sont possibles et nécessaires. En arriver à des dépenses publiques de fonctionnement délibérément et constamment maintenues nettement inférieures au produit des impôts ne se pourra qu’à une condition. Il faudra, cela n’est pas davantage une illusion d’optique, qu’une vraie solution durable du problème de la croissance européenne aille de pair avec la nouvelle discipline budgétaire européenne.

Principe actif de la relance durable

Répétons le, jusqu'à ce que ce soit vraiment entendu. Le principe actif, comme on dit en médecine, de la solution durable du problème de la relance est la rémunération effective du placement en capital, pour des raisons exposées sur le site de l’Atelier Paul Fabra (au plus court, en section Politique économique). Des centaines et des milliers de milliards d’euro de chiffres d’affaires supplémentaires sont d'autant plus solidement établis qu'ils proviennent de placements de l’épargne des ménages européens dans du nouveau capital social émis par des entreprises européennes.

Et pourtant, nos clairvoyants experts des banques centrales cherchent à relancer l'économie en baissant les taux. L'expérience du Japon dans ce domaine, soutenu pour ce faire par la Fed, ne leur a donc rien appris.

L’économie de marché à crédit est impuissante à revenir structurellement au plein-emploi et à la stabilité des taux de change. Il est amusant de relever les critiques actuelles portées à l'économie capitaliste au moment où cette dernière est devenu non pas capitaliste mais créditiste. Le capitalisme, quant à lui, est attaché un haut taux de capitalisation des entreprises — au rebours du créditisme qui se fonde sur le moins possible de capital et donc le plus possible de crédit. En capitalisme véritable, les prêts des banques deviennent financés à plus de leur moitié par une fraction de leur capital, capital pleinement rémunéré et détenu par des particuliers. Ceci change considérablement les conditions dans lesquelles, par de la création monétaire trop débridée, se gonflent les bulles pourvoyeuses de désastres pour la plus grande partie des populations concernées, notamment en matière de logement mais aussi plus généralement de pouvoir d’achat et d’emploi.

Jusqu’à ce que les sourds entendent et admettent

Il n'est pas exclu que le nombre de décennies de la crise en cours se révèle avoir été celui qu’il aura fallu pour que nos experts se rendent à la solution la plus saine et efficace du problème de la croissance en zone euro : la distribution complète des bénéfices des entreprises ; l'imposition de ces bénfices seulement auprès de ceux à qui ils sont distribués ; la publicité des rendements des placements en capital proprement dit ; d’autres réformes favorables à l’instauration d’une économie de plein-échange. Là il est adroit de passer outre à l’américanisme ambiant, surabondant et caricatural en France.

Puisque nous sommes européens, dépensons-nous afin que ce soit d’abord en Europe que ce grand changement prenne corps, sans nous lasser de répéter au besoin pendant plusieurs dizaines d’années encore les mêmes refrains, jusqu’à ce que les tenants de l’orthodoxie économique et du succès à l’arraché de l’euro les écoutent, les admettent et les mettent en application.

DM, AL

181 - Lundi 6 août 2012

Décryptage, priorité nationale

  • Pourquoi vaut-il mieux diminuer les dépenses sociales que les investissements publics ?
  • Hélas ce sont les investissements que l’on sacrifie
  • L’effet d’éviction provoqué par le choix du social à crédit

Pour chacun de ces développements, en trois à cinq vigoureux paragraphes Jacques Bichot fait part de ses observations sur Le sacrifice des investissements publics.

 

Ce lien renvoie à un site sur lequel se trouve l'enregistrement de deux exposés sur la manière dont les États de la zone euro « vont à leur abîme », ce qui est trop dire mais fait sensation sur le carton d'invitation. En réponse à une question d'un auditeur, Pierre de  Lauzun, directeur général délégué de la Fédération Bancaire Française et essayiste, insiste sur son diagnostic de l’état économique de la France et sur l'ordonnance qu'il délivre en conséquence : nos entreprises, banques les premières, droguées par la prise de risques à crédit, manquent beaucoup trop de capital ; il est grand temps de faire enfin de la réparation de ce défaut une priorité nationale.

Cela ne vaut certes pas indice que l’innovation organique de la pleine rémunération du capital a commencé à faire son chemin dans les milieux français et européens de la haute finance et de la non moins haute administration publique. Il est vrai qu’aucun pays n'en a encore donné l'exemple. Mais n’est-ce pas là pour nous autres Français, jamais mécontents d'étonner au-delà de nos frontières, un substantiel motif pour se faire les premiers prescripteurs et utilisateurs de cette médecine ?

 

DM

183 - 15 octobre 2012

Série La réforme du plein-emploi

Troisième épisode : cibler un capitalisme.

Paul Krugman : Sortez-nous de cette crise… maintenant !

Daniel Fortin, rédacteur en chef aux Echos, a consacré un compte rendu au dernier livre de Paul Krugman. L'Atelier Paul Fabra en fait l'analyse

Daniel Cohen : la prétendue urgence d’une reconstruction

« À l’heure où se pressent des milliards de « nouveaux venus » à la table d’un modèle occidental vacillant, il y a urgence à repenser de fond en comble le rapport entre le bonheur individuel et la marche des sociétés. »

Jacques Bichot : plus personne ne peut s'y retrouver

« Le moment d’une destruction créatrice est venu : ... ; il faut savoir liquider ce qui est vétuste et le remplacer par des institutions fonctionnelles. Il s'agit, hélas car ce remplacement n'est toujours pas à l'ordre du jour, de notre sécurité sociale.

Internet et crowd-funding : le placement direct en capital

La déliquescence des financements d'entreprise par l'endettement font émerger de nouvelles initiatives qui vont dans le sens d'un retour au vrai capitalisme. Des sites comme Wiseed ou Octopousse mettent en place des mécanismes de crowd funding’ qui sont un moyen de placement direct d'épargne dans les entreprises. Il manque encore de mettre l'accent d'abord sur la rémunération de ces placements (dividendes) et non pas sur la plus-value escomptée (reventes des actions), faute de quoi la contribution de ces dispositifs au comblement du manque d'emplois est moindre que ce qu'elle pourrait être.

 

AL, DM

184 - 6 novembre 2012

Pour le financement direct

Notre travail d’assemblage d’un jeu de propositions premières de science économique porte en ce moment sur l’intérêt. Nous y supposons établie la volonté politique d’un fort taux moyen national de capitalisation.

Dans ce qui plaide en faveur de cet établissement, il y a la préférence pour le plus possible de financement direct. [Consulter le sommaire du chapitre 10, lire la proposition 10.2]

Un épargnant heureux

Un épargnant a placé, et continue à placer, de l’argent dans des augmentations de capital social. Cela lui rapporte des dividendes sensiblement plus élevés qu’autrefois. [Suite]

Misère de la pensée économique, Paul Jorion

Ce livre récent (octobre 2012, Fayard) affirme une fois de plus que le capitalisme — sous-entendu tout capitalisme — est inéluctablement « une machine à concentrer la richesse » entre les mains « d’une aristocratie de l’argent ». [Suite]

DM, AL

185 - 19 décembre 2012

Deux livres sur le métier

Recentrons, élaguons. Recentrons sur ce que nous voulons d’abord produire. Élaguons ce qui retarde l’atteinte de cet objectif. (…) Il est à notre connaissance sans équivalent d’avoir la carte d’identité que voici. (…)  [795 mots, 19 en moyenne par phrase]

Préparation de refonte

La préparation d’une refonte de la section Politique économique a été lancée à un emplacement temporaire. Elle comporte une première rédaction d’une préface à partir de laquelle se trouve, en un clic, une esquisse du futur plan de masse de cette section. [641 mots, 21 en moyenne par phrase]

AL, DM

La réforme du plein-emploi

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Aa — Avant-propos

— Vous m’avez demandé d’examiner ce que vous appelez « la réforme du plein-emploi ». J’ai fini par accepter. Mais, je vous le répète, je vais m’appliquer à débusquer ce qui permet de bonne foi de ne pas être d’accord avec vous.

— Et de ne pas être assez d’accord. Notre appel est à se faire partisan déclaré de la réforme du plein-emploi.

— J’entends bien. Je vais m’appliquer à débusquer aussi ce que votre appel comporte de trop peu convainquant.

Entrons dans le vif du sujet. En résumé, le plein-emploi par quoi ?

— Par des règles de gestion. Les unes sont du capital social de toutes les entreprises qui en ont un. Deux autres sont des finances publiques.

— Que me proposez-vous d’examiner en premier ?

— Un constat à partir duquel se dégage la possibilité de nouvelles règles de gestion du capital social.

Ab — Constat initial

Les entreprises sont d’autant plus créatrices d’emplois stables qu’elles sont financièrement solides. Les entreprises en société sont d’autant plus financièrement solides que le placement d’épargne en nouvelles parts de capital social est abondant. C’est pourquoi davantage de placement d’épargne en nouvelles parts de capital social participe au comblement du manque d’emplois.

Ce constat soulève une question.  Que faire pour que davantage d’épargne soit placée en nouvelles parts de capital social ? Selon la réponse la plus en vigueur, le comblement du manque d’emplois va plus ou moins bon train.

— Le constat est incontestable, la question qu’il soulève appelle une réponse. Est-ce pour autant selon cette réponse que le comblement du manque d’emplois va plus ou moins bon train ? Ce manque ne serait complètement résorbable, laissez-vous entendre, qu’au moyen de davantage d’épargne placée en nouvelles parts de capital social. Je doute qu’il soit possible de le démontrer.

— Comment ce manque est-il résorbable le plus sainement possible ? Ces trois derniers mots importent beaucoup. Qu’il faille de la croissance pour faire moins de chômeurs n’est pas douteux.

— J’en conviens.

— Quelle croissance est à terme la moins vulnérable ? Ce n’est pas celle qui est alimentée par toujours plus d’endettement par tête d’habitant. Une autre se peut à condition de la vouloir. Elle est alimentée par un surcroît d’épargne directement placée en capital tant qu’il n’y a pas plein-emploi ; et chaque fois qu’un manque généralisé d’emplois réapparaît. Par des mesures d’organisation stable de ce type de placement, ce surcroît est fait d’autant plus important que l’endettement par tête d’habitant doit être baissé parce qu’il est à un niveau qui est devenu un frein à la croissance.

— Voyons si ce que vous donnez pour réalisable ne butte pas sur une fatalité qui l’empêche d’advenir.

Ac — Cibler un capitalisme

S1 et S2 sont deux sociétés commerciales. Elles ont en commun que leur capital social constitue plus de la moitié de leur financement.

Le capital de S1 est entièrement détenu par des particuliers et des associations privées à but non lucratif. Le capital de S2 est, lui, entièrement, ou très majoritairement, détenu par d’autres sociétés commerciales, dont éventuellement ce qu’il est convenu d’appeler des « investisseurs institutionnels », ou/et par une entité publique.

Les sociétés S1 et S2 appartiennent respectivement à ce que nous proposons d’appeler le « capitalisme simple » et le « capitalisme complexe ».

Si les propriétés stimulatrices et régulatrices du capitalisme simple sont sous-estimées, alors ce que le capitalisme complexe retranche aux propriétés du capitalisme simple l’est lui aussi.

Bien des désordres financiers, et autrement économiques, donnent à suspecter qu’une de leurs causes majeures, voire somme toute leur cause majeure, provient de là. C’est pourquoi, quand il s’agit de se prononcer sur ce qui est le plus à même de remédier à un manque chronique d’emplois, il nous paraît heureux, tout au moins dans un premier temps, de cibler un capitalisme simple.

— Pourquoi stipulez-vous que S1 et S2 ont en commun que « leur capital social constitue plus de la moitié de leur financement » ?

— Parce que nous proposons de cibler un capitalisme et non pas un créditisme. Il est certes arbitraire de considérer qu’une entreprise, qu’elle soit en nom personnel ou en société, appartient au secteur capitaliste ou créditiste de l’économie selon qu’une moitié au moins de son financement est du capital ou du crédit. Mais cet arbitraire nous paraît de loin préférable à l’entretien tacite d’une contrevérité. Il y aurait neutralité de la structure de financement des entreprises sur leur capacité à être de plus ou moins bons employeurs et, plus largement, de plus ou moins bons fournisseurs.

— Soit. Mais le critère de la part prépondérante de capital social dans le financement d’une entreprise ne suffit pas à la rendre capitaliste. Une coopérative, qu’elle satisfasse ou non ce critère, appartient à un autre secteur de l’économie privée.

— Qu’est-ce qui fait premièrement la différence ?

— Les buts respectifs, bien évidemment. Toute entreprise a pour but une maximisation. Mais il y a les entreprises pour lesquelles cette maximisation est financière et d’autre pour lesquelles elle est sociale.

— Force est de reconnaître, tant on nous en rabat les oreilles, que la maximisation du profit et de la valeur vénale de l’entreprise passe très généralement pour être le propre de l’entreprise capitaliste.

— Je ne vous le fais pas dire. Il n’y a de capitalisme proprement dit qu’ainsi vu.

— Le capitalisme qui a pris le pouvoir dans la conception dominante de l’économie use de subterfuges terminologiques. Qu’une entreprise privée soit ou non coopérative, elle a pour contrainte d’être rentable.

— Cette contrainte est moindre dans le cas des coopératives. Il leur suffit de procurer à leurs sociétaires une rémunération limitée de leur placement en capital social.

— Si cette rémunération est constamment inférieure à celle que procure en moyenne un placement en capital social d’une entreprise non coopérative, elle devient l’une des raisons pour lesquelles ce secteur entrepreneurial draine trop peu d’épargne ainsi placé.

— Dans le capitalisme que vous proposez de cibler, dans un premier temps à des fins conceptuelles si je vous ai bien compris…

— Vous avez bien compris. C’est par un usage, que nous jugeons en l’occurrence bob, du rasoir d’Occam.

[…]

— Revenons au capitalisme que vous proposez de cibler. Un même but et une même contrainte financière y sont-ils assignés aux entreprises, tant non coopératives que coopératives ?

— Oui. Le but est de maximiser les contributions qualitatives. La contrainte financière est d’être assez hautement rentable. Outre le discours des économistes devenus les plus écoutés, la concurrence assez bien organisée pousse à l’adoption de ce but et au respect de cette contrainte.

Au demeurant, quand la contrainte est faite le but de l’entreprise, que se passe-t-il ? Les buts ne peuvent plus être communs aux différentes parties prenantes. C’est, en soi, une erreur de management. En commentaire d’un éditorial titré Mital et la grammaire des affaires, ce point a été soulevé.

[…]

— Vous avez parlé tout à l’heure de subterfuge terminologique. L’un d’entre eux, si ce n’est le principal d’entre eux, consisterait à faire passer la contrainte financière pour un but afin de faire prévaloir une conception originellement viciée du capitalisme.

— Comparons les économies de deux nations qui ont une frontière commune et dont les entreprises respectives commercent beaucoup entre elles.

Dans l’un de ces deux pays prévaut que les entreprises ont pour but de maximiser leurs contributions qualitatives, en premier lieu en direction de leurs clients, en deuxième lieu en direction de leurs salariés et de leurs autres fournisseurs, sous-traitants compris. Les syndicats et l’opinion publique admettent que de relativement hauts standards de rentabilité et de dividendes sont une contrainte à moyen et long termes socialement bénéfiques.

Dans l’autre pays ce réalisme reste marginal. Quand on y pose la question « qu’est-ce qu’une entreprise ? », la réponse de loin la plus fréquente est du genre « une machine à produire du profit », y compris dans les rangs patronaux.

— L’entreprise est « une association pour le profit » a mis en avant la patronne du Medef, Laurence Parisot.

— Laquelle des deux économies comparées est vraisemblablement la plus concurrentielle ? Dans laquelle moins de chômage structurel est-il le plus probable ?

— Il est transparent dans votre propos que vous considérez être des citoyens du pays perdant. Je vous souhaite beaucoup de courage pour parvenir à convaincre de plus en plus de nos compatriotes que la France fait fausse route en se refusant, comme par peur du ridicule, à faire du maximum de contributions qualitatives le but le plus intelligent de l’entreprise et de la rentabilité de l’entreprise une contrainte nécessaire et heureuse.

— Permettez-nous de vous suggérer la lecture, en section Science économique de notre site, des propositions 3.1 et 3.2.

Ad — Un épargnant heureux

Un épargnant a placé, et continue à placer, de l’argent dans des augmentations de capital social. Cela lui rapporte des dividendes sensiblement plus élevés qu’autrefois.  Les entreprises dont il est l’un des copropriétaires lui remettent, tous les trois à six ans, des actions gratuites que la réévaluation prudente de leurs actifs leur permet d’émettre ; cela protège cette épargne de la perte que l’érosion monétaire (l’inflation) fait subir. Une petite partie de son portefeuille de placements en capital social est en actions cotées en bourse, la plus grosse partie l’étant en actions non négociables qui lui permettent de récupérer sa mise dans un délai de trois mois au plus.

Ces actions non négociables, que nous disons restituables, existent déjà. Mais elles sont devenues beaucoup plus répandues depuis qu’un nouveau capitalisme a été instauré par la réforme qui a rendu les dividendes sensiblement plus élevés qu’autrefois.

— Je n’ai jamais entendu dire que les actions sont pour les unes négociables et pour les autres restituables. Est-ce seulement à des initiés à vos choix de vocabulaire que votre appel à la réforme du plein-emploi s’adresse ?

— Les actions sont, de fait, des parts de capital social ou, plus brièvement dit, des parts sociales. Mais il y aurait des parts sociales qui ne seraient pas des actions parce qu’elles ne sont pas négociables, de gré à gré ou en bourse. En vérité, ces titres de placement d’épargne ont un autre mode de liquidation : leur remboursement à leur valeur comptable par la société dont elles ont constitué une part du capital social, à charge pour cette société d’obtenir de nouvelles souscriptions qui compensent ces restitutions d’argent. On fait mieux apparaître cette vérité en désignant par « actions » aussi bien les parts de capital social qui sont négociables que celles qui sont restituables.

— C’est conséquent s’il s’agit d’en arriver à un dispositif qui a pour effet de rapprocher sans cesse les rendements respectifs de ces deux sortes de placement. Admettons que « la réforme qui a rendu les dividendes sensiblement plus élevés qu’autrefois » comporte un tel dispositif. Ce n’est cependant pas lui qui suffira à faire admettre une substantielle augmentation des dividendes puisque cette dernière aura forcément pour effet d’entraîner à due concurrence une diminution de salaires.

— Ce ne serait vrai que si la hausse des dividendes avait été alimentée par une hausse des bénéfices des entreprises. Si vous le voulez bien, ne discutons de salaires qu’après avoir vu comment une plus entière rémunération du placement en capital peut être instaurée.

Le progrès du plein-échange

Aa - Mise en chantier

— Supposons qu’un éditeur nous demande de lui soumettre le canevas d’un livre sur les principes de l’économie de plein-échange. Que commences-tu par faire ?

Page de garde, rôles

— Je commence par me mettre d’accord avec toi sur trois points : la page de garde du document à faire parvenir à l’éditeur, le public à qui l’ouvrage est destiné, la postérité de l’ouvrage.

— La page de garde coule de source. Il y figure, sous le titre Principes de l’économie de plein-échange, la mention Atelier Paul Fabra puis, sous cette mention et en plus petits caractères, les noms des auteurs.

— Faute d’assez de temps à y consacrer, tu n’auras peut être finalement fait que signaler des maladresses et des manques. Mais ce sera avec tant de constance et de sympathie pour les idées avancées que tu auras été non seulement pleinement un coauteur mais aussi celui des deux qui a le plus contribué à rendre l’ouvrage plus lisible.

— Ce rôle me convient, pourvu qu’il ne soit pas en surcharge du travail que demande le bulletin de l’Atelier.

—  J’accepte d’autant plus volontiers cette condition qu’elle vaut pour moi.

Public auquel l’ouvrage s’adresse

Te convient-il également que l’ouvrage s’adresse délibérément aux gens prédisposés à s’ouvrir à une vision de l’économie qui n’a pas encore cours ?

Je n’arrête pas de me demander si le nombre de ces gens est grand, petit ou très petit. Je désire, comme toi, que le parti du plein-échange ne reste pas pour encore des décennies et des décennies un groupuscule. N’y a-t-il pas des critiques et des prescriptions qui sont de nature à faire grandir ce parti ?

— Les critiques les plus décisives et constructives s’extraient de l’exposition de réalisables manifestement préférables à ce qui existe actuellement. Encore faut-il doter cette exposition de la force de l’évidence. En s’y échinant le nombre de gens disposés à s’ouvrir à cette vision devient plus grand, jusqu'à ce que ce que de la renommée colportée par des personnalités commence à faire boule de neige.

Postérité du travail fait

— Quel engagement me demandes-tu de prendre sur la postérité de l’ouvrage ?

— Nous ne savons pas si nous aurons le temps de mettre ensemble un point final à une première version. Si ce n'est pas le cas et puisque tu es plus jeune que moi de plus de 20 ans, je te demande d’aller jusqu’à ce point final, de préférence en coopération avec ton possible successeur en tant que secrétaire général de l’Atelier.

— Même cela fait, la question de ce qui pourrait être mieux vu et dit sur les principes de l’économie de plein-échange restera à jamais posée.

— C’est pourquoi je te demande aussi de mettre, le moment venu, au programme de production de l’Atelier la reprise de la première version, puis des versions précédentes, sans rien changer d’autre à la page de garde que les noms des auteurs qui se sont juchés sur les épaules de leurs prédécesseurs pour tenter de mieux faire.

Ab - Distinguée et définie

— Pendant une durée impossible à prévoir, ce que nous avons à écrire restera difficile à faire lire.

Qu’est-ce qui te fait dire ça ? S’il devient assez couramment recommandé de le lire, ce sera lu, au besoin après avoir été réécrit pour que ce soit plus lisible !

Absence décisive

— Encore faut-il des recommandations qui aient le poids d’arguments d’autorité. L’économie dont nous parlons est définie et distinguée. Ce n’est pas encore le cas de l’économie telle qu’elle est enseignée.

La qualification « distinguée et définie » est prétentieuse. Il faut l’argumenter.

— Toute pensée use de distinctions. Les distinctions primordiales qui structurent la pensée économique qui se respire avec l’air du temps ne sont pas encore établies sur des définitions au sens de ce concept en logique des ensembles non flous. Cette absence est décisive. Tout ce qui s’en suit est au mieux vague et au pire imaginaire, jusqu’en bien de ses aspects techniques les plus pointus.

La distinction entre une définition, au sens que tu viens d’évoquer, et une acception est abstraite, bien qu’elle soit facile à illustrer par des exemples. Les acceptions qui font passer pour du réel ce qui ne l’est pas sont légions, au point qu’il devient vite vertigineux de s’en dispenser.

Pouvoir des savants

L’indéfinition absolue que constitue la notion de rareté, pilier de l’économie telle qu’est aujourd’hui enseignée, produit de la théorie… rarement confirmée par les expériences qui en sont faites. Cette critique est si radicale qu’il n’en est tenu compte qu’en faisant table rase, non sans s’interdire de ramasser, dans ce que l’arasement a fait tomber, des idées à reconsidérer.

— Qui est prêt à le reconnaître et à en tirer pleinement conséquence ?

Qui, comme par instinct, est attiré par ce qui est assez scrupuleusement distingué en étant assez rigoureusement défini. Qui, de plus ou premièrement, se rend à l’évidence que les économistes, et plus largement les savants, ont le pouvoir de rendre l’économie malade.

L’effort de l’impartialité

— La pensée et la pratique de l’économie sont des activités sociales. Or la raison principale pour laquelle ce fait doit être considéré est absente du premier chapitre des manuels. Toute activité sociale est un foyer de culture d’émotions ou, comme on voudra, d’affects. Elle n’est pas forcément que cela. Mais dans le cas où cette activité est de penser les pratiques économiques, l’impartialité de cette pensée est constamment menacée.

Le premier chapitre des manuels d’économie passent outre à cette menace pour une raison qui n’a rien de mystérieuse. Une parade à cette menace est la discipline de la définition.

— Les auteurs des manuels ne font pas que tenir pour négligeables cette discipline et sa raison d’être la plus élémentaire — s’accorder, avec le moins possible de jugements de valeur sous-jacents. Ils s’empressent de contribuer à l’affaissement de l’esprit critique de leurs lecteurs par ce qu’ils disent être la « définition » de l’économie qui leur paraît être la plus appropriée.

Une rupture et non pas une variante

— C’est du genre, je cite de mémoire ce qui m’a été appris : comportement de l’homme en prise avec la rareté car si les ressources étaient illimitées, il n’existerait pas de biens économiques et il n’y aurait plus guère lieu d’étudier l’économie car tous les biens seraient gratuits... !!!

Prétendre à l’honorabilité scientifique en proférant de telles inanités est une imposture. C’est d’autant plus pitoyable qu’il existe une définition de l’économie qui est recevable à la fois scientifiquement et empiriquement.

— Nous allons reparler de cette définition où, ô scandale, il n’est question ni de comportement ni de rareté. Mais ne nous laissons pas prendre à l’apparence de cette réorientation. Ce qu’elle introduit n’est pas une variante mais une rupture, ce qui rend l’aventure dans laquelle nous nous sommes lancés d’autant plus difficile à faire aboutir. Même parmi ceux qui sont les moins satisfaits des prestations des économistes, la croyance la plus répandue est qu’une variante est à même de sortir le char de l’ornière. Ne nous attendons pas à une prompte reconnaissance qui, pour ce motif, ne peut pas avoir lieu, même sollicitée par des gens bien plus érudits et talentueux que nous.

Ac – Pétition de principe

— La conception dominante de l’économie de marché ressemble à un immeuble haussmannien sur la façade de laquelle une petite plaque en émail indique « gaz à tous les étages ». La loi de l’offre et de la demande est présente à tous les étages de la représentation néoclassique de l’économie de marché et de la vulgate dont elle est le faire-valoir.

Exclusion d’entrée de jeu

— L’universalité de la loi de l’offre et de la demande ne fait-pas partie des principes de l’économie de plein-échange.

Que désignes-tu au juste par l’expression « universalité de la loi de l’offre et de le demande » ?

— Tenir pour a priori vrai que tous les prix sont principalement régis par cette loi.

Ta question devient : pourquoi postuler que tous les prix ont en commun d’être régis par la loi de l’offre et de la demande ne fait-il pas partie des principes de l’économie de plein-échange ?

La magie plutôt que l’observation

— En premier lieu, la demande, alias l’achat, est une conséquence de l’offre, alias la vente. Pour qu’un individu achète, il faut qu’il en ait le pouvoir que lui a procuré ou bien ce qu’il a vendu ou bien ce qui lui a été prêté ou donné en provenance de ce qu’au moins un autre que lui a vendu. Dans l’échange, la demande est l’offre en contrepartie, avec des demandeurs qui sont aussi des offreurs de contrepartie et des offreurs qui sont aussi des demandeurs de contrepartie. Hypostasier la demande, jusqu’à en faire avec Walras le primordial par rapport auquel l’offre est secondaire, surexpose au danger de la non-conformité avec les faits.

— Trop faire cas de l’offre et de la demande détourne des élucidations normatives de la formation du prix de chaque catégorie principale de fourniture échangée. Le savant qui s’y laisse prendre ne délivre plus, sur la problématique des prix, qu’une incantation, ce qui est typique de la magie plutôt que de l’observation.

La faute de la pétition de principe

— Il y a un autre danger. Faire migrer un postulat au rang d’un principe n’est recevable que si cette action n’est pas effectuée au moyen d’une pétition de principe. Que tous les prix aient plus en commun que d’être des valeurs d’échange ne doit en aucune façon être postulé. Il devient, en effet, alors inévitable de commettre l’erreur de la pétition de principe.

Cette argumentation ne porte qu’auprès de ceux qui ont bien en tête ce qu’est une pétition de principe, notamment parce qu’ils ne confondent pas ce concept de l’art du raisonnement en vérité avec la notion de position de principe.

— Une pétition de principe est l’erreur qui consiste à tenir pour vrai ce qu’il s’agit de démontrer. La pensée économique qui n’a pas dans ses principes méthodologiques de se garder comme de la peste de la pétition de principe n’est pas vouée à la recherche de la vérité ; elle n’est, somme toute, qu’une projection de sentiments, aussi mathématisée que cette projection soit faite pour mieux donner l’illusion de sa recevabilité scientifique.

Tirer deux boulets

Fort bien mais ne fais pas, toi, l’économie de considérations pratiques. Face à des gens qui disqualifient des principes d’économie parce que l’universalité de la loi de l’offre et de la demande y est mise en doute, que faire pour au moins parvenir à ébranler leur certitude ?

— Leur apprendre, ils peuvent fort bien être de bonne foi persuadés du contraire, que cette universalité n’est pas démontrée. Tant qu’elle ne le sera pas, une réponse non fautive à la question de l’existence de cette universalité est : cette existence depuis longtemps supposée n’est toujours pas attestée.

Sauf à ce qu’il soit démontré que des prix, qui n’ont rien d’accessoire dans le train de vie de la plupart des gens, ne sont pas du tout déterminés, ou ne sont qu’accessoirement déterminés, par la loi de l’offre et de la demande.

— En conclusion de l’étude de la formation des prix par catégorie principale de marchandise, rémunérations du travail et des placements compris, tous les prix n’ont rien d’autre en commun que d’être des valeurs d’échange marchand. Il est vrai que pour s’en assurer, il faut se livrer à cette étude. Mais pourquoi ne pas voir en science économique dans les prix que ce dont la participation à la vie économique donne incontestablement l’expérience : des rapports d’échange qui n’ont pour point commun que d’être des valeurs d’échange, quelle que soit la nature de la fourniture échangée en contrepartie de son paiement ? Parce que cela prive de la possibilité de mettre à jour ce que la pratique des échanges marchands optimise ? La seule question qui vaille dans ce dernier ordre de considérations, avec une réponse attendue des économistes par le reste de la population, n’est-elle pas : quels dispositifs d’organisation de la pratique des échanges marchands maximise les bienfaits et minimise les méfaits de cette pratique ? L’économie est affaire d’intendance et non pas de transcendance.14

Enfumages conjoints

— Ne nuisons pas aux thèses que nous soutenons en exagérant l’importance politique de ces vérités. Un gouvernement obtient du mieux économique souvent davantage par ce qu’il décide de ne plus faire, et de s’abstenir de faire, que par ce qu’il fait.

— Le discernement qu’il faut à ce gouvernement et à ses techniciens est incompatible avec une trop faible qualité de leur formation économique – mais qualité qu’une autoformation, indifférente aux jugements académiques, peut avoir fait plus grande que celle des diplômés.

— Quand cette qualité est trop faible, l’enfumage de l’opinion publique par du volontarisme politique sert de cache-misère. La population en souffre d’autant plus qu’elle se voit traitée en clientèle dans l’ensemble de moins en moins intelligente, en dépit des proclamations des candidats et des élus qui, cela va de soi à les en croire, tiennent en bien plus haute estime le peuple que leurs égos...

— En tout commerce, celui des mandats électifs compris, les caractéristiques des offres en concurrence rendent plus ou moins efficients, et sains du point de vue de l’intérêt général, les arbitrages rendus par les demandeurs… qui n’ont exactement demandé ce qui leur est offert que dans les contes où la fiction de la concurrence pure et parfaite est prise pour une bonne approche de la réalité. Cela aussi est de l’enfumage, cette approche servant à la dissimulation de quatre pétitions de principe :

  • la rareté faite comme par décret divin grande ordonnatrice de l’économie,
  • l’utilité marginale inévitablement maximisée par les acheteurs finaux,
  • le profit non moins inévitablement maximisé par les offreurs,
  • la loi de formation de tous les prix par l’offre et la demande.

Les économistes qui font prendre pour avérés de tels déterminismes imaginaires préparent le terrain aux politiciens qui se rabattent sur l’enfumage par du volontarisme pour masquer leurs incompétences. Un pays s’en trouve d’autant plus pénalisé qu’y avoir réussi à être sélectionné par voie d’examens et de concours compte davantage pour se faire entendre que de tenir des propos de bon sens et de mener des actions d’aussi bon aloi.

Ad – Début d’enquête

— Qu’appelons-nous «  plein-échange » ?

Un état de l’économie de marché. Un peu moins brièvement dit, un état de la pratique des échanges marchands.

Méthode d’investigation

L’énumération des caractéristiques essentielles de cet état procure un début substantiel de définition en extension du plein-échange.

La méthode d’établissement de cet inventaire est la même que pour la théorie des prix.

— C’est sans surprise puisque tout prix est une valeur d’échange marchand et inversement. Nous avons dans nos archives une typologie des échanges marchands. Utilisons-la.

La rémunération du placement en capital

Commençons par la rémunération du placement en capital social, c’est-à-dire en titres de copropriété d’entreprise.

— L’emploi en dépend potentiellement beaucoup mais réellement pas encore assez dans l’esprit des autorités qui ont le plus de pouvoir sur l’évolution de nos mœurs économiques.

La rémunération du placement en capital est le terme d’un échange dont l’autre terme est le service fourni par ce placement. C’est d’abord, selon l’expression de Fabra, « le profit dans le schéma de l’échange » qui n’est pas assez présent dans l’esprit des autorités.

— C’est ensuite ce qui rend cet échange plénier et les raisons pour lesquelles ce sera un grand progrès quand il le deviendra. Mais l’affaire est lourde. C’est la question du modèle actionnarial qui est posée.

Maltraitance du placement en capital

Plus le taux de capitalisation des entreprises

— Par l’expression « taux de capitalisation des entreprises », nous désignons la proportion de capital dans le financement des entreprises, ce financement étant par ailleurs inévitablement constitué de crédits. Le taux de capitalisation d’une entreprise importe plus que le montant de son capital.

Plus ce taux est élevé, plus la croissance des entreprises et l’emploi vont bon train, toutes autres choses que celles qui font obstacle à cette élévation étant égales par ailleurs.

— La publicité systématique de ce taux pourrait bien ne voir le jour que quand la maltraitance du placement en capital sera en voie de disparition. Les travailleurs et leurs avocats qui sous-estiment les retombées négatives de cette maltraitance sur l’emploi et les rapports avec les employeurs ne voient pas à côté de quoi ils passent. Il en va de même des consommateurs et de leurs avocats.

Mobilisation générale

Une conséquence est que le placement en capital social ne procure au mieux à l’épargnant qui y procède qu’une fraction des pouvoirs qui lui reviennent quand il y a, sur ce point, plein respect de la logique de l’échange marchand.

— Faisons attention à cet argument, dont j’ai agité le chiffon en parlant d’échange plénier. Le résumé que tu viens d’énoncer a de quoi laisser sceptique. Le plein respect de la logique de l’échange du placement en capital contre sa rémunération, qu’est-ce à dire concrètement ?

Tu as raison. Pour qu’il y ait un jour une mobilisation générale sur la création d’emplois par un vif et durable regain du placement direct d’épargne en capital, il faut un changement de doctrine sur le profit et le modèle actionnarial. Attachons-nous à faire aisé à comprendre qu’un nouveau capitalisme est possible.

— Possible et socialement de rang supérieur. L’affairisme, avec ce qu’il comporte d’attentatoire au bien commun, n’est pas le nec plus ultra de l’économie de marché. Tout le monde le sait mais on est encore bien loin, en France, d’un consensus sur ce qu’il y a à soigner et comment le soigner.

Ae – Modèle actionnarial

Quel est le modèle actionnarial économiquement le plus pertinent du point de vue de l’intérêt général ? Des principes d’économie de plein-échange doivent comporter une réponse claire, concrète et convaincante.

Le plus favorable à l’emploi

— Le début de réponse qui s’impose logiquement aux autorités, et aux économistes, ne fait aucun doute. Le modèle actionnarial le plus pertinent est celui qui est le plus favorable à l’instauration du plein-emploi puis à sa restauration chaque fois qu’il est compromis.

Je reformule. L’offre d’emplois dépend beaucoup de la hauteur du taux moyen de capitalisation des entreprises[1]. C’est pourquoi le modèle actionnarial le plus pertinent est celui qui est le plus favorable à l’élévation de ce taux puis à l’évitement de son affaissement.

— Avançons. Il n’y a que le modèle actionnarial le plus ouvert à l’augmentation du nombre d’actions et, autant que besoin au cas d’espèce d’actionnaires, qui puisse avoir cette vertu. Il n’y a que lui, en effet, qui puisse drainer autant d’épargne placée en capital qu’il en faut au plein-emploi gagné sur les reconversions qu’imposent les évolutions techniques et les déplacements de courants commerciaux.

Libertés divergentes

Mais ce modèle ouvert est fermé au refus de dilution. Or il fait partie de la liberté de s’associer à titre commercial afin d’en tirer le plus-possible de plus-value.

— Il fait également partie de la liberté de s’associer à titre commercial sous une forme telle qu’il n’y a aucune plus-value à en attendre (ce qui ne veut pas dire aucune protection contre l’érosion monétaire).

Un instrument de l’exercice de cette seconde liberté est, nous nous en sommes déjà entretenus, les actions restituables, par distinction d’avec les actions négociables.

À l’encontre de l’usage

—Le modèle actionnarial le plus pertinent a une caractéristique, surplombante par rapport à la différence entre actions négociables et restituables. Mais elle est difficile à faire approuver par les décideurs tant elle va à l’encontre de l’usage.

Cette caractéristique est la pleine rémunération du placement en capital, à savoir la distribution aux actionnaires de la totalité de ce qui reste du bénéfice après intéressement au résultat des salariés.

— La distribution partielle de ce reste aux actionnaires, c’est bien admis, sans s’attarder à ce que cela comporte d’arbitraire et de néfaste à la concurrence car un chiffre clé s’en trouve manipulé par les conseils d’administration.

— En revanche, l’élimination de l’autofinancement par les bénéfices non distribués, ça ne passe pas.

— C’est jugé contraire à l’ordre, à la religion et à la science. Cela durera jusqu’à ce qu’il en soit dit qu’il y longtemps que tout le monde savait que c’est préférable.

Scénario de travail

Tu m’as dit qu’un scénario de travail qui t’attire est celui de la mobilisation générale. Comment vois-tu que nous puissions l’utiliser pour exposer nos propositions de dynamisation de la croissance par une réforme de la rémunération du placement en capital ?

Le scénario que je dis être celui de la mobilisation générale consiste à imaginer ce qu’un candidat à la plus haute fonction gouvernementale pourrait annoncer, puis une fois nommé faire, pour obtenir que son pays entre en économie de plein-échange à cause du mieux être et avoir que cela va lui procurer.

— Comment vois-tu que nous puissions nous livrer à cet exercice ?

— Je vais préparer un début de déclaration de mobilisation générale. Je te le lirai et tu réagiras. Puis si cet exercice nous semble fécond, nous le poursuivrons de la même façon.

— La magie du verbe ne se convoque pas sur un claquement de doigts. Essayons quand même. La frustration que les politiciens français procurent à leurs compatriotes et à maints autres Européens est trop grande pour dédaigner ce qui peut se révéler être à même de la faire reculer un jour.



[1] Voir dialogue précédent.

 

Af – Dette et croissance

— Alors, comment commence la déclaration de mobilisation générale ?

Voici : « Je veux d’abord exposer à mes compatriotes pourquoi et comment la France doit réduire puis contenir sa dette publique.

L’excès de dette publique

« La dette publique ne doit être qu’à raison de dépenses d’équipement, à l’exclusion de toute dépense de fonctionnement. Quand cette condition n’est plus remplie, l’excès de dette publique d’un pays étouffe la croissance de l’économie de ce pays, avec ce que cela comporte de négatif pour l’emploi.

« Les causes de cet étouffement n’ont rien de mystérieuses. L’une des plus importantes est la suivante. Davantage de dette publique nécessite davantage de placements en titres de cette dette. Par rapport à ce qui pourrait être sans cet alourdissement, il y a moins de placements en financements d’initiatives privées. Or, en dépit de ce que les antilibéraux se refusent à voir, ce sont ces initiatives privées qui, bien qu’elles ne soient pas les seules nécessaires au bien commun, sont par leur diversité, leur persistance et leur masse les plus déterminantes de l’essor durable de l’économie. Le retour à davantage de croissance qui, tôt ou tard, survient dans un pays dont la dette publique ne participe plus du tout au financement de dépenses de fonctionnement en atteste.

« Le premier large accord auquel j’appelle en matière économique est sur la raison principale, que je viens de résumer, de l’élimination, certes progressive mais à terme définitive, du facteur de ralentissement de la croissance que constitue l’excès de dette publique. Cette élimination est nécessaire afin que la France entre et reste dans le cercle vertueux du plein-emploi. »

L’autel de l’austérité

— Affirmer que « les initiatives privées, bien qu’elles ne soient pas les seules nécessaires au bien commun, sont par leur diversité, leur persistance et leur masse les plus déterminantes de l’essor de l’économie » suscite le regain des propos qui font le plus obstacle au libéralisme économique. Ton personnage ne peut pas l’ignorer.

— Ces initiatives sont, en effet, réputées avoir pour ressort la maximisation d’intérêts patrimoniaux qui compriment la progression du plus grand nombre des salaires et creusent des inégalités de revenu et de fortune. Mon personnage en est conscient et il va y venir. Pour l’instant, il poursuit ainsi :

« Ce qui est nécessaire n’est cependant pas pour autant suffisant. En l’occurrence, les générations en activité ne peuvent pas être sacrifiées sur l’autel de l’austérité, en expiation des facilités excessives que les prédécesseurs se sont accordés et en préparation d’un mieux pour les successeurs. Un regain de croissance peut être obtenu, et partant doit être obtenu, en même temps que le déficit public est allégé. Voici comment.

Une bonne nouvelle mais virtuelle

« Les entreprises de toute taille et de toute ancienneté sont d’autant mieux armées pour créer de l’emploi que dans leur financement la proportion de capital non seulement est élevée mais aussi est maintenue élevée au fur et à mesure de leur développement — et plus élevée encore aux moments où il leur faut se reconvertir, même en partie. Les syndicats de salariés qui privilégient davantage de crédit, et partant relativement moins de capital, dans le financement des entreprises défendent mal, sur ce point, les intérêts de leurs adhérents.

« Si, par un effort collectif dont je vais vous dire les principes, la proportion de capital dans le financement des entreprises françaises est nettement augmentée, cependant que les possibilités d’endettement à plus d’un an des entreprises restent inchangées en valeur absolue, alors en peu de temps le manque d’emplois commence à régresser et cette régression se poursuit tant que cet effort est maintenu.

— C’est une bonne nouvelle. Mais elle est virtuelle. Des habitudes de pensée et d’action bloquent sa réalisation.

2011

Bulletins 2011

152 - Lundi 24 janvier 2011, épisode 46

Erreurs à l'envoi du bulletin

Certains bulletins précédents sont restés bloqués dans une file d’attente informatique du site. Tous les destinataires l’ont-ils finalement reçu ?
Pour mémoire, le dernier bulletin est archivé à la section suivante du site :  www.atelierpaulfabra.org/B151. Cette section permet, en outre, d'accéder aux autres bulletins.

L’épisode 46

L’épisode 46 du feuilleton de science économique est le cinqième à porter sur le chapitre 6 sur le profit: : 6.5. La distribution de la totalité des bénéfices est sensée. L'expérience nous a appris que c'est un des points qui fait le plus de difficultés dans l'adoption des propositions de l'APF (Atelier Paul Fabra). Pour tous ceux pour lesquels la perrenité de l'entreprise passe par l'autofinancement, ce point reste incompréhensible. Mais le vrai financement libre des entreprises ne peut venir que des acteurs en dernier ressort de la vie économique, c'est à dire nous-mêmes (Voir les conséquences dans le point suivant sur le PS et l'IS).

Le PS et l’IS

En France, le Parti socialiste a mis à son programme un moindre taux d’imposition des bénéfices non distribués que des bénéfices distribués. C'est le contraire que propose l'Atelier Paul Fabra, l'objectif étant à terme la suppression des bénéfices non distribués conjointe à la suppression de l'impôt sur les sociétés. Considérer l'entreprise comme un sujet fiscal est, en effet, une fiction (voir la proposition 3.5).  Au final, ce sont les hommes et femmes, et les hommes et femmes seuls, qui sont imposables au titre de leur revenus (salaires ou dividendes).  Il en va rien de moins que des conditions du retour au plein emploi. Les raisons de fond qui justifient cette position feront l'objet du feuilleton de science économique, de mars à juillet de cette année.

Production de l’Atelier

La production en cours sur les établis de l’Atelier porte, et portera jusqu’en 2012 au moins, sur le contenu de la section Science économique du site. Cela fait, le contenu de la section Politique économique sera restructuré et augmenté.

A propos des « suites » de bulletins et de leur préparation 

La mention « Suite » en bas de bulletin a, par maladresse de ma part (DM), prêté à confusion. Il s’agissait non pas de la suite du bulletin mais de la matière des épisodes suivants du feuilleton de science économique. D’où, à partir de maintenant, le remplacement de la mention « Suite (n) » par « Épisodes suivants (n) ».
Cette mention, après initiales du ou des rédacteurs du bulletin, « Épisodes suivants », suivie entre parenthèses d’un chiffre, a pour but de permettre leur préparation. Il s’agit de permettre une relecture pour ajustement et simplification du contenu des bulletins. Paul Fabra, Antoine Lonjon, Jean-Bernard Mattret participent notamment à cette relecture quand leur emploi du temps le leur permet.

Le lien associé à cette mention ouvre la page du site où se trouve  la matière du prochain épisode. 

La relecture des bulletins à suivre est ouverte à tous les destinataires du bulletin. C'est un moyen dynamique de s'initier à l'économie politique objective.

DM & AL, Épisodes suivants (5)

 

153 - Jeudi 3 février 2011, épisode 47

Actualité

G20 : un jeu dangereux

Immobilier, matières premières

Je signe seul ce bulletin afin de pouvoir recommander vivement la lecture, en suite donnée à l’article de Paul Fabra du 7 janvier, du commentaire d’Antoine Lonjon.

Épisode 47

Qu’est-ce qu’un prétendu « capitalisme » fondé premièrement sur la plus-value et accessoirement sur le rendement ? Une économie qu’on soutient être « de marché ». Ce serait vrai si elle était le plus possible vouée au plein jeu des échanges marchands. Or, depuis plusieurs décennies, en bonne part sous l’impulsion des théoriciens de la « finance moderne », ce sont les transferts qui sont privilégiés par les « capitalistes » et les gouvernements. Plus-values et moins-values sont, en effet et parmi d’autres, des transferts alors que le rendement du placement en capital est, lui, la contrepartie d’un échange marchand renouvelé exercice après exercice. Mais, tel que nous avons été éduqués, il nous faut du temps pour habituer notre esprit à ces évidences. Avec la formidable contradiction d’un régime économique dit « capitaliste » alors que la publicité du taux de profit sur capital n’y est pas organisée – rien moins ! –, il y a dans ce qui aide de proche en proche à se rendre à ces évidences la proposition 6.6. La normalisation de la publicité des taux de profit sur capital améliore l’organisation du marché du capital.

Le premier plus de la qualité de sociétaire

Les sociétaires sont des destinataires du bulletin qui se sont inscrits afin de disposer d'un accès personnalisé qui, seul, affiche les commentaires et permet d'en ajouter (modération par le secrétariat de l'Atelier).

DM, Épisodes suivants (5)

154 - Mardi 15 février 2011, épisode 48

Rentabilité et profitabilité

Cette distinction est, à ce stade du feuilleton de science économique, en prévention d’un amalgame entre deux sortes de taux de profit. Nous verrons ultérieurement, à propos de la répartition du revenu global, que sa nécessité est beaucoup plus étendue. Mais, pour l’heure, acceptons en économie politique objective, EPO, de dire de l’un des taux de profit qu’il est une « rentabilité » et de l’autre une « profitabilité ».

Qui ?

Qui d’entre nous n’a ou n’aura pas dans son carnet d’@dresses des proches dont la formation secondaire ou supérieure n’a pas été au moins en partie à l’économie et « aux affaires » ? Et de responsables dont, à leur échelon, les raisonnements économiques importent ? Des élus de gauche et de droite dopés à l’EPO, peut-il y en avoir tant que des électeurs ne le réclameront pas ?

Inviter

La colonne de droite du site comporte l’option ° Envoyer un message d’invitation. Il s’agit de convier à prendre acte de l’existence de l’Atelier Paul Fabra et de l’offre qu’on y trouve sur son site www.atelierpaulfabra.org : se faire envoyer le bulletin et éventuellement s’inscrire en qualité de sociétaire, le tout gratuitement. Le contenu de ces messages, dits en informatique peer to peer, et le fait qu’ils aient été émis ne sont pas enregistrés dans la base de données du site.

Revue

Des articles datés vont continuer à se trouver en Publications / Revue du site de l’Atelier. Mais peu à peu vont apparaître des thèmes tels que, par exemple :  Économie politique subjective et objective / Publicités organiques. Ce sera autant de piles dans lesquels des notes sont accumulées et tenant chacune dans une seule page web. Les initiales du rédacteur de chacune de ces notes et la date de mise en ligne y figureront. Le bulletin informera de l’ouverture d’un thème ou de l’ajout d’une note.

Roland Verhille: Le mystère de l’argent chinois

DM & AL, Épisodes suivants (5)

155 - Lundi 28 février 2011, épisode 49

Le gouvernement ne sait pas créer d’emplois

Le renvoi à l’argumentation de ce fort juste jugement de Bernard Zimmern est accompagné de l’annonce sur ce que va être l’objet principal du bulletin pendant quatre mois. C’est à lire.

Publicités organiques

Une première description des « publicités organiques » prescrite par l'économique politique objective (EPO) est disponible dans la section Publications / Revue / Dossiers de la revue. Il était temps de le faire : l’épisode 49 du feuilleton de science économique met en avant l’une de ces publicités: de même que le système de poids et mesures physiques relève des autorités publiques, la publicité des taux moyens de profit sur capital incombe aux pouvoirs publics. C'est l'une des conditions pour l'établissement d'une véritable économie de marché.

Cherchons volontaire bénévole

L'objectif est rendre accessible sur le site en version bilingue les 55 pages des 8 sections de Capitalism with Capital: The Recipe for Full Employment écrit par Paul Fabra en 1994 – 20 ans après la première parution de L’Anticapitalisme / Essai de réhabilitation de l’économie politique. La langue dans laquelle traduire est, bien entendu, le français. Il est nécessaire d'avoir une traduction respectant le style utilisé par Paul Fabra. Le candidat traducteur bénévole aura avantage à avoit été un lecteur régulier de ses chroniques ou à avoir lu Le capitalisme sans capital, recueil paru en 2009 depuis 200 (décennie pendant laquelle Fabra est revenu plus qu’auparavant sur sa désapprobation du (maximum de) profit fait « but de l’entreprise » vraiment « capitaliste »).

DM & AL, Épisodes suivants (11 consécutifs, 12 avec 8.15)

156 - Vendredi 11 mars 2011 (épisodes 50, 1)

(Le premier numéro d'épisode est celui du feuilleton de science économique, le second du feuilleton de politique-fiction.)  

L’emploi

Avec le cinquantième épisode de notre feuilleton de science économique commence la série sur l’emploi. L’économie politique objective (EPO), ce produit de la voie rouverte par Paul Fabra, renouvelle si grandement l’analyse macronomique et le traitement politique de cette question lancinante qu’il sera justifié d’y consacrer au moins une douzaine d’épisodes d’affilée.

L’aspiration primordiale (1/2)

L’importance donnée pratiquement au plein-emploi est à l’image de celle qui lui est donnée conceptuellement. Comme toujours en raisonnement économique, le principal se joue avec les prémisses retenues. Entre l’emploi jugé comme une affaire importante ou comme une affaire primordiale, il y a plus qu’une nuance. En épisode 50, considérons donc d’abord les arguments 1 à 7 de la proposition 7.1.

Nouveau !

Lucien Contrepoint, dans son article C’est trop bon pour n’être publié que sur le site, a proposé de contribuer à la vulgarisation de l’EPO par des dialogues de politique-fiction. Dans le premier de ces dialogues, Nicolas S. et François F. entrent en scène...

Le combat de Charles

Sociétaire de l’Atelier, M. Charles, Thierry de son prénom, poursuit son combat pour qu’on arrête de maltraiter un large pan de la petite et moyenne industrie française. Il en appelle à un Davos de la sous-traitance et à la levée de la barrière abaissée par les donneurs d’ordre dans la répercussion de la hausse des prix des matières premières.

DM & AL, Épisodes suivants (11 consécutifs, 12 avec 8.15)

157 - Mercredi 23 mars 2011 (épisodes 51, 2)

(Le premier numéro d'épisode est celui du feuilleton de science économique, le second du feuilleton de politique-fiction.)

L'emploi : l’aspiration primordiale (2/2)

La satisfaction de l’aspiration économique socialement primordiale ne serait pas inscrite dans la dynamique de l’économie de marché. Il est couramment admis qu'il faudrait laisser les petits et moyens salaires s’établir à des niveaux assez bas pour que l’offre et la demande d’emplois s’égalisent. Lire l’argumentation de la proposition 7.1 à partir de son point 11.

Manifestation ostensible

Où la classe politique manifeste ostensiblement qu’elle ignore ce qu’il y a de mieux à faire pour relever la satisfaction de l’aspiration primordiale, objet des épisodes 50 et 51 de notre feuilleton de science économique. De son côté le point de vue du ministre tunisien Saïd Aïdi reprend l'idée que l'emploi est le produit de la croissance. Mais c'est là en trop grande part supposer le problème résolu. Il y a une autre approche qui n'a pas cette faiblesse logique. Les épisodes suivants vont l'exposer, pas à pas tant il est incroyable que le comblement de cette faiblesse soit à ce point tenu hors du champ du concevable et du réalisable.

Deuxième dialogue

Après l’entrée en scène de Nicolas S. et François F., la fiction annonce que la démonstration va commencer.

DM, AL & LC, Épisodes suivants (12 consécutifs, 13 avec 8.15)

158 - Lundi 4 avril 2011 (épisodes 52, 3)

(Le premier numéro d'épisode est celui du feuilleton de science économique, le second du feuilleton de politique-fiction.)

Affirmation

Notons A l’affirmation qui est le sujet de l’épisode 52 : les augmentations de capital sont le moyen le plus sain d'assurer l’augmentation du nombre d’emplois par les entreprises.

Rupture

Entre deux conceptions de l’économie de marché où l’affirmation A est tenue dans l’une pour auxiliaire ou fausse et dans l’autre vraie et principale, il y a rupture, c’est-à-dire différence de nature et non pas seulement de degré, dans la manière de penser et de pratiquer « le capitalisme ».

Troisième dialogue

Nicolas S. lit et commente la fiche que François F. s’est engagé à lui rédiger au cours de leur entretien précédent. Rien que le titre de cette fiche est une perspective à laquelle personne ne peut être indifférent : Faisons place à une autre rupture.

Léon Say

Pas plus au temps de la vie publique de l’économiste et politicien français Léon Say (1826-1896) qu’aujourd’hui, l’époque n’est révolue des mises au point sur le libéralisme économique. Sur ce même thème, Le Cercle Les Echos a fait paraître de Roland Verhille Le capitalisme : libéral ? Ultralibéral ? Régulé ?

LC, AL & DM, Épisodes suivants (12 consécutifs, 13 avec 8.15)

159 - Samedi 16 avril 2011 (épisodes 53, 4)

Le premier numéro d’épisode est celui du feuilleton de science économique, le second du feuilleton de politique-fiction. Chaque bulletin est une invitation à entreprendre ou à poursuivre l’étude du traité en cours d’édition, à partir de son début et, eu égard au temps que cela prend, à petite vitesse.

Interface

Dans de nombreux logiciels, un clic sur une option d’une barre de menus fait se dérouler une liste de choix. Sur le site de l’Atelier, comme désormais en d’autres logiciels d’édition (au sens français de ce mot), c’est maintenant un survol qui provoque le déroulement et le titre du menu déroulé est lui-même une option (ce lien pour le constater)

Un épisode pour réviser

L’épisode 4 du feuilleton de politique-fiction revient sur le moyen le plus sain d’augmentation de l’emploi par les entreprises.

Un épisode pour avancer

Une conséquence de ce fait est l’objet de l’épisode 53 du feuilleton de science économique : cette dernière n’est faite aussi objective et utile que possible qu’en prenant en compte la relation certaine entre le stock national de capital et l’état de l’emploi.

Matières premières

Thierry Charles, dont le livre Plaidoyer pour la sous-traitance industrielle paraîtra prochainement chez L’Harmattan, attire notre attention sur le verre à moitié plein de la stratégie française.

LC, AL & DM, Épisodes suivants (12 consécutifs, 13 avec 8.15)

160 - Jeudi 28 avril 2011 (épisodes 54, 5)

Chaque bulletin est une invitation à poursuivre ou entreprendre l’étude du traité en cours d’édition, à partir de son début mais à petite vitesse faute de disposer de plus de temps à y consacrer maintenant.


Un épisode pour avancer

L’épisode 54 du feuilleton de science économique attire l’attention sur le fait que le niveau de stock national de capital peut être le déterminant principal du stock d’emplois.

Ce constat permet d'ouvrir la porte à une politique de l’emploi efficace et économe en impôts et emprunts publics. Un telle politique rétablirait de même une autorégulation de l'économie actuellement par trop entravée, comme s’il importait avant tout de maintenir l’économie ainsi que le corps social sous perfusion gouvernementale.

Un épisode pour réviser

L’épisode 5 du feuilleton de politique-fiction aide à prendre conscience que l’économie de marché dans laquelle nous vivons, et qui pour la plupart d’entre nous est de plus en plus loin d’être optimale, procède largement d’un secret de famille.

Agissons

Verhille, merci Roland, commente un article qui se trouve au-dessus de la partie de page à laquelle ce lien conduit : Capitalisme contre capitalisme.

Michaut voit plus que des grains de sable dans la mécanique financière et tire de ce qu'il rapporte une invitation à l'action : Un tel enchaînement d'avaries appelle une rupture


LC, AL & DM, Épisodes suivants (12 consécutifs, 13 avec 8.15)

161 - Mardi 10 mai 2011 (épisodes 55, 6)

Chaque bulletin est une invitation à poursuivre ou entreprendre l’étude du traité en cours d’édition, à partir de son début mais à petite vitesse, faute de disposer de plus de temps à y consacrer maintenant et pour laisser à l’œil le temps de s’accoutumer.

L’épisode 6

C’est l’épisode du feuilleton de politique-fiction, pour réviser et rattraper le retard.  François remplace EPCE par E’PCE’’ et use d’un tropisme de Nicolas : du volontarisme, en voici.

L’épisode 55

C’est l’épisode du feuilleton de science économique. Il porte sur le renforcement du lien entre le flux de profit P et le stock national de capital C : la variation du taux de profit sur capital participe à la variation du stock national de capital.

Disponible en librairie

De Thierry Charles : Plaidoyer pour la sous-traitance industrielle. Nous y reviendrons par un compte-rendu de lecture.

LC, AL & DM, Épisodes suivants (12 consécutifs, 13 avec 8.15)

162 - Lundi 23 mai 2011 (épisodes 56, 7)

Chaque bulletin est une invitation à poursuivre ou entreprendre l’étude du traité de sciences économique en cours d’édition..

Science économique - épisode 56 : l’état de l’emploi

Selon que l’emploi s’éloigne ou se rapproche du plein-emploi, le taux moyen de profit sur capital tend à s’élever ou à s’abaisser. Mais les procédés économiques actuels - d'imposition des bénéfices des entreprises, d'intermédiation de la détention du capital entre autres - ont pour effet de bloquer les mécanismes d'ajustements de la relation emploi-profit-capital. Seul un abandon de ces procédés permettrait de vérifier à grande échelle et sur longue période que l’état de l’emploi tend à être un déterminant principal de la variation du taux moyen de profit sur capital.

Politique fiction - épisode 7

Relation emploi-profit-capital  : Là le laisser faire s’impose.

 

LC, AL & DM, Épisodes suivants (12 consécutifs, 13 avec 8.15)

163 - Samedi 4 juin 2011 (épisodes 57, 8)

Chaque bulletin est une invitation à poursuivre ou entreprendre l’étude du traité en cours d’édition, à partir de son début mais à petite vitesse faute de disposer de plus de temps à y consacrer maintenant.

Chiffres à méditer

Thierry Charles, dès le début de son Plaidoyer pour la sous-traitance industrielle (L’Harmattan, avril 2011), donne les chiffres suivants : ces dix dernières années, la France a perdu quelque 500 000 emplois dans l’industrie, qui n’occupe désormais plus que 13 % de la population active, contre 16 % il y a encore dix ans. Le poids de notre industrie dans les exportations européennes a chuté de 25 % pendant la même période (pages 19 et 20).
Quelles réformes systémiques sont à même de redresser l'économie du pays ?

Science économique - épisode 57: réformes systémiques

L’épisode 57 du feuilleton de science économique révèle les réformes systémiques rendant la relation EPCE plus efficiente.

Politique fiction - épisode 8 : refondation du capitalisme

Les projets de transformation ne peuvent être réalisés que s'ils prennent en compte l'environnement dans lequel ils s'exercent. L'épisode 8 du dialogue de politique-fiction situe l’une des marges de manœuvre dont un gouvernement dispose pour promouvoir une refondation du capitalisme.

 

LC, AL & DM, Épisodes suivants (12 consécutifs, 13 avec 8.15)

164 - Jeudi 16 juin 2011 (épisodes 58, 9)

Chaque bulletin est une invitation à poursuivre ou entreprendre l’étude du traité en cours d’édition, à partir de son début.

Interpénétration

Déjà présent sous la plume de Ricardo, le terme « économie politique » est utilisé comme le synonyme de « science économique ». L’économique et le politique s’interpénétrent de fait. Les problèmes économiques n’ont de vraies solutions que par la prise d’initiatives politiques. Les problèmes politiques n’ont eux-mêmes de vraies solutions que si elles sont économiquement de bon aloi.

Emploi et croissance

L’épisode 58 du feuilleton de science économique affirme que, par la relation EPCE, l’économie de marché comporte un dispositif permanent de relance et de création d’emplois. Il y a là bien plus qu'un détail, mais il manque encore la volonté politique pour faire fonctionner à plein régime ce dispositif. Il est aujourd'hui en mauvais état par une incurie dont les indignés ont la prescience.

Organisation et réalisation

Pour que les problèmes économiques de l’emploi et de la croissance soient traités au mieux, le politique doit se centrer sur des questions d’organisation des marchés et laisser à la société civile la charge de la réalisation de la croissance qui lui convient. Du coup, le politique y trouve de quoi reprendre un souffle jugé trop court par le corps électoral.

Tirant parti de ces constats, l’épisode 9 du feuilleton de politique-fiction prescrit un scénario de campagne présidentielle (à quand le « Françaises, français, je vous félicite pour le dynamisme que vous avez insufflé à l’économie de notre pays » ?).

LC, AL & DM, Épisodes suivants (12 consécutifs, 13 avec 8.15)

165 - Mardi 28 juin 2011 (épisodes 59, 10)

Ce bulletin est l’avant-dernier de la série traitant du chapitre 7, L’emploi, section [Science économique]. Avant de passer au chapitre 8, La répartition, et par conséquent aux épisodes suivants des deux feuilletons, nous espérons pouvoir consacrer plusieurs numéros de suite à Paul Fabra en cet été 2012. Le prochain bulletin, à paraître le 9 juillet, en dira plus à ce sujet.

Science économique

David Ricardo notamment a fait grand cas de la tendance à l’égalisation des taux de profit sur capital au sein de chaque économie nationale. Nous soutenons la thèse que, pays par pays, la relation EPCE et la tendance à l’égalisation des taux de profit sont liées : du bon ou mauvais fonctionnement de la relation EPCE dépend une plus ou moins grande tendance à l’égalisation des taux de profit. Par son appariement avec la relation EPCE, la tendance à l’égalisation des taux de profit est ainsi partie prenante à l'établissement du plein emploi .

C’est cette thèse de bon sens à laquelle se réfère l’avant-dernière proposition du chapitre sur l’emploi : trois réformes qui rendent la relation EPCE plus efficiente renforcent la tendance à l’égalisation des taux de profit sur capital.

Politique-fiction

Lucien Contrepoint poursuit son plaidoyer en faveur de la prise en compte explicite par un gouvernement national de la relation EPCE, quitte à se lancer dans la promotion de cette innovation politique sur le mode impératif.

Brève histoire de la comptabilité

Roland Verhille résume ce qu’a été le produit de sa recherche historique de théoricien de la comptabilité et son jugement sur l’évolution de cette discipline ces dernières décennies. Lire cet article.

LC, AL & DM, Épisodes suivants (16 consécutifs)

166 - Samedi 23 juillet 2011

Amorçage

L’amorçage du flux d'interventions écrites de Paul Fabra, rappelant et enrichissant par touches successives ses positions et prescriptions, est en cours. Le moment venu, plusieurs moyens de signalement de chacune de ces interventions seront utilisés et leur archivage facilitera la consultation de leur suite.

Suspension

Du 24 juillet au 23 septembre, l’envoi du bulletin est suspendu. C’est, entre autres raisons, pour consacrer plus de temps au choix, pas encore vraiment arrêté, des dispositifs de signalement et d'archivage dont il vient d’être question.

AL & DM

167 - Jeudi 29 septembre 2011

Face à la crise

Dans Pour un modèle de sortie de crise : la relance par le capital, l’Atelier Paul Fabra, par la voix d’Antoine Lonjon, commence par dresser un constat. Il y a, au moins, « une faille majeure dans le raisonnement économique contemporain ». L’ampleur du désarroi sur les orientations à prendre pour se sortir au moins mal de la crise en cours est à la hauteur des erreurs de jugement commises.

Et si l’on s’était lourdement trompé ?

La question posée par Éric Le Boucher dans Les Echos du 23 septembre 2001 — Et si l'on s'était lourdement trompé ? Les politiques de relance de 2008-2009 ont stoppé la chute de nos économies mais n’ont pas entraîné leur remontée — est édifiante, voir pathétique. Mais voilà ! Éric Le Boucher termine sa chronique en nous appelant à prendre conscience du « problème d’un État providence qui est sapé dans ses tréfonds par la mondialisation, l'individualisme et le grippage des mécanismes de la redistribution ». Si cette sape a en réalité pour cause majeure une erreur de raisonnement sur le ressort naturel de l’économie de marché, et partant sur sa dynamique sociale naturelle (le plein emploi et l'élévation des revenus), c’est le tréfonds du catéchisme en vigueur qui est à changer.

Le bien public de l’organisation de l’économie

Certains adeptes du grand soir aimeraient jeter le bébé avec l’eau du bain. L’économie de marché, sans laquelle certaines libertés fondamentales sont bafouées, est bien évidemment un acquis à conserver. Mais il y a un grand ménage à faire dans les idées qui ont configurée l'économie. Ces dernières décennies celle-ci est devenue bien trop financiarisée, bien trop inégalitaire et bien trop impotente sur le front de l'emploi. C’est certes à des économistes que ce grand ménage incombe. Cependant, ils ne peuvent ni ne doivent être seuls à se prononcer. L’organisation de l’économie est un bien public : la vie de tout citoyen en est affectée. En dépit de ce qu’on dit être la dictature des marchés, le législateur a la haute main sur cette organisation.

Le ressort naturel de la relance par le capital

C’est à force de croire que la demande est le ressort naturel de la croissance économique qu’il est devenu de plus en plus périlleux, puis en maints pays impossible, de soutenir cette même demande par un accroissement sans fin de la dépense publique et des dettes. La banqueroute guette !

L'Atelier Paul Fabra indique une autre voie : celle d'une relance par le capital, c'est à dire par la remise en place du circuit de l'épargne vers le capital social des entreprises ; là réside le ressort naturel de l’économie de marché.

Les prochains bulletins reprendront, à partir des arguments mis en avant par Antoine Lonjon, les propositions de réformes rétablissant la voie de relance par le placement d’épargne en nouveau capital social. Ces propositions sont porteuses en elles-mêmes d'une redynamisation de l'activité aujourd’hui encore insoupsonnée.

La refondation sociale de l’économie de marché

Opter pour l’économie de marché plutôt que pour l’économie planifiée c'est renoncer à la fiction qui rend nécessaire de corriger l'économie à coups de subventions et de redistributions. Certains politiques veulent en faire leurs choux gras. En vérité, il y a tout lieu de penser que l’économie de marché peut être organiquement orientée vers le plein emploi et vers la maximisation du revenu total du travail.

C’est pourquoi, après la série des bulletins sur le thème de la relance par le capital en viendra une autre sur le thème de la refondation sociale de l’économie de marché.

Une fin qui va d'elle-même

La théorie de l’économie politique objective montre qu'il existe des solutions structurelles aux plus lourds de nos problèmes économiques. La première tâche à accomplir est de bien exposer et expliquer les tenants et aboutissants de ces solutions. Au delà des explications, l'objectif à atteindre est clair : faire en sorte que les réformes d’organisation économique qui mettront ces solutions en œuvre en viennent à être soumises au verdict des urnes.

168 - Vendredi 30 septembre 2011

Correctif

Il nous est signalé à plusieurs reprises que les deux liens qui se trouvent dans le bulletin 167, daté du jeudi 29 septembre 2011, ne fonctionnent pas. Pour le premier de ces liens, c'est à cause d'une adresse qui ne convient pas à partir d'un courriel. Nous nous en excusons. Pour l'autre lien, il semble que cela puisse être dépendant de la configuration du logiciel de courrier électronique utilisé...

Précédée de http://, l'adresse www.atelierpaulfabra.org/B167 met sur la page du site à partir de laquelle ces deux liens fonctionnent. Cette adresse est utilisable, avec son préfixe http://, dans le champ de recherche directe de n'importe quel navigateur (Firefox, Google Chrome, Internet Explorer, etc.).

Les configurations des logiciels de courrier électronique sont, en bonne part, indéchiffrables pour la plupart des utilisateurs.  Nous allons voir comment faire en sorte que le bulletin de l'Atelier en soit moins dépendant.

 

169 – Samedi 5 novembre 2011

Réagissons constructivement

Le mal à traiter est, plus évidemment aujourd’hui qu’hier, financier et autrement économique.

Les traitements efficaces existent

Les deux contributions auxquelles la fin de ce bulletin renvoie font valoir qu'il existe des traitements efficaces de ce mal. Ces traitements vont à l'encontre de la médecine désastreuse actuellement appliquée à nos affaires économiques.

La manière efficace d'en détourner existe aussi

La cybernétique de l'économie moderne et l'alchimie de la finance moderne forment une machinerie si complexe et amoral que le bon sens et le bien commun ne sont plus mobilisables. Autrement dit : circulez braves gens, on s'en occupe, faites-nous confiance. Des jeunes aux vieux, nous sommes, de fait, détournés d'une façon de réagir constructivement.

Se faire un devoir d’approuver

Résistons. Face à des contributions substantielles, manifestons d’une façon ou d’une autre ce que nous y approuvons prioritairement. Outre que c’est un encouragement à ceux qui se coltinent bénévolement le travail d’innover et de rénover en matière de traitement des pathologies économiques collectives les plus invalidantes, c’est un apport à la constitution du courant d’opinion réformiste qui a manqué de hauteur de vue et d'une assez large assise sociale face au risque de ces pathologies sur lesquelles il semble bien, grande bonne nouvelle, que la classe politique soit bien moins démunie qu'elle et le corps social l'estiment.

Contribution 1 : http://www.atelierpaulfabra.org/PuRev20111105Bichot
Contribution 2 : http://www.atelierpaulfabra.org/PuRev20111105Rpp

170 - Vendredi 25 novembre 2011

Propositions majeures

Octobre 2011 a été, pour l’Atelier Paul Fabra, celui de la production, à partir d’une matière accumulée pendant des années et des années, de Propositions majeures de politique économique.

La structure de la section Politique économique du site va être modifiée en conséquence. En attendant que cela soit fait, les destinataires du bulletin peuvent commencer à prendre connaissance de ces propositions majeures.

Qui le fera en scrutant assez attentivement l’Introduction de cet ouvrage, petit par sa taille et grand par son ambition, constatera que l’édition en préparation d’intégration sur le site comporte un dispositif de notes complémentaires rédigées à trois fins :

  • montrer en un minimum de mots que les propos tenus ont une profondeur et une originalité qui aident à comprendre pourquoi ils ne sont hélas pas encore ou trop accessoirement orthodoxes,
  • faire que cette édition se suffise le plus possible à elle-même au regard des questions qu’elle conduit son lecteur à se poser,
  • rendre cette même édition exploitable lors de séminaires d’évaluation des analyses et des prescriptions exposées par cet ouvrage et retenues pour ce qu’elles comportent de durablement vrai et essentiel.

Mener à bonne fin ce travail d’édition va s’étaler sur plusieurs mois, voire plusieurs trimestres. La matière est prête et la façon de l’exposer est maintenant satisfaisante. Mais nous voulons y apporter beaucoup de soin.

Finances publiques et chômage

Il ne fait aucun doute que l’accumulation de déficits publics est une cause de chômage. Encore faut-il en convaincre la classe politique et l’opinion publique. Des considérations mises en avant dans nos propositions majeures de politique économique y aident. Un article de Jean-Bernard Mattret, reprenant à cette fin des vues avancées par Paul Fabra, va dans le même sens. C’est toutefois sans faire état, dans cet article, de la conciliation, possible et ô combien désirable à tout point de vue, de la relance par de l’épargne directement placée en capital nouveau avec, simultanément, la baisse des dépenses publiques.

DM & AL

171 - Mercredi 7 décembre 2011

Un capitalisme nouveau

Avertissement

Ces derniers temps, les liens qui figurent dans le bulletin tel qu’il arrive par courriel à ses destinataires sont souvent défectueux. Au moins jusqu’à la certitude que ce n’est plus du tout le cas, des notes de bas de page vont maintenant comporter l’adresse en clair correspondante. Si le lien ne fonctionne pas, le collage de cette adresse dans le champ d’adressage d’un navigateur web pallie ce défaut, quel que soit le navigateur utilisé (Internet Explorer, Google Chrome, Mozella Firefox, autres).

Un autre moyen, plus simple, est de se rendre sur le site[1], d’amener le pointeur de la souris sur l’option Publications du menu horizontal, puis sur l’option Bulletin et, là, de cliquer sur Dernier bulletin.

C’est fait

La section Politique économique[2] a été restructurée : voir, si ce n’est pas déjà fait, sa première page de garde puis les deux suivantes.

Cela va être fait

Ces trois pages de garde résument ce qui va être fait, conjointement dans cette section et par le bulletin : exposer plus avant des caractéristiques principales d’un capitalisme nouveau, dont en matière budgétaire une solide « règle d’or renforcée et harmonisée » et en matière de relance deux pleines rémunérations : celle de l’épargne directement placée en nouveaux titres de copropriété d’entreprise, celle du travail.

DM & AL



[1] www.atelierpaulfabra.org

[2] www.atelierpaulfabra.org/Pm

 

172 - Mercredi 21 décembre 2011

Politique monétaire

Le plus sûr moyen d’accélérer la chute : ce pourrait être le titre, ou une partie du titre, de l’analyse la plus récente (octobre 2011, en anglais) par Paul Fabra de la politique de la banque centrale américaine et, partant, des pressions exercées, de l’extérieur et de l’intérieur de l’Europe, afin que la « crise de l’euro » soit traitée par les européens de la même manière :

No Exit for the FED; Nor for the ‘Twist’, No for the QE

Ce texte fait référence à trois chroniques parues dans Les Echos. Les liens ci-dessous donnent accès à chacune de ces chroniques :

02/12/2002 - L’incroyable message d’un membre de la FED

20/06/2003 - La route de l’inflation est toute tracée

15/09/2009 – La dette publique, barrière artificielle contre l’hyperinflation [4]

Compte-tenu de ce que l’Atelier met en avant en matière de politique économique, nous soulignons notamment, dans le texte en anglais de Paul Fabra :

‘Sustained liquidity has much to do with a twin restoration: a balanced budget for the government, and the promotion of unleveraged equity capital as the main source of finance for the economy, including banks.’

‘Modern economics completely fails to acknowledge that inflation (including bubbles) and deflation are twin effects at different stages of the same pathology: universal addiction to debt, a highly inferior substitute both for capital (economic activity) and for taxation (state).’

DM, AL

Dossiers de la revue

Un dossier de la revue est une page dans laquelle des notes sur un même thème sont accumulées. Les thèmes seront ce que le tâtonnement en fera en fonction de deux buts : faire face à des obstacles qui amoindrissent la force motrice du courant d'idées économiques exposées dans les sections Science économique et Politique économique, préparer des prises d'initiative favorables à la pérennité et la notoriété de la production de l'Atelier. L'entête de chaque note sera la date de sa rédaction et les initiales de son rédacteur. Chaque dossier étant ouvert à commentaires, ces derniers seront un moyen mis à la disposition de tout sociétaire de l'Atelier pour verser des pièces à ce dossier, par le truchement du secrétariat qui a pour règle de motiver par courriel ses suppressions de commentaires.

Ecosubjectivisme, écosubjectiviste / écobjectivisme, écobjectiviste

11 avril 2011, DM

Néologismes assemblés au moyen du préfixe « éco », d’économie, et des substantifs :

  • subjectivisme au sens d’inclination à théoriser l’économie à partir de la subjectivité, présumée par celui qui théorise, des acteurs de la vie économique et, partant, sans s’en tenir à ce qui est spécifique à la pratique des échanges et transferts de propriétés cessibles (des échanges marchands et des transferts de termes de ces échanges) ;
  • subjectiviste au sens de partisan ou utilisateur de ce subjectivisme ;
  • objectivisme au sens d’inclination à théoriser l’économie à partir de ce qui est objectivement spécifique à la pratique des échanges et transferts de propriétés cessibles (des échanges marchands et des transferts de termes de ces échanges) ;
  • objectiviste au sens de partisan ou utilisateur de cet objectivisme.

Depuis la suspension de la convertibilité du dollar et la fin des trente glorieuses dans les années 1970, puis l’essor de l’endettement et des finances modernes dans les années 1980, l’ai du temps a été plus chargé que ce n’était auparavant le cas d’écosubjectivisme. Beaucoup de ce qui au présent pourrait être mieux vient de là.

Philosophie politique

11 avril 2011, LC

En fin d’un entretien téléphonique sur le programme dont il a été le rédacteur en chef, un homme politique, en réponse à la question : « En résumé, pourquoi faites-vous de la politique ? » a eu ce cri du cœur : « Pour changer la vie des gens ! ».

Une autre réponse est bien plus accordée aux lois organiques naturelles de la démocratie et de l’économie de marché : pour que la puissance publique rende toute la confiance qu’elle doit à la population, notamment quant à l’aptitude de cette dernière à tirer le meilleur, de son point de vue à elle, de ces lois organiques.

Changer la vie des gens se réalise forcément en passant par des appareils. Mais alors il y a non moins forcément duperie car tout appareil est d’abord au service de ses propres fins quand les lois organiques naturelles de la démocratie et de l’économie de marché sont interprétées par lui.

L’écosubjectivisme fait passer pour avérée son interprétation de ces lois. Le « changer la vie des gens » restera une conséquence logique de ce travestissement tant qu’assez d’écobjectivisme n’y aura pas mis bon ordre. L’avenir de la pensée économique est le notre (Fabra).

Publicités organiques

DM, 25 février 2011

Autour de 1800, l’adjectif « organique » a commencé à être aussi employé en français dans le sens de « En législation, loi organique, loi fondamentale qui organise une institution quelconque » (Littré, édition de 1878) ; « Qui a rapport à l’essentiel de l’organisation d’un État, de la constitution d’un traité » (Le Petit Robert 2009 ; noter à plus d’un siècle d’intervalle la progression de l’étatisme dans l’esprit des rédacteurs de dictionnaires de langue française).

En économie politique objective (EPO), nous convenons d’appeler « publicités organiques » celles qui contribuent à l’organisation d’un marché et plus généralement de la vie économique (des transferts, dont les impôts, font que l'économie a un périmètre plus étendu que celui des marchés) – celles qui touchent à l'essentiel de l'organisation d'une économie.

L’intense publicité grand public des variations des indices boursiers est organique cependant qu'il est douteux, très douteux, que cette intensite soit un progrès. L’absence de publicité par les pouvoirs publics, qui seront relayés par les médias grand public quand cette lacune sera comblée, des taux moyens de profit sur capital (toutes entreprises, par secteur d’activité), est organique. Le comblement de cette lacune le sera tout autant.

Il est fort significatif qu’il n’existe aucun grand débat entre économistes, avec échos sur la place publique et interventions venant d'elle, concrétisé par des essais dont il est fait état dans les allées du pouvoir, sur les publicités organiques en économie normale. C'est comme si tout était dans ce domaine pour le mieux dans le meilleur des mondes, ce qu’il est d’autant plus grotesque d’envisager que des prix Nobel d’économie distinguent les auteurs de travaux sur les « dissymétries d’information » entre les acteurs de marché parce que la concurrence a été postulée pouvoir être « pure et parfaire » (Walras), ce qui même sur le plan strictement théorique est méthodologiquement (= épistémologiquement) insensé.

Répété de génération en génération, l'exercice académique des hypothèses imaginées pour canaliser un raisonnement mathématiquement épatant, au sens premier de cet adjectif, finissent par stériliser le bon sens dont il faut faire preuve pour ajuster un dispositif concret et efficient de publicités économiques organiques. Quand il y a des dysfonctionnements économiques graves, mieux vaudrait que ce soit comme par réflexe que des caractéristiques du dispositif actuellement en usage soient mises en cause. 

Entrer en champ de recherche du site la chaîne de caractères [Publicités organiques] (sans les crochets) donne accès à ce qui été jusqu’à présent indexé sur ce thème.

Théorie de la valeur

01/03/2011, DM

Une théorie de la valeur fait partie des fondements de l’économie politique objective. Reposant sur la distinction entre valeur d’usage et valeur d’échange, introduite à notre connaissance dans la pensée économique par Adam Smith dans un passage incidemment soumis à la sagacité du lecteur, cette théorie tient en peu de propositions :

  1. Toute chose a une valeur d’usage, ou utilité.
  2. Seules les marchandises et les monnaies ont une valeur d’échange en contrepartie d’une propriété cessible.
  3. Les monnaies sont des instruments dont la valeur d'usage est réduite au fait d'avoir une valeur d'échange. S'il y a un grand tas de billets ayant cours sur la table, il n'entre pas dans son usage conforme à la raison d'être de l'un de ces billets de servir à faire du feu, tapisser les murs, emballer des objets fragiles, etc., ce qui somme toute et force de la loi à l'appui fait du signe monétaire un objet dont la valeur d'usage est réduite à la valeur d'échange. C'est au point que toute théorisation qui amenuise cette évidence, ou à plus forte raison la contredit en voyant dans la monnaie une marchandise comme les autres, est dès ses prémisses, aussi mathématisée qu'elle ait été faite, paralogique et idéologique.
  4. Un déterminant commun de toutes les valeurs d’échange en contrepartie d’une propriété cessible, ou valeur d’échange marchand, ne peut pas être postulé car cela revient à en préjuger et à enfermer dans une pétition de principe qui maintient l'économie politique en l'état de la chimie du temps du phlogistique.
  5. Ce déterminant existe si, et si seulement, l’étude catégorie après catégorie de marchandise de la formation de leur valeur d’échange l’établit.
  6. Que ce déterminant n’existe pas ou qu’il existe ne modifie rien d'essentiel, voire rien du tout, à la pratique des échanges marchands dès lors que cette dernière est consciemment gouvernée par la rétroaction naturelle EPCE, chapitre 7 ; la répartition également naturelle du revenu global, chapitre 8 ; la répartition du revenu total du travail en salaires par groupes de qualifications professionnelles et individuelles, chapitre 9.
  7. Accréditer un déterminant commun ou principal des valeurs d'échange marchand autrement que de la manière indiquée en 5 a la conséquence méthodologique préalablement indiquée en 4, ainsi qu'en 3 quand monnaies et marchandises sont mises sur le même plan. Avec la rareté, c'est à une scientifiquement scandaleuse accréditation de ce genre, contrevenant à la recherche de la vérité et propageant du faux, que l'enseignement de l'économie procède. Dans ce qui suit en étayage de cette critique les mises en caractères gras sont mon fait. Dès les premières pages du premier chapitre de son Économie politique, première édition en 1955, celui qui a été dit être dans les années 1970 « le meilleur économistes de France », jugement qui lui a valu d'être premier Ministre (1976-1981), le professeur Raymond Barre assène : « L’activité humaine présente un aspect économique quand il y a lutte contre la rareté ». Dès les premières pages du premier chapitre de L’Économie pour les nuls, première édition en 2007, le professeur Michel Musolino assène : « Sur terre la gratuité n’est plus de mise depuis qu’Adam et Ève ont été chassés du paradis terrestre et chaque satisfaction semble devoir se payer [depuis que l’homme, ayant mangé le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, porte en son for intérieur le tribunal de sa conscience, est-il permis de considérer]. Les économistes ont donné un nom à cette malédiction : la rareté. Voilà le concept de base de l’économie, et il est bien simple : il n’y a pas sur terre, à l’état de nature, assez de biens, de ressources, pour satisfaire tous les besoins des hommes ». En fait de malédiction, il y en a en cette affaire deux. Une ressource naturelle, « facteur de production », est sans limite assignable et cela suffit à repousser la malédiction préjugée de la rareté universelle : l’intelligence humaine. Nos professeurs d’économie restent en grande majorité sous le coup d'une malédiction les ayant faits régresser par rapport à Ricardo qui, lui aussi dès les premières pages du premier chapitre de ses Principes, a formellement réfuté la thèse de la rareté élevée au rang de cause universelle des valeurs d’échange marchand. Idéologie, quand tu nous tiens...

À propos d’une valeur d’échange marchand et à plus forte raison de la valeur d’échange idem, l’expression « valeur-travail » est impropre parce que le travail en tant que dépense d’énergie humaine n’est jamais une marchandise, seul le travail en tant que produit de cette dépense – travail-ouvrage – étant susceptible d’en être une. En revanche, l’expression « valeur objective d’échange marchand » est sensée chaque fois que le réel ou le réalisable dont il est question s’y prête. Quand c'est le cas, le principe aristotélicien de l'égalité de l'échange marchand  est conceptuellement respecté. Pratiquement, il tend à l'être d'aussi près que possible quand les conditions qu'il revient à la théorie des valeurs d'échange marchand de spécifier sont remplies, étant entendu que cette théorie est celle des prix et non pas du prix.

Dans cet effort de spécification et de concrétisation, gardons toujours présent à l'esprit que la marchandise primaire est le travail en tant que produit d’une dépense d’énergie humaine – travail-ouvrage –, ainsi que Ricardo en a eu très manifestement conscience même s’il n’a pas su (avant de mourir prématurément d’une otite) : 1)  accorder son vocabulaire avec ce constat initial et final afin que la postérité voit que l’expression « valeur-travail », dont il n’use pas, est impropre alors que celle de « valeur objective d’échange marchand » est recevable chaque fois que le réel ou le réalisable dont il est question s’y prête ; 2) montrer de façon incontournale par cette même postérité que le revenu du travail, salarié par salarié, est le produit de deux répartitions dont l’une forme le revenu total du travail, chapitre 8, et l’autre l’inégalité des salaires, chapitre 9.

2010

Liste des bulletins de l'année 2010.

150 - Mercredi 29 décembre 2010, épisode 45

Nécessité du profit

Le profit a, lui aussi, pour nécessité celle du service dont il est la contrepartie marchande.

Sept à douze

Sept a été le nombre de chapitres du traité de science économique en cours de montage sur le site. Douze est le nouveau nombre.

Cela permet de réduire à un seul substantif chacun des titres. Du coup des « chemins d’URL » perdent leur caractère significatif. Antoine pense qu’il trouvera un moyen en partie automatisé d’élimination de cet inconvénient.

DM

 

148 - Lundi 6 décembre 2010

Bulletin précédent, bulletin suivant

Le bulletin 147, tel qu’il a été envoyé le 23 novembre dernier, renvoie à un texte qui, sur le site, a été entièrement déplacé de la section Science économique à l’archive de ce bulletin.

La progression du feuilleton de science économique reprendra avec un nouvel épisode 44 à paraître dans le prochain bulletin. Cet intermède peut être mis à profit pour lire ou relire, comme on le fait d’une table des matières, les pages 4.1 sur le capital, 4.2 sur le profit, 4.3 sur l’emploi.

Les éditoriaux roboratifs de Jacques Bichot

En septembre dernier, Antoine Lonjon nous a mis sur la piste d’un accès par Internet aux éditoriaux de Jacques Bichot, personnalité avec laquelle un constructif échange de points de vue est en cours d'amorçage. Le dernier de ces éditoriaux est du 3 décembre et ce lien y donne accès par le site de l’Atelier.

Faisons-nous plus nombreux

Votre carnet d'adresses comporte sans doute celles de gens susceptibles de s'intéresser à l'approche de l'économie travaillée par l'Atelier Paul Fabra, voire de relations dont les engagements rendent souhaitable qu’elles aient connaissance de cette approche. C'est à cette fin que, en marge de droite du site, la rubrique " « Contact » comporte l'option ou bien « Envoyer un message d'invitation » ou bien, sous connexion personnalisée, « Inviter une personne ».

DM – Suite (3)

147 - Mardi 23 novembre 2010

Le texte placé ci-après sous le trait continu n'est plus, dans la section Science économique, celui de la proposition 4.2.2. Ce que cette argumentation comporte de bien venu sur le fond est susceptible d'être repris dans une révision ultérieure de la proposition 3.2 de la même section.

Réforme de la sous-traitance, finances publiques

Réforme de la sous-traitance :Thierry Charles nous tient informés.

Finances publiques : étude de Jean-Bernard Mattret en réponse à la question : Un État peut-il faire faillite ?

Chemin faisant

Chemin faisant, l’organisation de l’Atelier Paul Fabra se précise. Cela se constate par la consultation de la section But et organisation du site. D’autre part, est aussi à lire sur le site, venant de Jacques Bichot, une remarquable réponse (qui comporte un lien permettant à de faire connaissance avec cet économiste). 

DM  


 

Ce qu’une définition du profit ne postule pas contribue à la rendre recevable.

1. Le plus possible de profit n’est pas une norme que l’économie de marché oblige les entreprises à respecter.

Une théorie construite sur le postulat contraire n’est pas, sur ce point, scientifique. Deux raisons au moins font qu’il en va ainsi.

D’une part ce plus possible n’est pas un impératif objectif : les entreprises ne sont pas inéluctablement asservies à un maximum à l’avantage de leurs propriétaires ou dirigeants (proposition 3.2et, sur la définition de l’entreprise, proposition 3.1). D’autre part, le postulat contraire enferme dans une pétition de principe, ce paralogisme qui consiste à tenir pour vrai ce qui est à démontrer.

2. Un taux suffisant de profit sur capital est-il une norme qu’une économie de marché est à même de faire prévaloir ?

Il est méthodologiquement fautif de postuler une réponse positive à cette question. Mais il l’est également de placer au commencement de la théorie de l’économie de marché un a priori qui détourne de l’apport, au cours de l’élaboration théorique, d’une réponse positive.

3. Une affirmation sur une sorte de gain est une définition à une condition.

La propriété que cette affirmation énonce doit indiquer ce que ce gain a de spécifique et qui le perçoit, faute de quoi il n’y a pas définition au sens de ce concept en logique des ensembles non flous.

4. Ce qui est avéré pour n’importe quel gain n’est pas un élément de définition de l’un d’entre eux.

Tous les gains, ceux aux jeux de hasard compris, ont en commun de constituer un but pour quelqu’un (en toute rigueur, une chose n’a pas de but et une entreprise est une chose) ; d’être exposés à la recherche de leur plus possible ; de nécessiter la prise d’un risque de perte d’une mise et, ou, d’une situation ; de pouvoir être considéré comme une « récompense ».

5. Les propos sur le profit qui ne font que reprendre ce que tous les gains ont en commun nuisent à la qualité du « dialogue social ».

Au premier rang de ces propos, il y a : « Le profit est le but de l’entreprise » ou « Le maximum de profit est le but de l’entreprise » (sic, dans les deux cas, pour ce qui est « de l’entreprise »). Sa variante « L’entreprise est une association pour le profit » (Medef, 2007) conforte plus cette croyance qu’elle ne contribue à la faire évoluer. Dans la même veine, la « prime de risque » et la « récompense » sont convoqués pour justifier le profit.

La mise en avant de considérations objectives spécifiques à la problématique de la propriété d’entreprise s’en trouve laissée de côté. Une augmentation du nombre de points d’accord de fond entre « partenaires sociaux » est reportée sine die.

6. La « refondation sociale » sans une refondation de la doctrine du profit butte sur une impossibilité.

La « refondation sociale », qui comme auparavant la « réforme de l’entreprise » a été à l’ordre du jour, vise à faire reculer la systématisation d’abus de pouvoir et de rapports de force, dans les relations entre employeurs et salariés notamment. Il faut à sa réussite des discours sur l’entreprise, cette institution charnière de l’économie, moins arbitraires ainsi que, bien entendu, des actes joignant le geste à la parole.

La propagation de tels discours et actes est bloquée tant que ce qu’il y a de plus objectif sur le profit est sacrifié à la perpétuation de traditions idéologiques. Il est, en effet, logique que les tenants de la fatalité ou de la lutte des classes, même sous sa forme la plus réformiste, ou de la guerre économique, même sous la forme la plus policée que lui donne l'existence d'un système monétaire international digne de ce nom, et à plus forte raison des deux, fassent semblant de ne pas voir que ce plus objectif existe.

146 - Jeudi 11 novembre 2010, épisode 43

N’appelons « profit » que le revenu de la propriété ou copropriété d’entreprise.

Cet épisode sur la définition du profit et ses implications les plus directes est le premier d'une série qui suit celle sur le capital et qui précède celle sur l'emploi.

Cette définition réduit le profit au dividende dans le cas des entreprises en copropriété.

1. Tout prélèvement sur le bénéfice d’une entreprise est du profit à une condition.

Ce prélèvement doit avoir exclusivement pour destinataire(s) le(s) propriétaire(s) de l’entreprise. Aucun travailleur en tant que tel ne perçoit du profit.

Dans l’entreprise en nom personnel, la tradition a été, et reste là où la gestion est la moins élaborée, que le propriétaire et exploitant ou bien ne sépare pas ses prélèvements qui constituent son salaire de ceux qui sont du profit ; ou bien se tient à la règle que tout le revenu qu’il tire de son entreprise est celui de son travail ou de son placement.

2. à 7. :

NB : Les liens du type ci-dessous mettent maintenant le passage indiqué en haut de page du navigateur¨(cette amélioration fait partie de récents changements apportés au site) .

2. Des confusions ayant encore cours ont pour origine ces usages.
3. Plus-value et profit sont des réalités différentes.
4. Le profit est une rente.
5. Les loyers perçus sont le chiffre d’affaires d’une entreprise.
6. Le profit n’est pas une contribution à la reconstitution d’une épargne placée en capital.
7. En dépit de la traditionnelle expression « pertes et profits », le profit n’est pas symétrique de la perte.

DM

145 - Samedi 29 octobre 2010, épisode 42

Quatre régimes économiques de base, 2/2

Perpendiculairement à l’axe typologique centralisme – libéralisme, il y a l'axe qui tient compte de la structure des passifs des entreprises.

5. Un autre critère typologique des régimes économiques est le taux moyen de capitalisation des entreprises.

Quand ce taux est inférieur à 50 %, plus de crédit que de capital participe au financement des entreprises. Les néologismes « créditisme » est « créditiste » sont utilisables pour désigner cette caractéristique majeure d’un régime économique.

Inversement, quand le taux moyen de capitalisation est supérieur à 50 %, plus de capital, et, plus ou moins marginalement, de quasi-capital que de crédit participe au financement des entreprises. La substantif « capitalisme » et l’adjectif « capitaliste » sont utilisables pour désigner cette caractéristique d’un régime économique.

6. Créditisme et capitalisme sont les pôles d’un second axe typologique.

L’indication d’un pourcentage permet de préciser l’usage de la distinction entre créditisme et capitalisme :

  • Des taux moyens de capitalisation de 20 ou 40 % font un créditisme à 80 ou 60 %.
  • Des taux moyens de capitalisation de 60 ou 80 % font du capitalisme à 60 ou 80 %.

Selon ces degrés, il n’y a pas lieu de s’attendre à ce que cela revienne à peu près au même.

7. Ces considérations conduisent à une typologie en quatre classes des régimes économiques.

1 – centralisme créditiste, alias créditisme centralisé ;
2 – centralisme capitaliste, alias capitalisme centralisé ;
3 – libéralisme créditiste, alias créditisme libéral ;
4 – libéralisme capitaliste,alias capitalisme libéral.

Plus à ce sujet

8. Ce qui importe le plus en organisation économique n’est que partiellement pris en compte par cette typologie.
9. Quel est le régime de base le moins exposé aux crises d’origine financière et le plus apte à procurer le plein-emploi ?

Prochains épisodes

Le profit, qu’est-ce à dire en science économique ?

DM

144 - Lundi 18 octobre 2010, épisode 41

Quatre régimes économiques de base, 1/2

Une typologie générale des régimes économiques fait partie des implications de la définition du capital. La proposition 4.1.10, dernière de la série consacrée à cette définition, signale cette implication.

1. Le centralisme le plus complet est établi par la nationalisation de toutes les entreprises.

Le financement permanent d’une entreprise nationalisée à 100 % est totalement du quasi-capital.

2. La propriété privée d’entreprise se prête au centralisme quand l’administration de la concurrence n’y fait pas obstacle.

La constitution de trusts, de cartels et de holdings, avec des financements permanents de sociétés de sociétés par du quasi-capital et éventuellement des participations croisées, centralise du pouvoir économique.

3. Le libéralisme le plus complet est établi par la propriété directe de toutes les entreprises.

En libéralisme non amalgamé à un autre régime économique, il n’y a plus du tout de quasi-capital. La coopération interentreprises a, dans une telle configuration, possiblement beaucoup recours à des contrats de franchise.

4. Centralisme et libéralisme sont les deux pôles d’un axe typologique.

Selon que la fréquence de la propriété d’entreprise exclusivement directe est plus ou moins forte et étendue aux plus grandes sociétés commerciales, le degré de libéralisme est plus ou moins élevé. Plus le degré de libéralisme ainsi apprécié est faible, plus le degré de centralisme est fort et inversement.

Prochain épisode

Un second axe typologique : créditisme versus capitalisme.

DM

143 - Mercredi 6 octobre 2010, épisode 40

Définition du capital, 9/10

Des normes relatives au capital participent à l’assainissement permanent de l’économie de marché.

1. Parmi ces normes, il y a celles qui ont pour objet la réévaluation des bilans des entreprises.

La réévaluation des bilans participe d’autant mieux à la protection du placement en capital social contre l’érosion monétaire que la publicité de la valeur exploitée par action est en usage. Ce n’est pas encore le cas.

Concernant les actions restituables, une disposition statutaire est nécessaire à cette protection. Cette disposition réaligne la valeur de liquidation sur la valeur exploitée dans deux circonstances dont l’un est la réévaluation du bilan. Cette disposition ne fait pas encore partie de ce que le droit français des sociétés « à personnel et capital variables » prescrit, à notre connaissance.

2. Une autre norme a pour objet la perte constatée en dernière ligne du compte de résultat d’une entreprise.

Quand, à la clôture d’un exercice d’une entreprise, une perte est constatée en dernière ligne du compte de résultat, le montant du capital est amputé du montant de cette perte. De plus, si l’entreprise est une société, une baisse à due concurrence de la valeur exploitée par action est constatée.

Dans les arguments en faveur de cette norme qui n’est pas encore en vigueur, il y a les deux suivants. 1) Après une perte, le prochain résultat devra être obtenu avec un capital d’ouverture d’exercice diminué de facto ; mieux vaut en prendre acte et, au besoin, déclencher au plus vite une augmentation de capital par émission de nouvelles parts. 2) Dans la mesure où les exercices suivants sont bénéficiaires, une réévaluation du bilan est susceptible de conduire au constat de la remontée de la valeur exploitée par action.

Plus à ce sujet

3. La publicité des taux de capitalisation est un élément d'orientation générale de l'organisation du marché du capital. 4. Nationalisations et privatisations par actions négociables ont une même alternative.

Périodicité du bulletin

Le feuilleton de science économique va, …

 DM 

142 - Vendredi 24 septembre 2010, épisode 39

Le jeu boursier est-il perfectible ?

Les épisodes 39 et 40 de notre feuilleton de science économique ouvrent une piste que les développements sur le profit, à suivre, exploreront plus avant.

Définition du capital, 8/10

Appelons « actions négociables » celles dont le mode de liquidation le plus usuel est leur vente à un repreneur.

1. Les actions cotées en bourse sont celles dont la négociabilité est la plus ouverte.

La liquidation d’actions négociables non cotées est, en règle générale, plus difficile.

Cette difficulté est considérablement accrue quand il s’agit de participations minoritaires non rémunérées. Ce cas est souvent celui de sociétés qui ne le sont qu’en droit : le copropriétaire majoritaire et chef de l’entreprise use de limitations statutaires de la cessibilité des parts sociales, ainsi que de pouvoirs en blanc, afin que l’entreprise reste, en fait, en nom propre.

Ce travestissement a pour pendant les sociétés par actions restituables dont les dirigeants ont mis en sommeil le mode de liquidation propre à cette sorte de copropriété et, ceci va avec cela, le service du dividende.

2. La publicité de la valeur exploitée par action renforce le lien entre cette valeur et le cours de cette action.

Actuellement, le nombre d’actions, généralement au côté de celui du « volume » (nombre de titres échangés sur une période), figure bien dans les cotes publiées. Mais ni le montant du capital exploité, tel qu’il est au passif du bilan d’ouverture de l’exercice en cours, ni le quotient de la division de ce montant par le nombre d’actions ne s’y trouvent. Rien n’est fait pour que la valeur exploitée par action (4 de l’argumentation de la proposition 4.1.6) soit le niveau vers lequel la négociabilité d’une action cotée ramène son cours chaque fois que ce dernier s’en est sensiblement éloigné.

Supposons en vigueur la publicité de cette valeur. Supposons également en vigueur la publicité du taux de dividende par rapport à cette valeur. Les comparaisons objectives que ces deux publicités constituent renforcent tôt ou tard deux tendances. L’une, due à la concurrence mieux organisée des entreprises sur le marché du capital, est la moindre dispersion des dividendes par rapport aux valeurs exploitées correspondantes. L’autre, due à la négociabilité en bourse elle-aussi mieux organisée, est le renforcement du lien organique entre le cours d’une action et la valeur exploitée de cette action.

3. La capitalisation boursière d’une société est égale au produit du cours de son action par le nombre de ses actions.

Dans les lexiques dont sont maintenant pourvus les sites internet dédiés à la bourse « enfin facile », on trouve à « valeur actionnariale » l’énoncé « création de valeur par l’entreprise ». Cette dernière est dite aussi  « création de valeur pour l’actionnaire ». Il s’agit principalement de la plus-value, comme par ailleurs la très insistante mise en avant de la capitalisation boursière en atteste : ses indices (CAC 40, Dow Jones, etc.) sont devenus, les seules grandeurs économiques aussi largement publiés et commentés du lundi au vendredi toute l’année durant !

Plus-values et rendements jouent inévitablement un rôle sur les sous-ensembles du marché du capital que les marchés d’actions constituent. Ces rôles sont tout aussi inévitablement subordonnés l’un à l’autre. Quand, en règle générale, la recherche de la plus-value est dominante, le rôle du rendement est auxiliaire et inversement.

Laquelle de ces deux dominations est, en règle générale, préférable à l’autre ? Comment la faire prévaloir ? On aimerait que les partisans de la « refondation du capitalisme » se prononcent sur ces questions. Mais, sans une vision qui a pour sous-ensembles cohérents les théories renouvelées de l’entreprise, du capital, du profit et de l’emploi, un réalisable manque pour le faire.

Plus à ce sujet

4. Les plus-values sont des transferts.
5. Le procédé des stock options n’a pas cours en économie de plein-échange.
6. D’autres techniques financières n’ont pas cours en économie de plein-échange.
7. Quelles actions, restituables ou négociables, sont les plus favorables à la déconcentration, la désintermédiation et la rentabilisation de la copropriété d’entreprise ?

DM 

141 - Mardi 14 septembre 2010, épisode 38

Définition du capital 7/10, la France qui se bat contre sa désindustrialisation

Appelons « actions restituables » celles dont le seul mode de liquidation est leur remboursement par l’entreprise qui les a émises.

1. Dans ce mode de liquidation, les actions, ou parts, sont restituées à la société qui les a émises.

Cette restitution est effectuée afin d’obtenir le remboursement du montant placé. Les sociétés qui respectent le plus rigoureusement ce contrat effectuent ce remboursement dans des délais très courts, voire immédiatement.

Restituables, ces parts ne sont pas négociables : aucune action d’une société dont le capital social n’est composé que d’actions restituables n’est cotable en bourse.

2. Un placement en capital social par actions restituables est amputé de la possibilité d’une plus-value.

La possibilité d’une plus-value de cession d’une part de copropriété d’une entreprise est-elle inhérente au plein-échange marchand ? Qu’advient-il selon que cette possibilité est utilisée principalement ou marginalement ?

Ces questions font partie de ce qu’il revient à la science économique d’élucider. Selon les réponses, l’image donnée du capitalisme est très différente.

3. Cette amputation est conciliable avec une protection contre la dépréciation monétaire du placement en capital.

Le dispositif utilisable à cette fin est celui de la distribution gratuite d’actions. Son application prend, par exemple, la forme suivante.

Depuis 20 ans, je suis sociétaire de l’entreprise E à « personnel et capital variables ». En sus de la rémunération annuelle de ce placement, E m’a versé plusieurs fois des actions gratuites pendant ces 20 ans. La valeur de liquidation de mon placement, exprimée en unités monétaires courantes, en a été augmentée. L’entreprise E a été gérée pour me procurer le maintien de la valeur d’échange de mon placement.

4. Aucun copropriétaire d’une société dont le capital social n’est composé que d’actions restituables ne détient plus qu’une fraction faible et plafonnée du capital.

Typiquement : 5 % au plus du capital social détenu par un sociétaire. Ce qui donne 20 sociétaires au moins.

De plus et en règle générale, la société doit être maintenue émettrice de nouvelles actions et ouverte à de nouveaux sociétaires afin de compenser au moins les liquidations qui ont eu lieu. C’est pourquoi la législation française use de l’expression « à personnel et capital variables » pour caractériser ce type de société. Le « personnel variable » dont il s’agit est l’effectif des sociétaires.

Plus à ce sujet

5. Au moyen des actions restituables, la montée au capital d’un sociétaire indésirable est complètement maîtrisable.
6. La règle qui, en matière de droit de vote, a été historiquement la plus souvent associée à la pratique des actions restituables est « un homme, une voix ».
7. Cette règle est secondaire.

La France qui se bat contre sa désindustrialisation

Thierry Charles, directeur des affaires juridiques d’Allizé-Plasturgie, nous a communiqué des liens, que nous avons référencés dans la revue, sur la réforme de l'encadrement du commerce interentreprises français. Il ne manquera pas de nous faire part de ce que seront les arbitrages attendus fin octobre.

DM  

140 - Lundi 6 septembre 2010, épisode 37

Définition du capital, 6/10

Le capital d’une entreprise en copropriété est constitué de titres appelés « actions » et, ou, « parts ».

Une entreprise en copropriété étant une société, son capital est dit social.

1. Un capital social est divisé en « actions » détenues par son « actionnariat » ou en « parts sociales » souscrites par son « sociétariat ».

L’actionnariat serait, comme la copropriété d’entreprise en nom collectif ou en commandite, éminemment « capitaliste ». Les sociétés coopératives ou mutualistes à capital variable seraient, elles, éminemment « sociales ». Une catégorisation de grande portée est perpétuée sans la soumettre à la vérification rigoureuse de son statut économique.

2. Des faits imposent un point de départ à cette vérification.

Toute action est de facto une part sociale. Tout actionnaire est de facto un sociétaire. Voyons d’abord ce que la copropriété d’entreprise réputée la plus « sociale » d’une part et la plus « capitaliste » d’autre part ont en commun. Ne considérons qu’ensuite ce qui fait la principale différence économique entre deux sortes d’actions ou, comme on voudra, parts sociales.

3. La valeur nominale d’une action ou part est toujours égale au même quotient.

Ce quotient est celui de la division du montant total d’une émission par le nombre de titres émis.

La valeur nominale, ou valeur d’émission, d’un titre de copropriété d’entreprise est intangible, quoi qu’il arrive ensuite.

4. La valeur exploitée d’une action ou part est égale à la division du capital social par le nombre de titres de copropriété.

Contrairement à la valeur nominale,  la valeur exploitée varie dans la durée. Le solde des résultats non affectés (« reports à nouveau ») l’augmente ou la diminue selon qu’il est positif ou négatif. Les augmentations de capital par émission de nouvelles actions ou parts ne la modifient pas.

Autres arguments

5. L’augmentation du nombre de titres de copropriété d’une entreprise provoque mécaniquement une dilution. 6. La déconcentration de la copropriété des sociétés commerciales est favorisée par l’acception de la dilution.

DM

139 - Mercredi 25 août 2010, épisode 36

Définition du capital, 5/10

Le taux de capitalisation d’une entreprise importe plus que le montant de son capital.

1. Appelons « taux de capitalisation d’une entreprise » le rapport entre son capital et le total de son bilan (= du passif ou de l’actif).

Un capital assure le financement permanent d’une entreprise. Il le fait d’autant mieux que le rapport qui vient d’être défini, quand il est exprimé en pourcentage, se rapproche de 100.

Rien de la mathématique de l’accumulation exponentielle n’entre dans la détermination de ce rapport. Notons, à charge d’y revenir, que l’accumulation, au moyen de placement en capital, plus rapide que celle fournie par le placement dans un livret d’épargne à intérêts composés, sans prendre le risque que la cotation d’une action en bourse fait encourir, sans priver de la faculté d’une liquidation aisée à tout moment, n’est pas forcément destinée à rester marginale en économie de marché.

2. Le remplacement de la mention obligatoire « Société… au capital de … » par « Société… capitalisée à …. % (……. €) » présente deux avantages.

Cette mention renseigne mieux sur la solidité financière de l’entreprise. De plus, elle stimule, par les très faciles et fréquentes comparaisons auxquelles elle invite, l’élévation du stock national de capital.

L’extension de cette publicité pourrait être progressivement étendue, par le Code du commerce, aux entreprises en nom propre. L’efficacité de cette mesure s’en trouverait renforcée.

Autres arguments

3. La propriété juridique d’une entreprise est une chose, sa propriété économique en est une autre. 4. L’apporteur de capital d’une entreprise en nom propre n’est réellement propriétaire que d’une proportion de chacun des actifs inventoriés au bilan. 5. La sécurité du placement en capital est certes fonction de toute une série de variables. 6. Un marché est, de toute façon, ce que l’on en fait. 7. De proche en proche la dispersion des dividendes et celle des taux de capitalisation s’amenuisent. 8. Il n’y a que dans une économie interentreprises au comptant que les taux de capitalisation de n’importe quelle entreprise à n’importe quelle entreprise deviennent directement comparables.

138 - Lundi 16 août 2010, épisode 35

Définition du capital, 4/10

Le crédit participant au financement d’une entreprise et le capital sont, sur plusieurs points, des contraires.

La théorie et la pratique de l’économie de marché tendent ou bien à estomper ces contraires ou bien à en tirer un parti qui participe à leur assainissement.

1. Aucun terme de remboursement n'est attaché au placement en capital.

Au crédit est attaché un terme de remboursement ou l'exigibilité à tout moment d'un remboursement partiel ou complet.

La possibilité du remboursement d'un apport en capital existe dans le cas des sociétés « à personnel et capital variables ». Nous y reviendrons plus avant.

2. La propriété ou copropriété d'une entreprise est attachée au placement en capital.

La seule propriété d'une créance est attachée au placement en crédit.

3. Le revenu constitué par tout ou partie du bénéfice d'une entreprise est attaché au placement en capital.

Le paiement d'un intérêt est attaché au financement par du crédit.

Le prix du crédit est susceptible d'être, une fois conclu, fixe. Le revenu d'un placement en capital est exposé à varier selon les résultats et la trésorerie de l'entreprise.

4. Le recours d’une entreprise au crédit participe à la minoration du capital de cette entreprise.

Inversement, le recours d’une entreprise à une augmentation de son capital participe à la minoration de l’endettement de cette entreprise.

D’autres considérations vont dans le même sens

5. Le remboursement d’un principal d’un crédit constitue une sortie de trésorerie.
6. Les taux de bénéfices d’une entreprise sont toujours, au-delà d’un petit moyen terme, dépendants de la hauteur relative et de son financement à plus d’un an.
7. L’insuffisance de capital est presque toujours due à une insuffisance du nombre d’actionnaires.
8. Un capital nouveau est une contribution à l’augmentation de la production de richesses marchandes.
 
Puis l’existence de deux sortes de spéculation financière est située.

 DM

137 - Jeudi 5 août 2010, épisode 34

Définition du capital, 3/10

Appelons « quasi-capital » un financement permanent d'entreprise ne provenant pas directement d'un épargnant au moins.

N’appeler « capital » que le financement à proprement parler permanent fourni directement à une entreprise par un épargnant au moins y oblige.

1. L'intermédiation dans les placements d'épargne en financement permanent d'entreprise confisque du pouvoir.

Les sociétés A à G ont des actionnaires qui sont tous des épargnants. Ces derniers disposent, de ce fait, de pouvoirs. Leurs arbitrages sont rendus au moyen de comparaisons. Les conditions sont remplies pour que de la concurrence loyale prenne part à l'exercice de la propriété de ces sociétés.

Mais voici que la société G, au moyen d'une augmentation de son capital, prend le contrôle complet de A. Puis elle acquière successivement les sociétés B à F.  Des arbitrages autrefois rendus par les épargnants ont disparus.

La liberté d'entreprendre ne pourvoie pas d'elle-même à son bornage.

2. Les actions détenues par un investisseur institutionnel sont du quasi-capital.

C'est, plus généralement, le cas des actions détenues par toute entreprise. C'est, également, le cas des actions détenues par une entité publique.

Rien de public n’est financé par du capital strictement dit.

Les mesures des emprises respectives de l’entreprenariat privé et de l’entreprenariat public décrivent un état du système économique d’un pays. Mais ces mesures peuvent être comme un train qui en cache un autre. Il y a aussi les mesures des emprises respectives de l’entreprenariat privé dont le financement permanent est au moins pour sa moitié du capital strictement dit et de l’entreprenariat en général (privé + public) dont le financement permanent est au moins pour sa moitié du quasi-capital.

Plus à ce sujet

3. La nécessité de la distinction entre « capital » et « quasi-capital » est certaine.
4. Une définition du capital qui ne conduit pas à la distinction entre « capital » et « quasi-capital » est trop peu restrictive.

DM

136 - Lundi 26 juillet 2010, épisode 33

Définition du capital, 2/10

N’appelons « capital » que le financement à proprement parler permanent fourni directement à une entreprise par un épargnant au moins.

L’emploi univoque du substantif « capital » – un capital, le capital – est possible et désirable (proposition 4.1.2).

1. Les emplois de l'adjectif « capital,  ale, aux » n'en sont pas affectés.

Le Grand Robert de la langue française rappelle la primauté historique de cet adjectif. Il a été « emprunté vers 1200 au latin capitalis « de la tête », dérivé de caput,« tête » (à chef) ». Son premier emploi « est spécialisé dans la langue du droit avec la valeur de « qui peut coûter la tête, mortel » − la peine capitale... En 1567, « un emploi substantivé du masculin capital est attesté en économie ». Il est « destiné − sans jeu de mot − à faire fortune ». Il se peut qu'il « soit né directement en français ». Il se peut qu'il ait été « emprunté à l'italien capitale », partie principale d'un prêt.

Est capitale, au sens aujourd'hui premier de cet adjectif, la partie essentielle d'une chose. Plus simplement dit, est capital ce qui est le plus important.

2. La question de ce qui est capital en économie se pose.

Elle appelle une première réponse qui appelle elle-même une question suivante. Cette chaîne conduit, quand on veut bien s'y laisser mener, à l'objet « financement permanent de l'entreprise ». Voici comment.

La pratique des échanges marchands est capitale en économie. Elle procure les revenus sur lesquels les transferts sont prélevés. L'entreprise est capitale dans la pratique des échanges marchands. Cette pratique produit des résultats différents selon ce qui est de règle en entreprise. Le compte des stocks, ou bilan, est capital dans l'entreprise. De sa structure dépend le débit des flux, dont ceux des bénéfices. Le financement permanent est capital dans le bilan d'une entreprise. Sa hauteur, relativement aux investissements, ou actifs, commande principalement la solidité de l'entreprise et sa capacité à employer durablement.

La science économique doit, à l'épreuve de son usage, se révéler juste sur ce qui est, dans la matière qu'elle traite, capital. Les matériaux de construction de cette science doivent, pour ce faire, comporter le moins possible d'équivoques. La discipline qu'il y faut est connue. Dans d'autres champs, son succès est patent. Des concepts doivent être extraits de notions. L'outil de cette extraction est la définition de la définition.

Plus à ce sujet

3. Il est facilement évitable de dire de n'importe quelle somme d'argent qu'elle est un « capital ». 4. La partie remboursable d'un crédit se décrit sans ambiguïté par le mot « principal ». 5. Il est facilement évitable d'employer  l'expression « capital physique ». 6. La distinction entre « capital fixe » et « capital variable » est trompeuse. 7. Hommes et connaissances ne sont pas des objets économiques. 8. L'attribution d'un sens univoque au substantif « capital » passe encore pour une idée trop simple pour être de grande portée.

 DM

135 - Vendredi 16 juillet 2010, épisode 32

Lire

1) C’est bref et très significatif : Retour aux sources du capitalisme industriel de Thierry Charles. 2) Donne à réfléchir en bonne part dans le même sens mais plus globalement : L’économie de plein échange.

Définition du capital, 1/10

N’appelons « capital » que le financement à proprement parler permanent fourni directement à une entreprise par un épargnant au moins.

Est à proprement parler « permanent » ce qui dure jusqu’à la fin. Dans le contexte de la définition du capital, trois arguments viennent à l’appui de ce rappel :

1. Le renouvellement d’un crédit est à la discrétion du prêteur. 2. Pour une entreprise est « permanent » ce qui persiste jusqu’à sa disparition. 3. Appeler « capitaux permanents » le passif à plus d’un an d’une entreprise est malencontreux.

Les considérations résumées portées à l’appui de chacun de ces arguments se trouvent à la page Ppdse_4-1-1 du site.

DM

134 - Mardi 6 juillet 2010, épisode 31

Avancements

1. La réécriture des arguments des Propositions premières de science économique se poursuit. Entreprise il y a six mois à partir du début du chapitre 3, portant parfois sur la formulation d’une proposition, sa progression est synchrone avec celle du feuilleton. L’épisode ci-dessous ayant trait à la dernière proposition du chapitre 3, le prochain épisode entamera le long chapitre 4 sur le capital, le profit et l’emploi.

2. Paul Fabra m’a demandé hier de lui faire parvenir un fichier comportant le chapitre 3. Il va l’imprimer pour le lire crayon en main. L’appréciation qui en résultera sera résumée dans un numéro du bulletin.

DM

L’épisode du feuilleton

Proposition

Les amortissements d’équipements n’ont toutes leurs raisons d’être qu’en entreprise.

Arguments

1. Amortir un équipement consiste à étaler la reconstitution de sa valeur d’acquisition. 2. Cette écriture en partie double est nécessaire à la conservation de la valeur investie. 3. Ce dispositif n’est pas encore considéré comme normal. 4. La conservation de la valeur investie ne s’impose qu’aux entreprises. 5. Les autres catégories d’entités économiques s’appauvrissent ou s’enrichissent. 6. La situation nette de toute entité mésonomique dépend de la valeur vénale de ses immobilisations. 7. De nombreux calculs de coûts nécessitent l’estimation d’un amortissement.

Prochain épisode : définition du capital, 1/11

133 - Samedi 26 juin 2010, épisode 30

Deux dérives

Au premier rang des entraves au plein jeu des échanges marchands, et partant au plein-emploi, il y a deux dérives. Elles sont à ce point entrées dans nos mœurs qu’il faut des néologismes pour les désigner. L’un est le créditisme, l’autre le rétentionisme. Créditisme : du crédit là où il faudrait d’une part du capital strictement dit, d’autre part des dépenses publiques de fonctionnement plafonnées au produit des impôts. Rétentionisme : les entreprises retiennent une partie des bénéfices pour leur autofinancement et, avec tous les autres employeurs, retiennent une partie du salaire entier pour le bien de travailleurs réputés incapables de faire preuve d’assez de prévoyance. Renoncer conceptuellement à ces deux dérives ouvre la voie d’une politique économique foncièrement renouvelée.

Feuilleton de science économique, épisode 30

La synthèse des « produits » et des « charges » est appelée « compte de résultat » :

1. Le produit principal d’une entité est spécifique à sa catégorie.

2. Les « charges » comprennent toujours les dépenses de fonctionnement.

3. Les flux de résultat et de trésorerie sont, le plus souvent, différents.

4. L'universalité du principe de calcul du « résultat » ne doit pas faire illusion.

5. Le « résultat » est une épargne ou une désépargne pour deux catégories d'entité.

6. Un « excédent » et un « déficit » sont « de trésorerie » ou « de résultat ».

Le prochain épisode sera le dernier relatif au chapitre 3.

Viendra ensuite la série, centrale, longue en raison de la matière traitée même en s’efforçant de s’en tenir à l’essentiel, sur Le capital, le profit et l’emploi.

DM

132 - Mercredi 16 juin 2010, épisode 29

La conciliation de la rigueur et de la croissance

Réactivée par le président de la République, la commission Attali publiera en juillet « une stratégie de transformation de la société française pour les dix prochaines années ». L’objectif majeur serait, en fait, la conciliation, rendue structurelle en dix ans, de la rigueur budgétaire et de la croissance économique en France.

Jean-Paul Betbéze, dans L’Europe a encore une chance ! (Les Echos du 10/6/10), se prononce sur cet exercice. « C’est une stratégie convaincante qu’il s’agit d’établir et de diffuser, une stratégie qui combine l’ajustement des comptes publics (…) avec surtout l’expansion privée, par un soutien organisé aux entreprises – pas de chômage de masse. »

 Suite

Épisode 29 du feuilleton

La synthèse des comptes de stock est appelée « bilan », proposition 3.14.

DM

131 - Dimanche 6 juin 2010, épisode 28

L’actif, c’est-à-dire les investissements

L’actif d’une entité, c’est-à-dire le stock de ses investissements. Les investissements d’une entité, c’est-à-dire notamment ses placements et ses équipements qui ont de façon certaine une valeur vénale.

Un stock d’investissements est à proprement parler un patrimoine sauf dans un cas.

Or ce cas joue un rôle central en économie. C’est celui de l’entreprise. Là, la propriété des actifs n’est qu’intermédiaire. L’entreprise a, en effet, elle-même au moins un propriétaire. Aucune autre entité mésonomique n’est dans ce cas. Les associations privées non commerciales ont des membres et non pas des copropriétaires de ses actifs. Les États et leurs filiales non commerciales ont, de ce point de vue, le même statut.

Une dépense est ou de fonctionnement ou d’équipement. Cette distinction est nécessairement utilisée par toute comptabilité en partie double complète. Elle ne soulève pas de problème de principe.

D’aucuns soutiennent que le salaire d’un professeur est un investissement.

L’argument avancé est que l’effet de l’éducation aujourd’hui dispensée est pour beaucoup futur. Le produit du travail d’un professeur ne donne pas lieu à la constitution d’un stock ayant une valeur vénale pour l’entité qui a rémunéré ce professeur. C’est pourquoi le salaire d’un professeur n’est pas économiquement un investissement. Il ne suffit pas à une dépense d’avoir un effet futur pour être un investissement, ou actif, au sens de ces concepts en économie.

Les dépenses d’une entité sont susceptibles d’être d’équipement ou de fonctionnement.

Quand elles sont d’équipement, des investissements d’équipement sont constitués. Quand elles sont de fonctionnement, des investissements de fonctionnement sont susceptibles de s’en trouver constitués. Cela n’arrive que lorsque ce qui a été acheté est stockable.

La construction et le gros entretien d’une école sont économiquement des équipements. Les rémunérations du travail de ceux qui font fonctionner cette école n’en sont pas. Etc.

Les commentaires de la proposition 3.13reprennent en partie ces points et en signalent d’autres.

DM

130 - Jeudi 27 mai 2010, épisode 27

Fonds non emprunté, fonds empruntés

Le sens économique attribué au substantif « passif » n’est pas d’emblée explicite. Un passif ne désigne plus seulement une somme de fonds empruntés. Le fonds non emprunté qui participe au financement d’une entité en fait partie. C’est pourquoi l’expression « ressources financières » est souvent utilisée pour situer ce qu’est un passif.

Soit X indifféremment un particulier, une association privée non commerciale, une collectivité publique. Soit E une entreprise. X et E ont un commun que leur passif comporte un fonds non emprunté. Ce fonds est aussi appelé « situation nette ». Ce même fonds est couramment qualifié de « propre » tant pour une entité X que E.

La situation nette d’une entité X appartient à cette entité. Ce n’est pas le cas de la situation nette d’une entité E. Ce fonds là appartient entièrement au(x) X propriétaire(s) de E. L’expression « fonds propre » en rend compte à condition que « propre » veuille dire, quand il est question d'entreprise, « appartenant au(x) propriétaire(s) ».

La situation nette d’une entreprise est un financement permanent. Il n’y a que la situation nette d’une entité X qui soit un fonds strictement dit propre. Le reconnaître aide à situer où se trouve le ressort qui fait principalement fonctionner la mécanique des échanges marchands.

Les notes attachées à la proposition 3.12 traitent plus complètement de ces points.

DM

129 - Lundi 17 mai 2010, épisode 26

Financement et investissements

Les stocks d’une entité mésonomique (note 4 de la proposition 3.9) sont de deux sortes : de financement et d’investissements. Deux notes viennent à l’appui de cette proposition 3.11. En voici les titres et résumés :

1. L'usage est d'appeler « passif » le stock de financement d'une entité mésonomique.

L’acception du substantif « passif » donnée par Littré indique d’où vient cet usage.

2. L'usage est d'appeler « actif » le stock des investissements d'une entité.

Un « actif » est stockable et a une valeur d’échange.

 DM

128 - Vendredi 7 mai 2010, épisode 25

Stocks et flux

Au commencement logique de la comptabilité économique se trouve la distinction entre stocks et flux.

1. Cette distinction est axiomatique.

Je compte, sur une photographie aérienne, un nombre de véhicules stationnés. Ce comptage est une mesure de stock. Je compte les nombres d'entrées de véhicules sur un parc de stationnement. Ce comptage est celui d'un flux.

Dans une voiture, une jauge renseigne sur le niveau de la réserve d'énergie. C'est une mesure de stock. Un compteur indique le nombre total de kilomètres parcourus. C'est une mesure de flux.

La mesure d'un stock est un instantané. Ce constat ne définit pas ce qu'est un stock. La mesure d'un flux porte sur une durée. Ce constat ne définit pas ce qu'est un flux. Les revenus et les encaisses n'en ont pas moins une différence. Les revenus sont des flux, les encaisses sont des stocks. Etc.

2. L'assimilation des circuits économiques à des dispositifs hydrauliques est souvent utilisée.

Cette assimilation aide à observer l'existence de stocks et de flux économiques. Les uns sont de marchandise, d'autres de monnaie. Les stocks sont représentés par des réservoirs. Les courants qui vont d'un réservoir à l'autre y représentent des flux.

Un schéma de circuits économiques ne vaut que pour une entité pour laquelle une comptabilité peut être tenue. C'est pourquoi il existe autant de ces schémas que de catégories de ces entités.

Un schéma d'un circuit économique masque une réalité s'il se réduit à des tracés de flux. Le schéma macronomique le plus exact n'a pas ce défaut. Il situe le point le plus haut du circuit mésonomique. En ce point, il y a comme un château d'eau. C'est le stock dont l'élévation du niveau augmente le nombre d'emplois et le débit des flux de revenus. Nous le constaterons au chapitre suivant.

3. Le premier outil d'une comptabilité économique est une nomenclature.

L'usage est désormais de l'appeler " plan comptable ". Des intitulés de classes de compte et de comptes y sont spécifiés.

Tous ces comptes ont deux caractéristiques. La première est souvent tenue pour implicite dans les cours de comptabilité. La seconde est, elle, toujours décrite.

4. Tout compte est ou bien de stock ou bien de flux.

Il en va de même de toute classe de comptes.

François et Françoise tiennent désormais leur comptabilité familiale sur ordinateur. Une fois par semaine, ils mettent à jour cette comptabilité. Deux à trois clics les renseignent sur le solde de leurs comptes en banque à ce jour. Ce solde est le montant d'un stock. Trois à quatre autres clics les renseignent sur la différence entre leurs revenus et leurs dépenses du… au… Ce solde est entre deux flux. Il est lui-même un flux.

DM

127 - Mardi 27 avril 2010, épisode 24

La comptabilité économique

1. Le propre d'une comptabilité économique est d'enregistrer et de totaliser des valeurs d'échange marchand.

Ces valeurs sont exprimées sous la forme de quantités d'une même monnaie.

Soit D1 un décompte qui ne porte que sur des montants d'impôt ou de subvention. Soit D2 un décompte qui ne porte que sur des montants d'achats ou de ventes réputés hors taxes. D1 porte autant que D2 sur des valeurs d'échange marchand. D1 est tout aussi économique que D2.

2. L'un des instruments nécessaires à la tenue d'une comptabilité économique est assez souvent une « comptabilité matière ».

On appelle ainsi l'enregistrement de quantités physiques. Dans cet enregistrement se trouve toujours celui d'un stock départ et des quantités entrées par produit.

Quand l'enregistrement des quantités sorties s'y ajoute, le dispositif est dit constituer un « inventaire permanent ». Le comptage périodique des quantités en stock n'en reste pas moins nécessaire.

Sur la période du… au…, quelle quantité de ce produit a-t-elle été vendue ou consommée ? Seule une comptabilité matière fournit la réponse.

3. Il y a, en première analyse, autant de catégories de comptabilité économique que de niveaux d'observation économique.

Le niveau le plus global est celui de la « macronomie ». Une comptabilité nationale est macronomique. Une comptabilité régionale l'est également.

Le niveau intermédiaire est celui de la « mésonomie ». La comptabilité commerciale dite générale est mésonomique.

Le niveau le plus fin est celui de la « micronomie ». La comptabilité dite analytique est micronomique.

4. La comptabilité commerciale et la comptabilité publique sont deux des quatre catégories de comptabilité mésonomique.

Les deux autres sont la comptabilité associative et la comptabilité personnelle.

En toute rigueur, la comptabilité familiale est une comptabilité associative. Les transferts des revenus des parents à la cellule familiale y sont tenus pour implicites. Mais ils sont explicites quand Françoise et François tiennent séparément une comptabilité personnelle et ensemble une comptabilité familiale.

La distinction des catégories de comptabilité mésonomique est nécessaire. L'articulation d'une théorie générale de la comptabilité économique l'est également. Soit, par exemple, une disposition spécifique à la comptabilité commerciale. Elle est néanmoins de plus en plus appliquée en comptabilité associative et publique. Un manque de discernement s'en trouve répandu.

Plus à ce sujet

5. La théorie de la comptabilité macronomique a pour socle la théorie de la comptabilité mésonomique. 6. La théorie d’une comptabilité micronomique a pour socle la théorie de la comptabilité mésonomique. 7. La théorie de l’analyse financière a elle aussi pour socle la théorie générale de la comptabilité économique. 8. Une norme de comptabilité économique est, ou n’est pas, de bon aloi. 9. Un petit nombre d’énoncés paraît devoir suffire à l’articulation de la théorie générale de la comptabilité économique.

DM

126 - Samedi 17 avril 2010, épisode 23

Exclusivités de l’entreprise

Les entreprises ont plusieurs exclusivités. Les deux suivantes font partie des plus remarquables. En revanche, « valeur ajoutée » et « création de richesse » ne font pas partie de ce que seules les entreprises produisent.

Seules les entreprises vendent des marchandises composées.

Toute personne physique ou morale qui entreprend de vendre de la marchandise composée crée, de ce fait, une entreprise. L’entreprise en nom personnel est une entité économiquement distincte de son propriétaire et patron. Pour plus, voir 3.6.

Un seul échange marchand n’a pour coéchangiste qu’une entreprise.

Un terme de cet échange est un placement qui rend propriétaire ou copropriétaire d’une entreprise. Cette rémunération est assurée au moyen du bénéfice tiré de la vente de marchandise composée. Pour plus, voir 3.8.

La « valeur ajoutée » peut aussi bien être appelée « valeur élémentaire ».

Nos manuels disent souvent d’abord de la « valeur ajoutée » qu’elle « est »  une différence entre deux valeurs… Tous les employeurs participent à la création de valeur d’échange élémentaire… Il en va de même de tout mobilisateur d’un placement par un épargnant. Qui est en définitive créateur de valeur élémentaires ? Pour plus, voir 3.7.

Prochains épisodes

125 - Mercredi 7 avril 2010, épisode 22

Le forçage de l’autre solution

Les deux points suivants sont les derniers du commentaire de la proposition 3.5 : l’entreprise n’est pas un sujet fiscal. Rappelons que l’autre solution est une répartition du bénéfice net en deux parts au lieu de trois.

15. La fiscalité offre un moyen de contraindre à la distribution de la totalité des bénéfices.

Ce moyen consiste à porter à 100 % l'impôt sur les bénéfices non distribués, sauf abondement aux réserves rendues obligatoires par le législateur. Une manière d'y parvenir est la suivante.

Sur plusieurs années consécutives, le taux d'imposition des bénéfices distribués est abaissé. Symétriquement, le taux d'imposition des bénéfices non distribués est augmenté. Au terme de cette réforme, le premier de ces taux est nul et le second est de 100 %.

16. L'égalité devant l'impôt sur le revenu n'est pas qu'une question de justice.

L'approbation de la progressivité de cet impôt est si répandue qu'il faut s'empresser de préciser de quelle égalité il s'agit. Une phrase courte y suffit. Tous les revenus sont imposés au(x) même(s) taux.

Cette égalité met à parité fiscale les revenus du travail et du placement. Parmi eux, il y a les pensions de retraite par répartition. Les cotisations qui y donnent droit sont des quasis placements. Les pensions versées sont des rentes viagères. Les revenus de la propriété d'entreprise sont eux aussi des rentes tirées de placements.

L'imposition de tous les revenus au(x) même(s) taux met le choix entre les offres de placement à l'abri de considérations fiscales. D'autres considérations économiques prennent plus de poids.

Tenir inégaux le(s) taux d'imposition sur le revenu du travail  et le revenu de la propriété d'entreprise n'a lieu d'être qu'en compensation d'un défaut de l'exercice de cette la propriété. Mais en ce cas c'est remédier à ce défaut qui s'impose.

124 - Dimanche 28 mars 2010, épisode 21

Une autre solution

L’épisode précédent rappelle la doctrine de la répartition des bénéfices nets en trois parts. Il n’en existe pas moins une autre solution. Peu de mots suffisent à la situer. À peine plus donne à entrevoir son bien-fondé.

9. Une autre solution est la répartition de la totalité des bénéfices annuels.

Dans ce cas, ce qui reste après intéressement des salariés va entièrement au revenu de la propriété d'entreprise. Ce revenu est alors, comme tout autre, soumis à l'impôt direct. Du coup l'impôt sur les bénéfices des sociétés commerciales n'a plus lieu d'être.

Notons que cette observation établit quelle est la nature de ce dernier impôt. C'est un quasi impôt sur le revenu à taux unique alors que l'impôt sur le revenu est à taux progressifs. Une iniquité en résulte. Les bénéfices d'une entreprise en nom personnel sont imposés à taux progressifs. Les bénéfices non distribués des sociétés commerciales sont imposés à taux unique. D'où la prolifération de sociétés qui n'en sont pas vraiment et qui font perdre le sens de ce qui en fait une. C'est au point qu'on est arrivé à parler de société… unipersonnelle !

Mais y aurait-il plus d'emplois avec plus de vraies sociétés ? L'autre solution est-elle nettement plus favorable à l'obtention du grand résultat ? Si oui, pourquoi la doctrine des trois parts continue-t-elle à faire si largement autorité ?

10. Une comparaison fournit de substantiels éléments de réponse à ces questions.

Les entreprises E1 et E2 affectent la même proportion de leurs bénéfices nets à l'intéressement de leurs salariés. Ces bénéfices par euro de capital sont à très peu près les mêmes. Ils le restent pendant toute la période pluriannuelle considérée. La valeur des actions d'E1 et d'E2 sont également à peu près les mêmes en début de période.

Appelons R ce qui reste du bénéfice net après intéressement des salariés et abondement aux réserves obligatoires. E1 distribue la moitié de R à ses copropriétaires. E2 distribue la totalité de R à ses copropriétaires.

Année après année, les dividendes d'E2 sont à peu près le double des dividendes d'E1. E2 use de cette supériorité pour, tous les deux à trois ans, procéder à des augmentations de capital supérieures aux bénéfices non distribués de E1. Pendant que le nombre d'actions d'E2 augmente, celui d'E1 reste stable.

Ce passage est suivi, sur le site, de :

11. Le conseil d’administration d’E1 ne veut pas imiter celui d’E2.

12. Ce que le conseil d’E1 vise est le plus possible de plus-value par action en cas de fusion ou d’absorption.

13. E2 a été plus créateur d’emplois qu’E1.

14. Ce monde est à l’envers de celui que les théoriciens de la finance moderne ont choisi de servir.

DM
 

123 - Jeudi 18 mars 2010, épisode 20

La répartition des bénéfices

Cet épisode commence par résumer la doctrine régnante. Puis il fait état du grand résultat à obtenir. C’est en vue des trois épisodes suivants. Ils établissent qu'une autre solution ne doit pas être tenue pour impraticable.

7. La doctrine de répartition des bénéfices nets qui continue à faire autorité est celle des trois parts.

Cette doctrine vaut pour toutes les tailles et formes juridiques d'entreprise.

Le bénéfice brut est avant impôt sur les bénéfices, le bénéfice net après. Une part du bénéfice net est distribuée au(x) salarié(s). C'est pour intéressement aux résultats. Une part est distribuée au(x) propriétaire(s). C'est pour rémunération de l'apport en capital. Une part n'est pas distribuée. C'est un laissé en compte pour contribution à l'amélioration de la situation financière de l'entreprise.

Cette contribution est d'autant plus subsidiaire que le laissé en compte de l'exercice est faible par rapport au capital. Mais elle est d'autant plus substantielle dans le cas contraire. Nombreuses sont les circonstances dans lesquelles les managers ne voient aucun inconvénient à un dividende de 3 % du capital et un bénéfice non distribué qui, sur la même base 100, est du double ou plus. Bien plus n'est pas rare. Particulièrement de nos jours, les analystes financiers y poussent.

L'abondement de réserves, dites obligatoires, est l'un des dispositifs de la législation sur les sociétés commerciales. Le principe de la part non distribuée fait partie de ce que le législateur tient pour nécessaire à la bonne gestion d'une entreprise. Il en va de plus en plus de même pour l'intéressement aux résultats des salariés.

8. Le grand résultat à obtenir est l'aussi prompt que possible retour au plein-emploi chaque fois qu'il est compromis.

Tout, en économie, se passe depuis longtemps comme si la clé de ce grand résultat n'avait jamais été trouvée ou avait été perdue. Le traitement dit social du chômage à si haute dose n'aurait pas lieu d'être s'il en allait autrement.

Si cette clé existe, où peut-elle se trouver ? Une piste de recherche est le financement des entreprises.

La rémunération de la partie la plus stable de ce financement ne peut être assurée que par du bénéfice. C'est donc aussi du côté de la répartition des bénéfices qu'il faut chercher si un indice d'existence de la clé s'y trouve.

DM

122 - Lundi 8 mars 2010, épisode 19

Le feuilleton de science économique

L’entreprise n’est pas économiquement un sujet fiscal

Cette proposition porte de nos jours beaucoup plus à conséquences qu’il n'y paraît à première vue. Son commentaire révisé comporte maintenant seize points qui se prêtent à leurs regroupements en lots. Voici le premier lot. Trois autres feront chacun l'objet d'un épisode suivant.

1. Les particuliers et les associations à but non commercial sont les contribuables de dernier ressort.

Des impôts acquittés par les entreprises sont ajoutés aux prix réputés hors taxes. C'est notamment le cas de la TVA. Ces impôts sont ouvertement à charge des contribuables de dernier ressort.

Les autres impôts acquittés par les entreprises ont un effet au moment de leur apparition ou de leur changement, un autre après. L'impôt sur les sociétés st l'un d'entre eux. Dans un premier temps, ces impôts modifient les résultats des entreprises. Par la suite, leur incidence est répercutée dans les prix de vente réputés hors taxes. Comme par capillarité, ces impôts deviennent complètement à charge des contribuables de dernier ressort.

2. Cette observation suggère trois hypothèses.

Les dépenses publiques ne sont financées que par un seul impôt. Cet impôt est sur le revenu et à taux fixe. Tous les revenus y sont soumis.

Une économie publique ayant ces caractéristiques est-elle à jamais irréalisable ? Laissons ici de côté cette question. Demandons-nous seulement si ces caractéristiques peuvent être utilisées pour procéder à une diffusion et une enquête.

3. La comptabilité publique est organisée, ou organisable, pour produire deux totaux.

L'un est celui des dépenses publiques D. L'autre est celui des revenus R des contribuables de dernier ressort.

Aussi bien les dépenses de fonctionnement que d'équipement constituent D. Toutes les subventions octroyées, hors celles qui le sont de service public à service public, font partie de D. Aucun placement et aucun autre amortissement que celui de la dette publique ne font partie de D. Les intérêts et dividendes perçus par le Trésor public ne réduisent pas D.

Les revenus exonérés d'impôt direct font partie de R. Les transferts, y compris ceux assimilés à des revenus, sont exclus de R. Les pensions de retraite par répartition sont incluses dans R. Les intérêts et dividendes perçus par le Trésor public n'augmentent pas R.

La loi fait comme si les cotisations qu'elle qualifie de patronales n'étaient pas en réalité salariales. Le jour où ce comme si sera enfin abandonné, R s'en trouvera augmenté du montant de ces cotisations.

Le poids P est égal à D/R. Le taux T de l'impôt sur le revenu dont la recette se monterait à D est égal à P. P et T sont portés à la connaissance du grand public.

Les points suivants traitent plus avant du même sujet :

4 Cette diffusion est suivie d'une enquête d'opinon.
5. Supposons le renouvellement de cette enquête au moins une fois par législature.
6. Malgré sa justification politique, un tel mandat serait néfaste à une condition.
    

Le sujet dont le point 7 entame un examen est la répartition des bénéfices des entreprises.

L'épisode 20 reprendra ce point 7 et le mettra en perspective. L'épisode 21 présentera une autre solution et une comparaison qui plaide en sa faveur. L'épisode 22 aura trait à un moyen fiscal d'obliger à l'autre solution.
 

DM
 

121 - Mardi 16 février 2010, épisode 18

Le feuilleton de science économique

Une règle logique de la vie sociale est le plein jeu des échanges marchands. Il faut, pour établir ce point de grande importance, une accumulation d’observations dont certaines restent ou sont redevenues peu ou prou à contre courant. C’est notamment le cas au sujet de l’entreprise.

L'entreprise est la seule entité qui doit tout ce qu'elle possède.

1. Les entreprises sont des objets qui ont des propriétaires et sont souvent traités comme étant eux-mêmes propriétaires.

Ce traitement est pratiquement nécessaire. Le point 5 ci-dessous rappelle pourquoi.

Cela ne doit cependant pas faire illusion. Une société commerciale est bien juridiquement propriétaire. Ses achats et ses ventes ne s'en font pas moins par délégation de pouvoir de ses copropriétaires.

Cela étant, qu'implique d'admettre qu'une entreprise doit tout ce qu'elle possède ?

2. Un individu qui est propriétaire ou copropriétaire d'une entreprise est toujours, de ce fait, un fournisseur et un créancier de cette entreprise.

Il est fournisseur du financement qu'il consent à cette entreprise. De plus, pour des raisons bien connues que la théorie du capital nous donnera l'occasion de rappeler, il est fournisseur de premier ressort.

Qui fournit un financement devient un créancier. De plus, ce qu'il advient de cette fourniture en cas de vente ou de liquidation d'une entreprise oblige à observer que ce créancier là est de dernier ressort.

3. Une " situation nette " est la différence entre un montant total de stocks et un montant total de dettes.

Ces stocks sont exclusivement composés d'objets susceptibles d'être vendus par l'entité considérée ou constitutifs d'une encaisse. Il est d'usage d'utiliser le mot " actifs " pour les désigner. Des financements consentis sont susceptibles d'en faire partie. Les financements obtenus n'en font pas partie. Ces derniers constituent le " passif ".

Le concept de situation nette fait partie de ceux qui sont communs à toutes les sortes d'entités susceptibles de faire l'objet de la tenue d'une comptabilité générale complète. Le principe de son calcul est constant. Ses modalités d'application au cas d'espèce sont cependant régies par l'état de la doctrine économique et comptable. C'est pourquoi en tirer au clair la terminologie peut se révéler très laborieux.

4. La situation nette d'une entreprise n'appartient jamais à cette entreprise.

Si l'entreprise est la propriété d'un seul créancier de dernier ressort, la situation nette positive de cette entreprise fait entièrement partie du patrimoine de ce créancier. Si l'entreprise est en copropriété, une fraction de sa situation nette positive fait partie du patrimoine de chacun de ses créanciers de dernier ressort. Dans ce cas aussi, la situation nette d'une entreprise ne lui appartient pas.

Nous rappelons plus bas que la situation nette positive d'une autre entité qu'une entreprise appartient, elle, toujours à cette autre entité.

Plus à ce sujet

5. La propriété de stocks doit être attribuée à une entreprise pour en tenir la comptabilité générale. 6. Tout ce qu’une entreprise possède comptablement appartient finalement à ses créanciers. 7. Un particulier est, lui, propriétaire de sa situation nette. 8. Une association privée à but non commercial est, elle, propriétaire de sa situation nette. 9. Il en va de même d’un État et d’une collectivité territoriale. 10. La société S est juridiquement propriétaire d’une pommeraie.

DM

117 - Mardi 5 janvier 2010, épisode 14

Nouvelle rubrique

Des brèves d’Actualités constituent désormais une nouvelle rubrique du site. La dernière, à ce jour, de ces brèves est relative au programme 2010 de l’Atelier.

 

Le feuilleton de science économique, épisode 14

Pourquoi utiliser en science économique un haut de nomenclature des marchandises ?

En premier lieu pour s’assurer de l’étendue naturelle de la pratique des échanges dans lesquelles une marchandise est l’un des termes. En deuxième lieu pour orienter l’étude de la formation normale des prix.

Combien de catégories de marchandises ?

En première division, deux. Les particuliers et leurs associations à but non commercial vendent des marchandises élémentaires et achètent aux entreprises des marchandises composées.

Combien de catégories de marchandise élémentaire ?

En première division, trois. L’une est la marchandise primaire que le travail rémunéré constitue. Une autre est le placement d’épargne en contrepartie d’intérêts par des particuliers et des associations à but non commercial. La troisième est le placement d’épargne en contrepartie de profits, également par des particuliers et des associations à but non commercial

Combien de catégories de marchandises composées ?

En première division, trois également. L’une est celle des marchandises rares faute d’être reproductibles à volonté par l’industrie humaine. Une autre est celle des marchandises industrielles produites en série. La troisième est celle des marchandises industrielles dupliquées en série.

 

Les épisodes suivants

14 : trois considérations sur la théorie des prix. 15 : premier épisode d'une série sur l'entreprise.

 

DM avec le concours d'AL et de JBM

 

118 - Vendredi 15 janvier 2010, épisode 15

Bibliographie étendue

Nous nommons  ainsi des liens dont chacun permet de prendre connaissance d'une présentation d'un livre sur le site de son éditeur. L’Atelier a entrepris de collectionner de tels liens. Voici les premiers :
Boudon, Raymond, Le juste et le vrai
Charles, Thierry, De l’intention aux actes
Fabra, Paul, Le capitalisme sans capital

Le feuilleton de science économique, épisode 15

Dans quel ordre procéder à l’étude de la formation normale des prix ?

La catégorisation des marchandises procure un critère d’ordre de cette étude. Commencer par les prix des marchandises élémentaires, terminer par les prix des marchandises industrielles.

Mais pour ce commencement, dans quel ordre ? Par tâtonnements, il se révèle qu’il convient d’abord d’adjoindre à la théorie de la marchandise celle de l’entreprise. Puis de passer au capital et au profit, avant d’en venir aux salaires. Reste alors à traiter des taux d’intérêt. Certains sont, en effet, des prix d’une marchandise élémentaire.

La formation des prix des marchandises définitivement rares leur est spécifique.

La manière dont un prix se forme dans une salle de ventes aux enchères est bien connu. Elle n’est cependant pas typique de la formation de n’importe quel prix. Ne considérons ici qu’un exemple.

Les voitures anciennes sont des marchandises définitivement rares. Des ventes aux enchères pourvoient à la détermination de leurs prix. Ce n’est pas le cas des voitures de série.

Les prix des voitures de série dépendent d’autres prix. Le prix d’une marchandise définitivement rare n’en dépend pas du tout.

Pénuries et surabondances n’expliquent pas la formation des prix en leur absence.

Maintenons à part le cas des marchandises rares de par leur nature. Pour les autres, pénuries et surabondances déforment leurs prix. Après ces crises, les prix reviennent à un étiage normal.

Expliquer la formation des prix des marchandises non rares est rendre compte de ce qui détermine cet étiage. Catégorie après catégorie de ces marchandises. Sans préjuger que tout ou partie de ces prix a un déterminant commun. En acceptant de ne se prononcer sur ce point qu’au final.

119 - Lundi 25 janvier 2010, épisode 16

Le feuilleton de science économique, premier épisode sur l’entreprise

L’entreprise est la seule entité qui n’existe que par et pour la pratique d’échanges marchands.
[Ce paragraphe n’est à faire figurer que dans le bulletin.] Cette proposition est la première du chapitre 3, L’entreprise. Son commentaire a été réécrit récemment. Les intertitres et paragraphes suivants sont le début de cette nouvelle version.
1. Cette proposition est une définition au sens de ce concept en théorie des ensembles.
Cette définition est de l’entreprise commerciale. Quel que soit son statut juridique. Quelle que soit la durée pour laquelle elle a été établie. Que cette entreprise soit par ailleurs dite agricole, artisanale, financière, industrielle, libérale, etc. Que sa propriété soit privée ou publique ou mixte. Qu’elle soit ou non enregistrée en tant qu’entreprise.
Une définition est aussi une convention de vocabulaire. En l’occurrence, nous conve-nons d’appeler, en économie, « entreprise » tout court l’entreprise commerciale.
L’entreprise a plus de spécificités principales que ce que sa définition indique. La suite de ce chapitre en indique d’autres.
2. Toutes les entreprises humaines ne sont évidemment pas commerciales.
Les familles n’existent pas que par et pour la pratique d’échanges marchands. L’homme ne fait pas que se livrer à cette pratique. Ses entreprises sont bien loin d’être toutes commerciales. Les États n’existent pas que par et pour la pratique d’échanges marchands.
3. L’assimilation d’un État à une entreprise est abusive.
Elle n’en reste pas moins fréquente. La reconnaissance des principales spécificités de l’entreprise reste encore trop peu répandue. Le camouflage d’anomalies en est facilité. Les réformateurs de l’administration publique qui ne le voient pas prennent pour des avancées ce qui se révèle à l’expérience être des reculs.
4. Les entreprises sont des carrefours de marchés.
Des épargnants font des placements contre rémunération. Des travailleurs fournissent des prestations contre leur rémunération. D’autres fournisseurs l’approvisionnent. Des clients lui achètent ce qu’elle met en vente. Il n’y a que dans les entreprises que des échanges marchands de ces différentes catégories sont pratiquées.
 
Plus à ce sujet
 
5. Les entreprises sont créatrices de débouchés. 6. Dire des entreprises qu’elles sont créatrices de richesse et de valeur est exagérément approximatif. 7. L’échange marchand, ce contraire du vol, est un acte aussi positivement moral que le don. 8. Théorie de l’entreprise et stature morale ont partie liée. 
 

120 - Vendredi 5 février 2010, épisode 17

Vient de paraître

La nouvelle comptabilité publique de Jean-Bernard Mattret. Après avoir cliqué sur ce lien ci-dessus, saisir dans le champ Recherche du site de l’éditeur le titre de l’ouvrage ou le nom de son auteur. Jean-Bernard Mattret, docteur en droit et en techniques comptables et financières, est membre du comité de relecture de l’Atelier.

 

Le feuilleton de science économique

L’entreprise n’est pas inéluctablement asservie à un maximum à l’avantage de ses propriétaires et dirigeants.

Cette proposition 3.2 serait par trop angélique. Mieux vaudrait la tenir hors du champ de la science économique.

1. Peter F. Drucker oppose une argumentation à qui juge cette affirmation irréaliste.

L'extrait reproduit en appendice C302 permet d'en juger. Nous recommandons d'en prendre connaissance.

2. L'impératif du maximum de profit est antilibéral.

La liberté d'entreprendre comporte le libre choix de fins licites. Quand le maximum de profit est élevé au rang d'un impératif, le libre choix des fins est moins pratiqué. L'exercice de la liberté d'entreprendre s'en trouve appauvri. Les réductions de concurrence prolifèrent. Il faut, en effet, ces réductions à la systématisation d'abus.

3. L'alternative du maximum de plus-values est encore plus contestable.

Je suis propriétaire d'un bien immobilier. Je le mets en location. Le locataire se met à ne régler qu'une fraction du loyer convenu. Je lui demande pourquoi. Il me répond que la hausse de l'immobilier pourvoit à mon enrichissement. C'est évidemment inacceptable.

C'est pourtant ce qu'un courant de doctrine incite les sociétés commerciales à faire. Limiter les loyers que les dividendes constituent à une faible fraction du bénéfice, commande cette doctrine. Mais, c'est là où elle veut en venir, s'en remettre au marché, et si possible le manipuler, afin que la plus-value fasse plus que compenser la faiblesse des dividendes.

Il y a évidemment une autre façon de procurer des retraites par capitalisation. Cette alternative utilise, elle, le plein jeu des échanges marchands.

2009

Liste des bulletins de l'année 2009.

2009 a vu la dernière édition des chroniques de Paul Fabra dans les échos.

116 - Jeudi 10 décembre 2009, épisode 12

Annonces

  • Un nouveau livre de Paul Fabra vient de paraître. Ses références sont données à la page suivante: le capitalisme sans capital.
  • Tout le chapitre 2, La marchandise, des Propositions premières est maintenant consultable sur le site sans avoir à télécharger un fichier PDF. Le téléchargement n'en reste pas moins possible mais l'édition web offre des possibilités de navigation et de réactions (commentaires) qui sont de jour en jour de plus en plus utilisées par les étudiants de tout âge.
  • C'est pourquoi il en ira progressivement de même des chapitres suivants. Mais patience, c'est un gros travail.

Feuilleton de science économique, épisode 12

Caractéristique 4 : Toute marchandise a une valeur d’usage, ou utilité, et une valeur d’échange, ou prix.

Une valeur d’usage d'un objet est une appréciation sur son utilité, effectivement constatée ou supposée. La valeur d’échange d’une marchandise, ou rapport d’échange d’une marchandise contre une autre ou contre une quantié de monnaie, est son prix. Adam Smith : « Il n’y a rien de plus utile que l’eau, mais elle ne peut presque rien acheter. Un diamant, au contraire, n’a presque aucune valeur quant à l’usage, mais on trouvera fréquemment à l’échanger contre une très grande quantité d’autres marchandises. »

Tout objet, et partant toute marchandise, a presque toujours plusieurs valeurs d’usage. Par exemple, de l'eau sert non seulement à désaltérer hommes et bêtes mais aussi à laver, à faire cuire ou chauffer, à refroidir, à générer de la vapeur, etc.

Représentation graphique de la valeur d'usage

Dans la théorie économique contemporaine (néo-classique), l’accent est mis sur la valeur d’usage. C’est l’utilité qui sert de référence à la théorie des prix selon le schéma simplifié suivant :

1. Besoin, utilité et prix (prix =  valeur d’échange), sont amalgamés. On ne dit plus : « J’ai besoin de 3 litres d’eau pour être désaltéré » mais « Mon besoin est satisfait lorsque j’obtiens l’utilité de 3 litres d’eau pour 1 euro ».

Représentation graphique de l'utilité chez les néo-classique
Le besoin et l’utilité couplés aux prix
 

2. On peut alors construire une courbe de demande, variation selon la hauteur du prix de la quantité de marchandise « demandée » à ce prix. Cette courbe est ensuite mise au regard de celle de l’offre, variation selon la hauteur du prix de la quantité de marchandise « offerte » à ce prix. Le croisement des courbes est censé donner le prix qui va le plus souvent tendre à être pratiqué.

Réprésentation graphique de la courbre offre-demande
Le ciseau à tout expliquer

Eléments d’analyse

1. L'affirmation que la loi de l’offre et de la demande explique la formation de tous les prix élude des questions essentielles, comme celle ayant trait à la nature de la concurrence (entre les acheteurs ou entre les producteurs) ou celle corrolaire sur la place du coût de production et du profit. Par exemple, puisé dans l’actualité : est-il normal que le prix du lait payé à son producteur reste inférieur à son coût de production augmenté d’une marge de profit ? Cela durera-t-il jusqu'à ce que le lait ne soit plus plus produit que par un tout petit nombre de grandes et très grandes entreprises qui le conditionnent et le transforment tout en se livrant à plus en plus de manipulations commerciales et financières qui leur permettent de prendre part au maximum de « création de richesse pour leurs actionnaires » ? Où sera donc passé la concurrence entre les producteurs?

2. Dans la « loi » de l'offre et de la demande, tous les prix sont censés avoir un déterminant commun; en réalité ce n’est manifestement pas le cas: penser aux prix respectifs du sel, d’un ordinateur, d’une œuvre d’art, d’un placement d’épargne (intérêts, profit), du travail (salaires).

3. Ce déterminant réputé commun est de nature subjective afin de faire de l’économie politique la « science de la satisfaction des besoin des hommes ». Le risque est grand de passer à la trappe des déterminants objectifs. Ce risque se réalise sur le terrain quand de plus en plus d'entreprises fixent leurs prix de vente bien plus à la tête du client comme on le dite familièrement, qu'en fonction de coûts et d'un profit normal. Et c'est également ainsi qu'on en vient à des salaires sensiblement différents jusqu'au sein d'une même organisation pour exactement les mêmes services fournis en contrepartie par les salariés : la cote d'amour fait pendant à la tête du client.

4. Dans l'univer de l'offre et de la demande, la spiritualité et la sexualité deviennent des activités économiques potentiellement tarifables puisqu’elles sont utiles à l’homme. La porte est grande ouverte à ce qu’il est convenu d’appeler « l’économisme » et à la perte de valeurs par confusion des genres qui s'en trouve cultivée.
 

La valeur d'usage condition indispensable à l'existence d'une valeur d'échange

En partie chez Adam Smith et d’une façon logiquement mieux établie chez Ricardo, l’un des fondements des prix de la majorité des marchandises vendues par les entreprises est un rapport de quantités de travail -- une valeur d’échange marchand est par définition un rapport de quantités. La notion d’utilité n'est pas rejetée pour autant. L’existence d’une valeur d’usage d’une marchandise est au contraire considérée comme étant une condition indispensable à la survenance d’un échange dont cette marchandise est l’un des termes.

Périodicité du bulletin, évolutions du site et de l'Atelier

  • Il reste prévu de parvenir dès que possible à l'envoi du bulletin tous les dix à douze jours. En nous organisant mieux, nous allons y arriver.
  • Sur des évolutions du site et de l'Atelier en cours de choix, voir Appréciations et suggestions de Lucien Contrepoint. Des commentaires constructifs à cette contribution sont autant d'aides à l'instruction de ces choix.

DM & AL

REAGIR

115 - Lundi 16 novembre 2009, épisode 11

Le feuilleton de science économique, épisode 11

Théorie de la marchandise

Tout échange marchand a pour termes soit deux marchandises en cas de troc, soit une marchandise et une quantité de monnaie. Ceci implique que l’ensemble des échanges marchands n’est défini que si l’ensemble des marchandises l’est aussi.. Une théorie de la marchandise repose alors sur la réponse aux deux questions suivantes :
• Quelles sont les caractéristiques communes à toutes les marchandises et à elles seules ?
• Quelles sont les catégories principales de marchandises et, partant, les catégories homogènes d’échanges marchands ?

Aucune des théories économiques en cours ou passées ne prend appui sur une théorie explicite de la marchandise. Il est alors impossible de délimiter le champs de l’économie : le travail est-il une marchandise, le savoir est-il un marchandise, la santé est-elle une marchandise, … ?.
Les propositions du chapitre 2 du traité de science économique fournissent les réponses à ces questions. Ce bulletin en propose un aperçu.

Toutes les marchandises sont concrètes

Les patrimoines sont constitués, entre autre de biens immeubles et meubles. Ces biens sont concrets. Il y a aussi des placements financiers qui sont des services fournis. Ces services sont tout aussi concrets.
Contrairement à un préjugé tenace, toutes les marchandises sont aussi concrètes les unes que les autres. Le travail (ouvrage) en contrepartie duquel le boulanger perçoit un salaire est aussi concret que le pain vendu par ce boulanger, y compris quand ce travail est du nettoyage et du rangement. Le virement d’une somme d’argent prêtée contre intérêts est concret.

Le travail du conducteur d’une moissonneuse est tout aussi concret que le grain ensilé. Un logiciel et un service d’un fournisseur d’accès à Internet sont tout aussi concrets qu’une voiture et son entretien achetés à un garagiste. Etc.
Les prétendus « services immatériels » sont en réalité autrement matérialisés. Il n’existe pas de marchandise qui soit un service virtuel ou un bien virtuel. 

Toutes les marchandises ne sont pas stockables

La distinction entre biens et services ne recouvre pas celle, plus fondamentale en analyse économique, entre flux et stocks de marchandises et de monnaies ayant cours. Le fait d'être stockable ne compte pas parmi les caractéristiques des marchandises.
Une marchandise n'est pas non plus forcément soit un bien, soit un service, en dépit de ce que l’expression « biens et services » annonce implicitement.
Toute marchandise a cinq caractéristiques.

Caractéristique 1

Une marchandise a été mise en vente et n’a pas encore trouvé preneur.
Nos domiciles sont meublés d’objets qui ont été des marchandises et dont certains sont susceptibles de le redevenir. C’est bien entendu aussi le cas du domicile lui-même.
En revanche, la salade que le jardinier cueille pour sa consommation ou pour la donner à son voisin n’a pas été une marchandise faute d’avoir été mise en vente. Si la salade a été donnée, elle n’en est pas moins à ce moment là un terme d’échange marchand faisant l’objet d’un transfert.

Caractéristique 2 

Une marchandise est toujours le produit d’une dépense d’énergie humaine.
La caractéristique 2 est évidente pour le travail échangé contre un salaire. Ce travail, comme le travail bénévole, est toujours le produit d’une dépense d’énergie humaine. Or du travail, il en faut toujours, ne serait-ce que pour mettre en vente.
Une propriété ayant une valeur vénale et dont une personne a hérité n’a rien coûté à cette personne. Pour faire de cette propriété une marchandise, il faudra le temps de trouver un acheteur et d’aller jusqu’au terme de la transaction : il faudra inclure le travail de sa mise en vente. Tout travail, au sens par défaut de ce mot en science économique (épisode 9), est outillé et nécessite souvent d’autres fournitures que l’outillage proprement dit.

Caractéristique 3 

Une marchandise comprend toujours la fourniture d’un service et parfois d’un bien.
De nombreuses marchandises ne comportent aucunement la fourniture d’un bien. Mais aucune marchandise ne comporte que la fourniture d’un bien.
Banques et compagnies d’assurances vendent des marchandises tout aussi réelles que des constructeurs d’automobiles ou d’ordinateurs. La différence est que les prestations de services des entreprises du secteur dit « tertiaire » ne comportent pas la fourniture d’un bien comme dans les cas des entreprises du secteur dit « secondaire » ou « primaire ».
La marchandise primaire est le travail rémunéré (épisode précédent). Ce travail est toujours un service vendu à un employeur, y compris quand le rôle de l’employeur et le rôle de l’employé sont joués par le même individu (cas des travailleurs dits indépendants, entre autres ; même quand ils ne tiennent pas une comptabilité professionnelle distincte de leur comptabilité personnelle, des flux et des stocks distincts existent).

Quand on achète un terrain, une maison ou une machine, il est tout à fait acceptable dans la vie courante de considérer que la transaction n’a porté que sur un bien. En analyse économique, il en va différemment.

Diviser l’ensemble des marchandises en services d’une part et en biens d’autre part ne respecte pas la réalité. La prestation d’un vendeur est un service. La garantie qui fait partie de la vente d’une marchandise est une prestation de service. Les prix de vente s’en trouvent affectés. Tout comme dans la vie courante, il n’y a donc aucune nécessité théorique de classer les marchandises selon qu’elles comportent ou non la fourniture d’un bien. 

L’épisode suivant 

Caractéristiques 4 et 5 de toute marchandise.

DM & AL

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114 - Bulletin du 5 novembre 2009, épisode 10

 Le feuilleton de science économique

L’épisode 10 est, quant au style, à la manière dont, dans les années 1810 à 1820, Jean-Baptiste Say a écrit son Catéchisme d’économie politique.

Épisode 10. La marchandise primaire

Comment qualifier la marchandise que constitue le travail rémunéré ?

Le terme de marchandise primaire convient bien, de même que celui de "marchandise de base". Le prototype de la marchandise est, en effet, le service vendu par le laboureur au fermier et non pas la récolte que le fermier vend.
Certes, il faut au fermier la vente de la récolte pour que l’achat au laboureur soit renouvelé. Mais dans l’ordre des choses, il faut d’abord l'achat du service du laboureur par le fermier pour que la vente de la récolte puisse avoir lieu.
En pratique, Il faut que le fermier détienne une avance pour acheter le service du laboureur. Cette avance constitue une mise en capital, c'est à dire l'une des formes de placement effectuées par les épargnants.

Les placements effectués par les épargnants afin d’en tirer un revenu sont-ils aussi des marchandises primaires ?

La marchandise primaire, c'est à dire le travail (ouvrage) rémunéré, est l'une des deux catégories de marchandises élémentaires.

Hiérarchie des marchandises élémentaires
La récole vendue par le fermier est elle aussi une marchandise mais cette marchandise n’est pas élémentaire comme l’est d’une part le placement fait, supposons que tel soit le cas, par le fermier dans son rôle d’épargnant auprès du fermier dans son rôle d’entrepreneur et d’autre part le travail au sens par défaut, en science économique, de ce mot (épisode précédent)..
Echange marchand : placement

Tout employeur est-il acheteur de l’une et de l’autre catégorie de marchandise élémentaire ?

Les familles, les administrations publiques et les autres associations à but non commercial qui, les unes et les autres, emploient du personnel ne sont pas nécessairement acheteurs de placements en contrepartie d’intérêts acquittés par elles et ne sont jamais acheteurs de placements en contrepartie de profits (on ne peut pas en dire autant de prêts contre paiement d’intérêts).

Le travail rémunéré est-il l'exigence à laquelle le bien commun doit subordonner tout autre besoin économique?

C'est la thèse de la science économique selon l'Atelier Paul Fabra. On y a pris pour point de départ que le travail rémunéré est la marchandise primaire par et pour laquelle les hommes se livrent à des échanges marchands. Autrement dit, sans la marchandise primaire (travail rémunéré), il n'y a pas d'économie.
Ce n'est pas la thèse de la science économique comptemporaine qui trouve ses racines dans théorie dite néo-libérale. Celle-ci voit dans le travail et le capital des « facteurs de production » qu’elle met sur le même plan. De fil en aiguille et ainsi que c’est particulièrement manifeste de nos jours, cela conduit à faire de la masse salariale, au sens comptable de cette expression, la variable d’ajustement de l’économie moderne. L’horizon du libéralisme du plein-emploi s’en trouve sans cesse repoussé. 

L’épisode suivant

Nous avons défini la science économique comme l'étude de ce qui est spécifique aux échanges marchands et aux transferts de termes de ces échanges.  Ceci implique de donner une réponse rigoureuse à la question : qu’est-ce qu’une marchandise ?
DM & AL

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113 - Dimanche 11 octobre 2009, épisode 9

Annonces

La conférence-débat sur L’avenir de la pensée économique est le nôtre a été inaugurée à Lyon le 1er octobre. Son canevas a pris la forme d’une présentation assistée par ordinateur. Ce canevas est, sur le site de l’Atelier Paul Fabra, publié dans la section Revue d’économie objective sous le titre Conférence inaugurée à Lyon le 1/10/2009.

Le feuilleton de science économique

Au neuvième épisode, nous n’en sommes encore qu’à la question du travail. Certes, c’est après avoir produit et justifié une définition logiquement recevable et politiquement saine de la science économique. Le propos peut néanmoins sembler ne pas avancer assez vite.

Patience. Si, depuis deux siècles, l’économie politique avait progressé dans sa constitution en science incontestable pour ce qui de ses concepts de base, il serait aujourd’hui superflu d’y revenir car il nous suffirait d’ouvrir nos dictionnaires pour, au besoin, nous rafraîchir la mémoire. Comme ce n’est pas le cas, il nous faut consentir de nous attarder au plus élémentaire.

Épisode 9. L’acception par défaut du mot « travail » en science économique

L’expression « service fourni par un individu au seul moyen de la dépense de son énergie » est précise mais très incommode. Le mot « travail » est, lui, équivoque, au sens littéral de cet adjectif.

Quand, à propos d’un individu ou de plusieurs, on parle de « travail », il s’agit ou bien d’une dépense de son énergie, ou bien du service fourni qui est le produit de cette dépense, ou encore d’un emploi procurant un revenu. La science économique étant l’étude de ce qui est spécifique à la pratique des échanges marchands et des transferts de termes de ces échanges, quand il y est question de « travail » il s’agit par défaut du service fourni.

C’est, en effet, toujours la fourniture de ce service qui est l’un des deux termes de l’échange quand l’autre terme est la rémunération du travail. Ce n’est jamais la dépense d’énergie ou le temps passé, même quand ce dernier intervient dans le calcul de la rémunération du travail.

Echange marchand : salaire

Contrat de travail, droit du travail, marché du travail, prix du travail, revenu du travail, temps de travail. Ces expressions de grand usage ne désignent des réalités établies par la pratique des échanges marchands que dans l’acception par défaut du mot « travail » en science économique.

L’épisode suivant

Le travail rémunéré est une marchandise car il est le terme d’un échange dont la contrepartie est sa rémunération. Quelle est, dans la pratique des échanges marchands, la place de cette marchandise ?

DM & AL

112 - Mardi 22 septembre 2009

Annonces

Entreprise en juillet, la rédaction et la révision d’une note sur l’encyclique Caritas in veritate, largement consacrée à l’économie, viennent d’être terminées. Le titre de ce document qui vient de paraître dans la Revue d’économie objective est Science économique et doctrine sociale de l’Église catholique.

Au même endroit et à la date du 15 septembre, la dernière chronique de Paul Fabra.
Titre : Japon : l’hyperinflation claquemurée.
Résumé : La bulle obligataire retient le potentiel hyper inflationniste d’une énorme dette publique. En absorbant les ressources de l’épargne, elle provoque la déflation.

Prochaines chroniques de Paul Fabra à paraître dans Les Echos : mardi 6 octobre, mardi 3 novembre, mardi 1er décembre. Du même auteur la parution d’un livre, possiblement à la fin de cette année. Dès que nous en connaîtrons le titrage et la date de parution, nous les annoncerons ici.

Evènement

Un exposé de Dominique Michaut sur le thème L'avenir de la pensée économique est le nôtre, suivi d'un débat entre les participants et le conférencier, est organisé par l'association lyonnaise Les Amis de Jean-Marie Auzias ce prochain jeudi 1er octobre à 19 heures 30 au restaurant Maison Gamboni 241 rue Marcel Meyrieux à Gerland (métro Debourg). Renseignements et inscription auprès de=2 0Sophie Bureau du Colombier, 04 78 37 15 27, bureauducolombier@orange.fr.
Il est d'ores et déjà assuré que l'auditoire sera un échantillon du public de non spécialistes que l'Atelier Paul Fabra a pour ambition de sensibiliser à ce qu'il est en son pouvoir de faire pour tirer le char des idées et des pratiques économiques de base hors de l'ornière dans laquelle il est enlisé. C'est pourquoi un article de la Revue d'économie objective rendra compte de la teneur du débat, en contribution à l'information des sociétaires et des destinataires du bulletin décadaire de l'Atelier sur ce qui se révèle à l'expérience favorable et défavorable à l'exercice de ce pouvoir.

L’une des manières de prescrire l’étude de la science économique est d’abonner au bulletin de l’Atelier Paul Fabra. Il n’en coûte que de s’en donner la peine. L’abonné dispose, lui, de la possibilité se désabonner rien qu’en cliquant sur le lien prévu à cet effet au pied de chaque bulletin.

Le feuilleton de science économique

Épisode 9

L’épisode 9, tel qu’il a été soumis au comité de lecture a été, par ce dernier, jugé trop peu intéressant car ne faisant pas progresser suffisamment le propos. Différentes circonstances ont fait que le travail sur le feuilleton a dû être repoussé. La poursuite du feuilleton de science économique n’en est pas compromise. Rappelons qu’après le feuilleton de science économique viendra, dans deux à trois ans, un feuilleton de politique économique.

Le bulletin suivant

Nous allons nous efforcer de faire en sorte que les prochains bulletins deviennent, comme déjà annoncé, décadaires. Pas sûr que nous y arrivions dès ce début d’automne… Mais cela va bien finir par arriver !

DM & AL

111 - Mardi 1 septembre 2009, épisode 8

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Dans la section organisation du site, la formulation du but de l’Atelier Paul Fabra a été revue de manière à s'ajuster à la définition de la science économique :

Le but de l’Atelier Paul Fabra est de promouvoir l’étude et les applications de la science économique quand cette dernière a pour objet exclusif ce qui est spécifique à la pratique des échanges marchands et des transferts de pouvoir d’achat. Ce but implique évidemment de plus en plus de prescripteurs de cette étude et de ces applications.
 

Episode 8 - Le salariat n’est pas économiquement que ce que le droit en dit

En droit, l’état de salarié est établi par un lien de subordination consistant en « l’exécution d’un travail sous l’autorité d’un employeur qui a le pouvoir de donner des ordres et des directives, d’en contrôler l’exécution et de sanctionner les manquements de son subordonné » (Cour de cassation, arrêt Boyer du 23/1/1997). En science économique, il paraît à première vue possible de diviser l’ensemble des revenus du travail en fonction de la présence ou de l’absence, pour chacun de ces revenus, d’un lien de subordination. Par exemple, en ce cas le revenu du travail d’une personne assurant le secrétariat d’un médecin libéral est considéré comme étant du salaire alors que le revenu du travail de ce médecin est considéré comme n’en étant pas.

La science économique étudie la formation des prix et la répartition des revenus. Toutes les rémunérations perçues par un travailleur en tant que tel est un prix, qu’il y ait ou non lien de subordination. Ce prix est toujours un revenu du travail et non pas d’un placement. Les liens de subordination sont une réalité mais l’existence de ces prix et revenus en est une autre de rang supérieur. Il faut, en effet, que la pratique des échanges marchands institue ces prix et revenus pour que le droit y trouve matière à doctrine et jurisprudence.

Trois suppositions sont sous-jacentes à la distinction faite entre revenu du travail et salaire :

  • La formation normale des prix du travail serait différente selon qu’il s’agit de travail soumis ou non à un lien de subordination.  
  • Les revenus du travail par groupes de qualifications professionnelles ne seraient pas le produit d’une répartition du revenu global du travail.
  • La division de la classe des travailleurs en deux, selon la présence ou l’absence d’un lien de subordination, répond à une nécessité économique et continue à présenter plus d’avantages que d’inconvénients.

Ces suppositions sont méthodologiquement irrecevables. La théorie économique les évite en posant que toute rémunération du travail est un salaire et que tout travailleur rémunéré en tant que tel est un salarié. Les patrons des entreprises en nom personnel sont, par exemple, économiquement salariés, au côté notamment des autres travailleurs que ces entreprises emploient également.

 Tout travail s’exerce dans le cadre d’une organisation sociale, y compris quand lorsqu'il s'agit d'un travailleur indépendant. C’est dans le cadre de la science de l’organisation que doit se traiter la question des liens de subordination. Ainsi, il est question de liens de subordination dans l’armée, dans les associations, dans la famille, sans qu’il soit question d’échanges marchands à leur propos. On retrouve ici la limitation du champ de la science économique : ce qui est spécifique à la pratique des échanges marchands et des transferts de pouvoir d’achat ; et seulement cela.

L’économie telle qu’elle se pratique en ce pays et ce moment est une chose. L’économie telle qu’il serait préférable de la pratiquer en est une autre. C’est à cette amélioration que la science économique est vouée, avec ce que cela comporte d’exigences sévères. En particulier, la corrélation faite entre salariat et lien de subordination relève d’un héritage sociologique et non pas d’une nécessité économique. 

Bulletin suivant

La première rubrique indiquera l’une des manières de prescrire autour de soi l’étude de la science économique et de ses applications.
L’épisode suivant du feuilleton aura trait à l’acception par défaut du mot « travail » en science économique.

DM & AL

REAGIR.

110 - Vendredi 21 août 2009, épisode 7

Feuilleton de science économique

Épisode 7 - Le travail ouvrage et le travail dépense

Ce que tout salarié vend contre un revenu est toujours son travail en tant qu’ouvrage. Ce n’est jamais son travail en tant que dépense de son énergie pas plus qu’en tant que durée de travail. Ceci vaut aussi quand l’ouvrage est payé à la durée de sa réalisation.

On emploiera indifféremment les termes ouvrage ou œuvre mais en prenant garde de distinguer œuvre et unité d’œuvre. Ainsi, le labour d’un champ est une œuvre. Celle-ci prend la forme d’un service rendu ce qui indique que l’économie dite de service ne date vraiment pas d’hier. En revanche, le nombre d’heures pour produire cette œuvre est un décompte d’unités d’œuvre.

Une œuvre est susceptible d’être une marchandise. Toute marchandise est une œuvre, il semble bien que ce fait ait été trop peu pris en considération. La dépense d’énergie humaine mise en jeu dans tout acte de production n’est à aucun moment un terme d’échange marchand.

Reprenons du précédent épisode l’exemple de la minoterie. Admettons que pour tirer du même blé de la farine de qualité supérieure, il faille une fois et demi plus de temps que pour en tirer de la farine de qualité ordinaire. Il est normal que, dans ces conditions, la mouture d’un quintal de blé coûte à celui qui l’achète une fois et demi plus quand la transformation effectuée est en farine supérieure plutôt qu’en farine ordinaire. Dans cet exemple, le prix de la mouture d’un quintal de blé est, ou tend à être, proportionnel à une dépense d’énergie humaine, autrement dit, à une quantité de travail au sens de dépense d'énergie. Dire cependant que le prix d’un ouvrage peut-être proportionnel à la dépense d’énergie correspondante n’indique aucunement que ce prix est le prix d’une dépense d’énergie.

Ainsi donc, seul le travail ouvrage a un prix et fait l'objet d'échanges marchands. Ceci laisse ouverte la question du montant des salaires: qu’est-ce qui fait que le salaire d’un ouvrier minotier est égal à celui d’un ouvrier boulanger et nettement inférieur, en règle générale, à celui d’un ingénieur en minoterie ou en boulangerie ? Pour répondre à cette question, il nous faudra, en complément de ce qui a été dit à l'épisode 5 sur la sujectivité collective, faire une théorie du profit.

Bulletin suivant

Titre de l’épisode suivant du feuilleton : Le salariat n’est pas ce que le droit du travail en dit.

DM & AL

109 - Vendredi 7 août 2009, épisode 6

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Le bulletin paraîtra environ tous les 10 jours, possiblement dès août et sûrement à partir de septembre. Au final, le nombre d’épisodes du feuilleton de science économique sera probablement compris entre 60 et 70.

Feuilleton de science économique

Épisode 6 - Tout salarié est un marchand

Premier constat : tout ce qu’une entreprise vend est, par définition, de la marchandise.
Deuxième constat : parmi les marchandises vendues par les d’entreprises, un grand nombre sont des services rendus.
Soit la minoterie M. Elle n’achète pas du blé et ne vend pas la farine: elle vend la transformation de blé en farine. La marchandise cédée en échange de son paiement, principal du chiffre d’affaires de cette entreprise, n’est, dans ce cas, que cette transformation.

Ce qu’un travailleur vend en échange du salaire qu’il perçoit est toujours le service d’une transformation. Si l'on suit le raisonnement appliqué à la transformation vendue par la minoterie M, il faut donc aussi en conclure que le service vendu par un travailleur en contrepartie d’un salaire est une marchandise. Au quotidien et en science économique, tout salarié est ainsi un marchand.

Les médecins, les fonctionnaires et les élus rémunérés qui bien que tirant un revenu de leur travail ne se reconnaissent pas comme des commerçants, restent cependant des marchands à raison de ce revenu.
Le risque est grand de se méprendre et d'exclure une grande partie des acteurs de la pratique des échanges marchands et donc de l’économie. Il est vrai que, dès qu’il est question du travail et de son revenu, le chemin est piégé. Du travail est de la marchandise et du travail n’en est pas (voir bulletin suivant).

Bulletin suivant

Titre de l’épisode suivant du feuilleton : Le travail ouvrage et le travail dépense.

DM & AL

108 - Mercredi 29 juillet 2009, épisode 5

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Structure du site web

Une nouvelle structure du site web a été mise à disposition ces dernières semaines. Le site comporte désormais quatre sections:

  • Origines: section historique situant les travaux de l'économie objective dans l'histoire de la science économique.
  • Politique économique: section pratique où sont prescrites des recommandations de politique économique.
  • Science économique: section théorique de l'atelier où l'on trouve la description formelle des concepts de la science économique objective.
  • Publications: section dynamique du site où sont publiées les chroniques et bulletins de l'atelier.

Un nouveau glossaire sur l'histoire de la pensée économique est en cours de constitution pour être adjoint à la section "origines". L'objectif est de mieux présenter la filiation avec les grands économistes classiques, en particulier David Ricardo, et d'indiquer en quoi l'Atelier Paul Fabra propose des évolutions de la doctrine classique.

Traité de science économique

Le traité de science économique est actuellement entièrement disponible sous forme PDF. L'objectif est de fournir l'ensemble du contenu sous forme de page web dans le site Atelier Paul Fabra. Pour l'instant, seules une partie des propositions du chapitre 1 et du chapitre 2 sont disponibles sous forme de page web. Les mises à disposition successives de chaque chapitre seront annoncées dans le bulletin.

Schémas conceptuels

La section "science économique" comprend désormais d'une sous-section exprimant les propositions et définitions de la science économique dans un langage formel disposant d’une notation graphique.
Ces schémas conceptuels sont repris dans le glossaire et permettent de naviguer d'un concept à l'autre par simple clic. Cette section est en cours de montage et ne comprend, pour l'instant, que les concepts des chapitres 1 et 2 du traité de science économique.

001. Groupes des concepts de l'économie objectives

Feuilleton de science économique

4. Le point de départ

Bulletin précédent: science économique

5. Un autre point de méthode concernant la science économique

En premier lieu, il nous faut préciser un point sur le concept de "transfert de terme d’échange marchand": dans un échange marchand, deux objets changent de propriétaire. Dans le transfert d’un terme d’échange marchand, un seul objet change de propriétaire, penser par exemple aux impôts et aux legs. La transmission d’un savoir est bien un transfert mais pas d’un terme d’échange marchand: qui transmet un savoir le garde.
En second lieu, il nous faut préciser la définition de la science économique. Nous dirons de cette science qu’elle est l’étude de ce qui est spécifique à la pratique des échanges marchands et des transferts de termes de ces échanges; ni plus, ni moins.

A partir de cette définition, l'Atelier Paul Fabra entend construire une approche objective de l'économie, c'est à dire une approche qui ne soit fondée ni sur les besoins (subjectifs) et ni sur la rareté (liée au monopole) mais sur les rapports d'échanges: un pain vaut deux poissons. Cependant, certains rapports d'échange semblent eux-mêmes être soumis une forme de subjectivité, par exemple en matière de rémunération du travail.
Ce débat peut paraitre théorique mais il a conduit à la théorie de l'exploitation chez Marx, avec les conséquences historiques que l'on connait. Doit-on ici s'avouer impuissant à adopter une approche objective?

Pour ce faire, on distinguera ce qui relève de la subjectivité individuelle - mon appréciation des salaires - et ce qui relève de la subjectivité collective - ce qu'une société estime "normal" en terme de rémunération. Dans le cas d'une subjectivité collective, on examinera si son emprise normale en fait une donnée qui s’impose aux subjectivités individuelles au point de la rendre pour elles objective. Nous verrons que c’est le cas en matière de rémunération du travail : les échelles de salaires diffèrent en fonction des régions du monde (subjectivité); mais dans chaque région, elles s'imposent aux acteurs au point de se rendre objective: le salaire d'un médecin en France.

Bulletin suivant

Titre de l’épisode suivant du feuilleton : 6. Tout salarié est un marchand. 

DM & AL

RÉAGIR : commentaire.

107 - Mercredi 8 juillet, épisode 4

Annonces

  • De Paul Fabra, dans Les Echos du 7 juillet, page 13 : « Le nouveau sens de la « liquidité » ».
    Résumé : « États et banques se tiennent pour imposer un régime artificiel de « liquidité » des marchés. » Accès par le site de l’atelier.
  • Les épisodes 1 et 2 du feuilleton de science économique sont parus dans le bulletin du 23 juin 2009. Le nombre total d’épisodes de ce feuilleton paraît, à ce jour, devoir être d’une soixantaine.
  • En l’attente de la rédaction de nouvelles écritures en projet pour 2010, le contenu du site comporte la matière première d’un feuilleton de politique économique.

Feuilleton de science économique

3 - La science économique faite science objective (pour mémoire)

Depuis le XVIIe siècle, le mot « économie » est aussi utilisé pour parler de l organisation d’un système, d’un ouvrage, d’un comportement. Dans ce sens, il existe, englobant l’économie des échanges marchands et des transferts, une économie surplombante des activités humaines, elle-même surplombée par l’économie de la condition humaine, etc.
Inclination spontanée : considérons d’abord l’économie de la condition humaine afin d’en tirer des règles générales auxquelles sont soumises les activités humaines, dont celles qui consistent à échanger à titre marchand et à transférer des termes d’échange.
Inclination analytique : focalisons notre observation sur ce qui est inhérent aux échanges marchands et aux transferts car c’est la façon de faire la mieux à même de nous procurer la connaissance la plus objective et la plus utile du système de ces échanges et transferts, affaires monétaires bien entendu comprises.
L’économie politique objective procède de la seconde inclination. Les aspects subjectifs de la pratique des échanges marchands et des transferts n’y sont pas niés. En revanche, l’observation est centrée sur les aspects objectifs. Ces derniers ne font pas exception à la règle : ils émergent, tel un chapelet d’îles, d’un océan de subjectivité; avec, au côté ou au sein de la science molle « économie subjective », la science dure « économie objective » ?

4 - Le point de départ

Le point de départ des Propositions premières de science économique est l'utilisation des définitions au sens de ce concept en logique mathématique (théorie des ensembles non flous). Le commentaire de la proposition 1.1 et son appendice disent pourquoi.
Au premier rang de ces définitions on trouve la définition des échanges marchands puis la définition des transferts (transfert de termes d'échanges marchands). Cela posé vient la définition de la science économique : étude des aspects objectifs et systémiques de la pratique des échanges marchands et des transferts.

Cette définition de la science économique est-elle trop étroite ? L’arbre se juge à ses fruits. Entreprenons donc pas à pas l’instruction de ce jugement. Faisons-le en tenant à l’écart les préjugés qui poussent aux fautes d’observation et de raisonnement. Actuellement, il y a au premier rang de ces préjugés les deux suivants :

  • Préjugé 1 : trop peu se prête à l’établissement d’une science dure des échanges marchands et des transferts pour que cette dernière soit un progrès important.
  • Préjugé 2 : une science dure est nécessairement amorale.

Est, en fait, moral tout ce qui est relatif aux mœurs. Une science dure d’un aspect de la pratique des échanges marchands et des transferts est à double titre morale. Elle l’est par son objet. Elle l’est par sa méthode car l’esprit scientifique dont elle demande de faire l’effort n’est lui-même rien d’autre qu’une morale au sens qui vient d’être rappelé.

Bulletin suivant

L’annonce sera sur le contenu du site. Titre de l’épisode suivant du feuilleton : 5 - Tout salarié est un marchand.

DM & AL

106 - Mardi 30 juin 2009, épisode 3

Annonce

Vient de paraître, de Thierry Charles, lecteur des chroniques de Paul Fabra et du bulletin de l’atelier, « Réforme des délais de paiement et modernisation de l’économie : De l’intention aux actes ? », éditions « Lignes de repères », www.lignes-de-reperes.com.

Les conditions de paiement inter entreprises sont sensiblement plus longues et aléatoires chez nous qu’en Allemagne, notamment. La LME, loi de modernisation de l’économie, entrée en vigueur en janvier de cette année, est censée éliminer ce mal français. Qu’en est-il ? Thierry CHARLES, docteur en droit, directeur des affaires juridiques d’Allizé Plasturgie, membre du comité des relations inter industrielles de sous traitance, répond. Ce livre est disponible en librairie depuis quelques jours.

Feuilleton de science économique

Épisode 3 - La science économique faite science objective

Il n’y a pas de subjectivité spécifique à la pratique des échanges marchands et des transferts. Dans cette pratique, la convoitise et la cupidité n’interviennent pas davantage qu’ailleurs. L’appétit de pouvoir d’achat est une déclinaison de l’appétit de pouvoir. L’économisme est un psychologisme. Réducteur de libre-arbitre et auto réalisateur, il n’est ni libéral ni scientifique. Il laisse de côté le réel objectif qui le gêne. La science économique ne fait pas de même; tout au moins quand cette science n’a pour périmètre que l’étude des aspects objectifs de la pratique des échanges et des transferts.

Cette pratique se décline en actes très structurants de la vie sociale. Il suffit de se décider à observer la variété de ces actes et leurs importances immédiates et à terme pour en convenir. Ainsi que pour renoncer au préjugé que la science économique faite science objective est trop pauvre pour être utile.

Tout ce qui intervient dans la pratique des échanges et des transferts n’entre pas dans le périmètre de cette science. Mais de ce tout, qui peut prétendre en être capable ? L’univers sans limite et hétéroclite des discours sur ce qui est réputé être économique est rhétorique. Il n’est au mieux que parfois scientifique quand cet adjectif veut aussi dire objectif.

La science économique faite science objective est, elle, définissable et homogène. Son but est clair : produire un socle de normes qui contribuent à rendre la pratique des échanges et des transferts moins arbitraire et plus utile. Des échanges marchands et des transferts de termes de ces échanges. Avec, au premier rang des questions de fond que cela soulève : comment s’y prendre pour mettre au jour ce socle de normes ?

Bulletin suivant

Il comprendra le résumé de la chronique, à paraître le 7 prochain, de Paul Fabra. Puis il produira une première réponse à la question du comment s’y prendre.

DM & AL

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105 - Mardi 23 juin 2009, épisodes 1 & 2

Annonce

De Paul Fabra, dans Les Echos de ce jour juin : « Rationalité de la relique barbare (1/2) ». Résumé : «La complète irrationalité du dollar monnaie de réserve finira-t-elle par convaincre les élites dirigeantes de considérer d’un œil neuf toutes les « alternatives » ? »
Accès par le site de l’atelier.

Feuilleton de science économique

Épisode 1 - Échange marchands et transferts

Les échanges marchands ont, par définition, pour termes (objets cédés l’un contre l’autre) ou bien deux marchandises (troc) ou bien une marchandise et une quantité de monnaie. Les impôts sont, entre autres, des transferts de termes d’échange marchand.

Les sociétés humaines qui ne se livrent en aucune façon à des échanges marchands et des transferts n’existent pas. C’est un fait. Ces échanges et transferts sont affectés par n’importe quelle politique économique. C’est un deuxième fait. Toutes les économies politiques (théories des activités économiques) en traitent. C’est un troisième fait. Il n’en existe pas moins deux inclinations face à ces réalités.

Épisode 2 - Deux inclinations

Depuis le XVIIe siècle, le mot « économie » est aussi utilisé pour parler de l’organisation d’un système, d’un ouvrage, d’un comportement. Dans ce sens, il existe, englobant l’économie des échanges marchands et des transferts, une économie surplombante des activités humaines, elle-même surplombée par l’économie de la condition humaine, etc.

Inclination spontanée : considérons d’abord l’économie de la condition humaine afin d’en tirer des règles générales auxquelles sont soumises les activités humaines, dont celles qui consistent à échanger à titre marchand et à transférer des termes d’échange.
Inclination analytique : focalisons notre observation sur ce qui est inhérent aux échanges marchands et aux transferts car c’est la façon de faire la mieux à même de nous procurer la connaissance la p lus objective et la plus utile du système de ces échanges et transferts, affaires monétaires bien entendu comprises.

L’économie politique objective procède de la seconde inclination. Les aspects subjectifs de la pratique des échanges marchands et des transferts n’y sont pas niés. En revanche, l’observation est centrée sur les aspects objectifs. Ces derniers ne font pas exception à la règle : ils émergent, tel un chapelet d’îles, d’un océan de subjectivité. Avec, au côté ou au sein de la science molle « économie subjective », la science dure « économie objective » ?

Bulletin suivant

Le feuilleton fera état de deux autres caractéristiques primordiales de l’économie objective.

DM & AL

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104 - Jeudi 9 juin 2009

Paul Fabra, sans céder à la facilité « de crier au loup avec des chiffres et des pourcentages », peut hélas titrer en cette seconde semaine de juin 2009 : « Scénario maudit mais commode ». Il résume son propos par ces deux phrases : « Le scénario maudit vers lequel les Occidentaux s’acheminent les yeux encore à demi bandés s’apparente à la déflation à la japonaise. Son atout : laisser le gouvernail et les gros profits au monde financier ! ».

Dernier paragraphe : « En demandant aux banques centrales de garder leur indépendance de jugement (…) et aux gouvernements de préparer dès maintenant leur sortie de l’économie de crise, Angela Merkel a fait entendre la voix peut-être désespérée de l’intelligence et du courage. Et l’Occident, a-t-elle dit aussi, ne pourra pas se payer une nouvelle crise dans dix ans. »
C'est donc en moins d’une génération qu'il faudra effectuer un changement d’idées directrices en matière d’économie; c’est très court. Raison de plus pour travailler dur à en faire prendre le chemin.

La chronique de Paul Fabra de cette semaine.

Dominique Michaut & Antoine Lonjon

103 - Mercredi 3 juin 2009 - Contraires

Le libéralisme a pour contraire le centralisme. Toujours plus de fusions concentre les pouvoirs et, ce faisant, ruine la concurrence, y compris quand c’est au nom d’un libéralisme d’autant plus revendiqué qu’il est en réalité un centralisme. Parallèlement, le capitalisme a pour contraire le créditisme : l’un des deux domine forcément au détriment de l’autre.

Nous vivons, nous dit-on, une crise du capitalisme et du libéralisme. Nous vivons hélas la démonstration en cours que le créditisme et le centralisme conduisent à un système techniquement instable et socialement calamiteux. Le capitalisme authentiquement libéral, à savoir le capitalisme en tant que contraire du créditisme et le libéralisme en tant que contraire du centralisme, ont des vertus techniques et sociales que leurs contraires n’ont pas.

DM & AL
Voir les définitions correspondantes dans le glossaire du site.

102 - Mardi 26 mai 2009

La chronique de Paul Fabra est disponible dans le bulletin cette semaine à l'adresse suivante:
Rev_eco_obj_2009-05-26.pdf.


Ainsi que le souligne Paul Fabra, les difficultés actuelles rencontrées par les éleveurs nous rappellent qu'il n'y a pas de véritables "prix de marché" en dehors d'une saine pratique des échanges marchands.
Lorsque l'oscillation des prix devient erratique, c'est qu'il n'y a plus de marché au sens de l'économie marchande. Il reste le casino. Les soubresauts du pétrole étaient à ce titre précurseurs de la situation économique actuelle.

Voir à ce sujet le chapitre 1 et le chapitre 7 du traité d'économie objective, ainsi que la définition de échanges marchands".

AL

101 - Mercredi 20 mai 2009

Sur le site et dans le cahier sur papier L’avenir de la pensée économique est le nôtre, en Éléments de politique économique / Erreurs…, trois coups de projecteur ont été braqués sur autant, à notre avis, d’insuffisances conceptuelles primordiales. La première de ces trois nouvelles pages est reproduite ci-dessous.

DM & AL

Désinscription : la procédure de désinscription est désormais en place. Elle est accessible à: dérouler de la procédure

Insuffisance 1 – Capitalisme et créditisme

Qu’est-ce que le capitalisme libéral ? Le régime économique qui a pour règles générales la propriété privée des entreprises et la régulation par la concurrence des prix ainsi que, plus largement, des offres, est-il admis. Sans faire état d’une troisième règle générale qui n’est pourtant pas négligeable du tout, les crises en attestent : le financement des entreprises est, ou tend à être, assuré soit par plus de crédit que de capital, au sens dans lequel ces mots sont utilisés pour rendre compte de la structure de ce financement (comptabilité commerciale des passifs), soit par plus de capital que de crédit.
La règle g énérale de la propriété privée des entreprises et celle de la régulation par la concurrence déterminent l’existence de deux régimes selon que la troisième règle générale est plus de crédit que de capital dans le financement des entreprises ou plus de capital que de crédit. Dans le premier cas, on est nettement en créditisme, dans le second cas seulement nettement en capitalisme.
La contribution sociale et environnementale du capitalisme ne sera portée à son plus haut positif que quand la théorie économique la plus enseignée et ses applications détourneront du créditisme. Une fois de plus, l’acception ou le refus d’une distinction primordiale jouera un rôle déterminant.

114 - Bulletin du 21 octobre 2009, épisode 10

 Le feuilleton de science économique

L’épisode 10 est, quant au style, à la façon dont, dans les années 1810 à 1820, Jean-Baptiste Say a écrit son Catéchisme d’économie politique.

Épisode 10. La marchandise primaire

Comment qualifier la marchandise que constitue le travail rémunéré ?

Le terme de marchandise primaire convient bien, de même que celui de "marchandise de base". Le prototype de la marchandise, c’est le service vendu par le laboureur au fermier et non pas la récolte que le fermier vend.
Certes il faut la vente de la récolte pour que l’achat au laboureur soit renouvelé. Mais dans l’ordre des choses, il faut d’abord l'achat du service du laboureur par le fermier pour que la vente de la récolte puisse avoir lieu.
Enfin, Il faut que le fermier détienne une avance pour acheter le service du laboureur.

Les placements effectués par les épargnants afin d’en tirer un revenu sont-ils aussi des marchandises primaires ?

La marchandise primaire, c'est à dire le travail rémunéré, est l'une des deux catégories de marchandises élémentaires.
 
Taxonomie des marchandises

L'autre catégorie de marchandise élémentaire est celle des placements faits par les particuliers et de nature à leur procurer du revenu. Les placements ne sont donc pas des marchandises primaires parce qu'ils ne sont pas des produits du travail.
Echange marchand : profit

Tout employeur est-il acheteur de l’une et de l’autre sorte de marchandise élémentaire ?

– Les familles, les administrations publiques et les autres associations à but non commercial qui, les unes et les autres, emploient du personnel ne sont pas nécessairement acheteurs de placements en contrepartie d’intérêts et ne sont jamais acheteurs de placements en contrepartie de profits.
– Existe-t-il une marchandise universelle en ce sens qu’elle est forcément achetée par toute partie prenante aux échanges marchands ?
– Non mais voyons bien que le produit de toute vente sert pour une partie, directement ou indirectement, à l’achat de travail rémunéré.
– Le manque de travail rémunéré, historiquement et géographiquement plus fréquent que son contraire, est-il inhérent à la libre pratique des échanges marchands ?
– Rien n’autorise à en préjuger. Le contraire se démontre à partir, entre autres possibilités, de ce point de départ : voyons dans le travail rémunéré la marchandise par et pour laquelle les hommes se livrent à des échanges marchands.
– Une assez grande variété de travail rémunéré, et dans chaque variété une assez grande quantité ainsi qu’une amélioration générale des conditions de travail, sont-ils donc le besoin auquel le bien commun ordonne de subordonner tout autre besoin satisfait au moyen des activités économiques ?
– Ils le sont s’il devient commun de le vouloir. Il devient commun de le vouloir s’il devient commun de l’enseigner. Il devient commun de l’enseigner s’il y a prise de conscience que voir dans le travail un facteur de production parmi les autres conduit à faire des masses salariales la grande variable d’ajustement de l’économie moderne.

L’épisode suivant

La science économique étant celle de ce qui est spécifique aux échanges marchands et aux transferts de termes de ces échanges, il faut logiquement à son établissement une réponse rigoureuse à la question : qu’est-ce qu’une marchandise ?
DM & AL

 

100 - Mardi 12 mai 2009 - Délais de paiement : l’État cèdera-t-il ?

Paul Fabra plaide, dans sa dernière intervention (document ci-joint), pour la « mise en vigueur sans défaillance de la LME », Loi de Modernisation de l’Économie, en ce qui concerne le raccourcissement des délais de paiement. Sans défaillance face aux tenants « du capitalisme sans capital » dont « la misère intellectuelle, et morale, échappe encore à l’attention de nos experts et économistes ». Ce que le dernier paragraphe rapporte est particulièrement révélateur de l’état d’esprit qui a conduit à l’effondrement en cours et dont rien de sûr n’indique encore qu’il ne perdurera pas. Des délais de paiement et négociations tarifaires léonins à la maltraitance de tous les fournisseurs, dont les salariés les plus facilement interchangeables, il n’y a pas la distance de la coupe aux lèvres : c’est la même dérive au fil du courant qui conduit à une pseudo économie de marché.

Pas assez de capital, c’est-à-dire de financement à proprement parler permanent de l’entreprise, et, quoiqu’on en dise, pas assez de profits quand ce mot désigne les bénéfices distribués aux placeurs en capital. Avec, de cause en conséquence, pour victimes le plus gros des troupes du salariat.

Sur le site www.atelierpaulfabra.org, l’exposé théoriquement le plus élaboré de l’analyse qui conduit à ce constat sur le profit et à sa relation avec l’emploi et la condition salariale se trouve dans la section 2 de la partie Études d’économie objective. Antoine Lonjon, ingénieur et rédacteur en chef du site depuis le 21 avril, se tient à mes côtés pour en dire plus à qui le demande, ainsi que chercher, si affinité et disponibilité, comment rendre la partie Éléments de politique économique du site plus pertinente.

Dominique Michaut,

NB – Parmi les qualités d’Antoine Lonjon et de Dominique Ernadote, le maître d’œuvre de la création et la maintenance du site, outre d’êtres plus jeunes respectivement d’un quart et d’un tiers de siècle, il y a leurs compétences en ingénierie informatique et télématique, c’est une partie de leur métier. Mais ils sont membres actifs de l’atelier en plus de leur intense activité professionnelle et de leurs autres engagements d’hommes dévoués. C’est pourquoi la procédure de désinscriptions n’est pas encore automatisée. En attendant qu’elle le soit, utiliser la fonction Contact en ayant soin de rappeler dans le corps du message votre adresse de courrier électronique.